Traverser la frontière

TLF 001 | Comment devenir rédacteur web et travailler de n’importe quel pays

Pour ce premier épisode du podcast de Traverser La Frontière, j’ai le plaisir d’accueillir Anaïs Gibert qui est freelance en rédaction web.

Anaïs vit actuellement à Brisbane en Australie où elle vit des revenus générés par ses activités en rédaction web. Cela fait quelques années qu’elle fait ce métier et cela lui permet de travailler en totale indépendance et surtout dans n’importe quel pays du monde !

Écoutez directement l’interview :

Ou téléchargez l’interview en mp3 (clic droit-enregistrer sous)

À propos de l’épisode #001

Le métier de rédacteur web est en plein essor depuis quelques années, en effet avec le développement d’Internet beaucoup d’entreprises et d’indépendant ont des besoins en rédaction web pour fournir leurs sites Internet.

L’avantage d’une telle activité est que vous n’avez pas forcément besoin de vivre en France ou d’être dans un bureau. Généralement, un ordinateur portable et une connexion internet suffisent pour travailler, ce qui signifie que vous pouvez être géographiquement indépendant et vivre un petit peu où vous voulez …

Anaïs a un penchant pour le voyage depuis des années maintenant. Après un passage en Chine, elle a décidé de partir voyager en Asie du Sud-Est et de trouver un moyen pour financer ses aventures. De là est venue l’idée de devenir rédactrice web …

Voyages, apprentissage d’un nouveau métier, astuces pour devenir rédacteur web font partie des sujets au programme de cette interview !

Découvrez la page avec toutes les ressources pour savoir comment devenir nomade digital.

Ce que vous allez découvrir avec cette interview d’Anaïs :

  • Pourquoi Anaïs a créé son blog de voyage
  • Pourquoi le VIE (Volontariat International en Entreprise) est une un moyen avantageux de travailler à l’étranger
  • Comment Anaïs s’est intéressée au travail à distance (freelance) pour voyager et travailler en même temps
  • Pourquoi Anaïs s’est dirigée vers un emploi de rédactrice web
  • Quelle plateforme de freelance gratuite as utilisé Anaïs à ses débuts pour trouver des clients
  • la technique pour avoir un profil odesk complet durant son voyage
  • Pourquoi Chiang Mai est une excellente destination pour les nomades digitaux
  • Comment le réseau a permis de booster son activité
  • Pourquoi le freelancer organise sa vie comme il veut
  • La différence fondamentale entre un emploi traditionnel et un emploi en freelance concernant l’argent
  • L’avantage qu’avait Anaïs dans le métier de rédacteur web
  • Une qualité nécessaire pour être un bon rédacteur web efficace
  • Comment cette expérience à changé la façon dont Anaïs voit sa vie et son futur professionnel
  • Un exemple de métier étonnant que l’on peut faire partout dans le monde

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Comment écouter cet épisode ?

Les liens de l’épisode :

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Merci encore d’avoir pris le temps de me lire.

– Michael

Retranscription de l’interview

Bonjour, Anaïs, ça va ?

Oui très bien, merci et toi ?

Ça va impeccable, est-ce que tu pourrais te présenter brièvement, nous dire ce que tu as fait ces dernières années et où est-ce que tu en es aujourd’hui ?

Oui, alors je m’appelle Anaïs Gibert j’ai 25 ans, là je me trouve en Australie où je suis depuis trois mois. Avant ça j’ai voyagé pas mal en Asie du Sud Est, en Asie tout court en fait durant la dernière année. Avant j’étais en Chine où j’ai fait un VIE, je travaillais pour une entreprise française là-bas. J’ai fait des études à Science Po et c’est ça qui m’a mené vers la Chine puisque j’ai appris le chinois là-bas. Là en ce moment, ça fait près plus d’un an, je suis rédactrice Web et en fait c’est ce qui m’a permis de voyager autant et de continuer à travailler en ligne, peu importe où j’étais.

D’accord et tu es blogueuse aussi ?

Oui c’est vrai j’ai mon petit blog de voyage. Je l’ai créé au début de mon voyage quand j’ai quitté la Chine. Pour la première destination, ça a été la Thaïlande. Quand j’ai commencé cette expérience de freelanceuse et de voyageuse, je l’avais créé surtout pour avoir un souvenir et pour partager un peu avec mes amis, ma famille et puis en fait je suis un peu tombée dedans. J’ai découvert l’univers du blogging et les autres blogs de voyage et donc ça m’a intéressé et j’ai essayé de le faire grossir. Ça reste un petit blog quand même, mais j’ai des gens qui suivent mes aventures que je ne connais pas et donc pour moi c’est quelque chose d’assez sympa.

D’accord. Il est plutôt bien fait donc ça ne m’étonne pas qu’il y ait des gens qui te suivent. Tu es partie de France en 2012, c’est bien ça ?

Oui c’est ça.

Donc toi tu as fait un VIE, un contrat de volontariat international, ça veut dire quoi déjà VIE ?

Oui c’est ça, Volontariat international en Entreprise

En entreprise, oui. Est–ce que tu peux m’expliquer pourquoi tu as décidé de faire ce VIE ?

Oui, pendant mes études, ce que j’ai dit tout à l’heure j’ai appris le chinois donc c’était ma deuxième langue quand j’étais à Sciences-po. J’ai passé une année d’échange universitaire en troisième année donc je suis parti à Shanghai, je suis repartie en Chine ensuite pour faire des stages de fin d’études. J’ai commencé la vie active en France, je travaillais pour Oxylane Decathlon en logistique, j’ai fait quelques mois là-bas et j’ai commencé à m’ennuyer un peu. Puis j’ai rencontré mon copain, qui travaillait aussi dans cette même entreprise et qui lui aussi voulait repartir et voulait voyager.

On s’est mis un peu à chercher, on voulait partir à tout prix et on était tous les deux très intéressés par la Chine. Lui aussi avait appris le chinois et en fait j’ai trouvé ce VIE avant de partir donc c’est ça qui a fait qu’on est parti en Chine tous les deux. Le VIE, je ne sais pas si tout le monde connait ça c’est une formule qui est super bien. C’est plus ou moins sponsorisé par le gouvernement français, c’est un type de contrat qui est spécifique pour les jeunes de moins de 28 ans et qui permet à des jeunes de partir à l’étranger pour travailler dans des entreprises françaises et d’avoir des conditions de travail super. Par exemple le logement, le visa qui est pris en charge, le salaire qui est relativement élevé et plein d’autres avantages de la sorte.

D’accord, en VIE tu bossais pour qui, qu’est-ce que tu faisais comme job là-bas ?

Alors je bossais pour une boite française qui s’appelle Delta Plus qui produit des équipements de sécurité industrielle. Des casques de chantiers par exemple, des gants antifeu , enfin des choses comme ça. L’histoire est un peu plus compliquée que ça parce que cette entreprise quand elle s’est implantée en Chine, elle a acheté un grand terrain dans une province qui n’est pas très loin de Shanghai. Ils ont construit une usine pour eux et en fait comme il restait beaucoup de place ils ont eu l’idée de construire des usines pour d’autres entreprises françaises que ça pouvait intéresser et donc de louer ces bâtiments à ces entreprises et de les aider dans leurs démarches administratives de création de la société, recrutement sur place, etc. Donc moi c’est là j’ai travaillé, je m’occupais de la gestion du parc, le manager général était en France et moi j’étais son représentant sur place, je rencontre des prospects français, je me suis un peu occupée de la partie administrative et de la gestion du parc.

OK ça marche, tu as fait ça pendant un an c’est ça?

Oui c’est ça.

Et du coup à la fin de ton VIE qu’est-ce qui s’est passé ?

Alors tout s’est très bien passé, mais j’ai eu une réunion avec ma boss qui m’a proposé de renouveler le VIE parce que j’avais signé un VIE pour un an à la base et il était renouvelable un an de plus. En fait, c’est là que j’ai commencé à me poser des questions, parce qu’avec mon copain, on avait décidé de partir parce qu’on voulait un peu découvrir le monde. On avait une idée un peu comme ça de voyage, de liberté et au final on est parti en Chine on a commencé à travailler tous les deux et on avait la même vie qu’on avait en France avant. On allait au travail du lundi au vendredi toute la journée le weekend on était fatigué, on ne faisait pas grand-chose. Donc on s’est rendu compte que ce n’était pas exactement ce qu’on avait imaginé.

C’est là que quand ma boss m’a demandé si je voulais ou non renouveler pour un an, j’ai commencé à douter même si le boulot me plaisait plutôt bien et que toutes les conditions étaient réunies pour que ça se passe bien. On s’est dit c’est peut être l’occasion d’essayer autre chose donc du coup j’ai refusé de renouveler ce VIE et à la place on a commencé à préparer un grand voyage avec mon copain. Par grand voyage je veux surtout dire on claque tout on part en la Thaïlande et on verra bien comment ça se passe.

D’accord, donc vous avez tous les deux quitté votre job pour aller en Thaïlande.

C’est ça oui. Ça a commencé comme ça, c’est à ce moment-là quand on a décidé de partir qu’on s’est intéressé au travail en freelance, au travail en ligne. Je dois avouer que je n’y connaissais rien avant, évidemment j’en avais entendu parler, mais j’ai commencé en fait à faire des recherches sur les moyens qui nous permettaient de voyager et de nous financer tout en voyageant. Donc il y avait plusieurs possibilités on aurait pu par exemple être prof, et donc rester plusieurs mois dans une ville, donner des cours de français par exemple. Il y avait cette possibilité-là ou d’autres petits jobs et finalement on a trouvé que le travail en freelance. Le travail à distance c’était ce qui nous convenait plus et notamment le travail de rédacteur Web. Pour moi parce qu’en fait j’avais toujours voulu être journaliste c’est pour ça que j’avais intégré Sciences-Po, mais en fait. J’ai un peu dévié de cette voie originelle on va dire, quand j’ai commencé à apprendre le chinois je me suis un peu focalisé sur la Chine et le business en Chine et tout ça. Du coup, ce job de rédactrice Web m’a permis de revenir sur mes envies premières qui étaient plutôt journalisme et écrire.

D’accord. Tu n’avais pas l’idée de faire peut-être aussi de la traduction parce que j’y pense maintenant tu parles le chinois tu pourrais faire de la traduction français chinois ou anglais chinois, ou des choses comme ça ?

En fait, c’est un peu comme ça que j’ai commencé. On a commencé en freelance, par utiliser les plateformes de freelance, essentiellement Odesk qui est une des plus grandes plateformes de freelance au monde, je pense, donc on s’est inscrit là-dessus. On a créé un profil et en fait je me suis rendu compte que les offres les plus nombreuses qu’il y avait, qui pouvaient correspondre à mes compétences, c’était des offres de traduction, traduction français-anglais et français-espagnol, un peu du chinois il n’y avait pas tant de demandes que ça et en fait j’ai commencé à faire beaucoup beaucoup de traduction.

Donc tu es passé par ce chemin qui est, on va dire, assez facile dans le sens que tu maitrises deux langues, du coup tu réponds aux besoins des gens sur Odesk. Est-ce que tu as essayé d’autres types de plateformes pour te mettre en relation avec des gens qui souhaitaient employer des freelances ?

Oui, mais c’est plus récent en fait j’ai commencé par Odesk parce que d’une part c’est gratuit enfin bon si ce n’est qu’il prenne forcement des frais au moment du payement, mais bon ça c’est plutôt normal donc c’est gratuit pour s’inscrire et pour postuler aux offres. C’est très facile d’utilisation, ça m’a suffi j’ai trouvé très vite des clients et j’étais satisfaite par ce site donc du coup je me suis concentrée là-dessus. Après au fur et à mesure, j’ai commencé par me faire une clientèle assez régulière et puis j’ai rencontré des clients par bouche-à-oreille donc j’ai un peu laissé tomber Odesk. Je n’utilise plus du tout Odesk maintenant ça fait un petit moment déjà. Par contre depuis quelques mois maintenant je ne fais quasiment plus que de la rédaction Web parce que c’est ce qui me plait et j’ai réussi à trouver une clientèle suffisamment nombreuse on va dire pour pouvoir me concentrer là-dessus. Je me suis inscrite sur une plateforme qui s’appelle Greatcontent, c’est uniquement sur le contenu Web et sur la rédaction Web.

Et du coup c’est en français, en anglais?

C’est en français, en fait c’est un sous-traitant de contenu Web qui travaille pour plein de sites plus ou moins importants. Il y a Le Parisien, le site Internet du parisien par exemple, Easy Voyage, enfin il y a plusieurs sites qui utilisent cette plateforme qui recrute des rédacteurs là-dessus, il y a des thématiques qui me plaisent bien.

OK ça marche, je ne le connaissais pas celui-là il est nouveau ou….

Je ne sais pas. Je dois dire que je ne me souviens même plus de comment je suis tombée là-dessus franchement. Je me rappelle, c’est peut-être en faisant des recherches. J’aimerais me spécialiser, c’est ce que je fais, mais encore plus dans la rédaction voyage surtout la thématique voyage donc j’ai recherché des moyens de pouvoir écrire là-dessus en particulier et j’avais cru comprendre que cette plateforme avait des clients dans cette thématique donc je pense que c’est comme ça que je suis rentré là dessus. C’est vrai qu’elle n’est pas forcément très connue pourtant il y a beaucoup de travail là-dessus.

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À tes débuts sur Odesk, est-ce que c’était facile, difficile de trouver des jobs, comment ça s’est passé ? Vu que tu n’avais pas d’expérience sur le milieu et que tu n’avais pas forcément de reviews sur ton profil, comment ça se passait pour trouver des clients ?

Honnêtement non, ça ne s’est pas fait tout de suite, c’était assez long au début. J’ai passé beaucoup de temps à répondre aux offres, à postuler et à faire des super lettres de motivation, etc. Aussi, au début je travaillais pour des tarifs qui était relativement bas, mais bon ça m’a permis justement de décrocher mes premiers contrats et donc d’avoir les premiers feedbacks positifs de mes clients. Petit à petit j’ai construit un profil qui était assez bien, assez solide on va dire et à la fin j’ai pu augmenter mes tarifs et j’ai pu sélectionner aussi les jobs que je voulais faire ou pas. Mais c’est vrai que ça prend du temps, ça m’a pris peut-être 6 mois au moins à ne plus passer mes journées à postuler sur la plateforme et à pouvoir augmenter les tarifs.

Donc il y a pas mal de boulot au début, pas mal de contacts à faire, mettre des prix bas pour faire des missions, etc. avant de s’en sortir.

Oui.

Ce n’est pas si simple, mais bon, c’est faisable.

Oui c’est faisable, il faut être patient, moi ce que j’ai fait c’est que je m’y suis prise un peu à l’avance. C’est-à-dire que je n’ai pas commencé à travailler en ligne dès que je suis partie j’ai fait ça bien avant. En fait quand j’étais toujours en Chine, j’avais toujours mon boulot en Chine je faisais cela le weekend histoire de me faire la main, de voir comment ça fonctionnait et de me faire un premier client. Donc quand je suis partie, mais j’avais déjà un profil bien complet et j’avais déjà pas mal de clients réguliers, je pense que c’est la bonne technique quand même.

D’accord donc tu as profité du fait que tu as toujours un job pour commencer à te créer un profil.

Oui il ne faut pas attendre le dernier moment parce que ça prend vraiment du temps.

D’accord OK ça c’est un bon conseil. Et du coup tu es partie de Chine pour aller vivre en Thaïlande c’est ça ?

Oui c’est ça.

Donc à Thaïlande tu es allée à Chiang Mai ou tu es allée autre part ?

En fait on a pris un billet d’avion aller simple pour Chiang Mai, on ne savait pas ce que c’était Chiang Mai ni pourquoi est-ce qu’on y est allé, mais c’est un peu comme ça. On voulait partir en Thaïlande, on a commencé à faire des recherches sur Internet et il s’est avéré que Chiang Mai était un lieu assez important pour la communauté de nomades digitaux, freelanceurs et compagnie. On s’est dit bon pourquoi pas il y avait beaucoup de ressources sur Internet et des gens qui donnaient les budgets moyens pour vivre à Chiang-Mai, les locations sur le court terme. Ça avait l’air un peu facile, on s’est dit bon pour commencer ça peut-être une bonne destination et effectivement ça a été le cas parce qu’on n’a pas besoin d’un budget énorme pour vivre à Chiang Mai où tout est fait ou presque, pour les gens comme ça qui travaillent à distance et qui voyagent.

D’accord, tu as une idée du coût du budget mensuel ?

Oui, alors par exemple pour une chambre, disons une bonne chambre d’hôtel améliorée moi je payais environ 120 Euros / mois, une chambre améliorée avec Internet la télé évidemment, une chambre de bain, mini cuisine et au moins un peu tout ce qu’il faut. À ça il faut ajouter les repas, ce n’est vraiment pas le budget le plus important, parce que on peut manger pour moins d’un euro, bon on peut aussi manger pour une vingtaine d’euros, mais disons que la moyenne c’est des repas qui tournent autour de 2, 3 euros donc ça ne fait pas quelque chose d’énorme et voilà. Après ça dépend des habitudes de chacun, mais évidemment les sorties ça va gonfler un peu le budget ou les activités et tout ça, mais par exemple louer un scooter, parce qu’il faut pouvoir se déplacer, il n’y a pas vraiment de transport en commun à Chiang Mai, louer un scooter ça coûte par exemple 75 Euros par mois je dirai ce n’est pas énorme non plus. L’essence ça coûte rien, un plein d’un scooter ça va coûter dans les 2,5 euros, donc je n’ai pas fait le total là, mais ce n’est quand même pas énorme.

Oui c’est vrai c’est surtout au niveau du logement qu’on voit de plus grandes disparités entre les villes, entre les pays, mais effectivement avec le prix que tu as payé tu économises pas mal là-dessus quoi.

Donc il y avait ça qui était vraiment bien avec Chiang Mai et d’un autre côté il y avait aussi cette communauté d’online marketeur et nomades digitaux, qu’il y avait à Chiang Mai. J’ai rencontré surtout les francophones, mais je dois dire que d’une part, ils m’ont appris beaucoup de choses sur le milieu, sur Internet et sur plein de choses sur la SEO, etc. et aussi j’ai fini par travailler pour beaucoup d’entre eux ils m’ont même aidé à trouver des clients donc ça a été vraiment un gros coup de pouce pour moi, cette parenthèse à Chiang Mai.

Donc il y a des Français nomades digitaux à l’étranger, ils ont tendance à s’entraider alors ?

Oui, vraiment. Moi j’ai eu beaucoup de chance parce que en plus, évidemment ils sont devenus mes amis donc c’était quand même plutôt cool de rencontrer des gens rapidement et de pouvoir sortir, etc. Mais en plus du côté professionnel, j’ai appris beaucoup et ils m’ont vraiment permis de me faire beaucoup de nouveaux clients et ça a donné un coup de pouce à mon activité.

D’accord, du coup pour ton activité, tu te concentrais sur des articles de quel type? Parce que là tu parlais de SEO, tu parlais de voyage tu peux m’en dire un petit peu plus sur le type de contenu que tu écris pour tes clients ?

Oui, alors la plupart du temps, mes clients ce sont souvent des individus qui ont des boites SEO, c’est un peu le profil type, ce serait ça.

SEO, juste pour l’audience, ça veut dire quoi?

C’est Search Engine Optimisation en gros, c’est un peu la science de Google pour simplifier et comment faire qu’un site Internet va être bien classé dans les résultats Google pour une recherche donnée pour faire très simple.

Oui, c’est ça.

Il y a beaucoup de gens qui se spécialisent là-dedans, qui aident les gens qui ont des sites Internet à être mieux classés dans les résultats donc à se faire plus facilement trouver par des éventuels acheteurs. Généralement, ces gens-là ont aussi leurs propres sites internet sur des niches. On appelle les niches, donc les domaines qui intéressent beaucoup les jeunes , qui ont beaucoup de potentiel de vente, etc. Ces gens là ils font surtout de la technique d’optimisation, mais ils ont besoin de gens qui font le contenu et c’est là où moi j’interviens. C’est-à-dire j’écris des textes sur la thématique du site Internet et j’essaie de les optimiser bien que ce soit de moins en moins le cas, mais en fonction d’un mot-clé donné par exemple ou d’une thématique. Il me donne un article ou une série d’articles à rédiger avec des règles.

Par exemple tu vas devoir placer ce mot-clé, je ne sais pas moi euh… « Cuisines Lyonnaise » par exemple, je n’en sais rien. Tu vas devoir placer ce mot-clé six fois dans le texte, j’ai besoin de quatre paragraphes, chaque paragraphe devra faire entre 100 et 150 mots, voilà, j’ai des petits critères comme ça et moi ensuite, je rédige l’article comme je le sens donc ça c’est l’originalité et après j’ai des requêtes dans tous les domaines. Ca peut être vraiment n’importe quoi, mais j’essaie de me spécialiser sur des domaines qui me plaisent et donc essentiellement le voyage et aussi un peu le sport fitness, bien-être, et voilà ça c’est les thématiques qui me plaisent le plus.

D’accord, je suppose qu’au début tu acceptais un petit peu tout et n’importe quoi, sur n’importe quel thématique et au fil du temps tu arrives à sélectionner les projets qui te plaisent le plus.

Voilà c’est ça, bien que même aujourd’hui je continue à écrire, mais ça c’est plutôt pour des copains on va dire, qui ont des sites sur des thématiques qui ne m’intéressent pas forcément, mais bon je fais un petit effort quand même.

Alors tu as un exemple ?

Je ne sais pas si je peux le dire comme ça, mais…

Sinon, ce n’est pas grave.

Ah si, j’ai un exemple en fait et je peux le dire. C’était au mois de juin/juillet c’était pendant la coupe du monde j’ai dû rédiger pas mal d’articles pour un blog paris en ligne, de paris sportifs en ligne sur la coupe du monde donc pour le coup ce n’est pas forcément le thème qui m’intéressait beaucoup ni pour laquelle je suis très spécialiste, mais c’est un copain qui me l’a demandé et je l’ai fait volontiers.

OK, mais tu n’es pas trop foot à la base ?

Bon pas plus que ça, je ne suis pas anti foot non plus, mais ce n’est pas vraiment un truc qui m’intéresse particulièrement.

D’accord, tu parlais d’être un nomade digital, comment on organise sa vie et son emploi du temps quand on vit à l’étranger. On travaille avec son ordinateur et on est amené à bouger assez souvent, comment on fait pour s’organiser?

Alors je vais parler pour moi, parce que je pense que justement la nature du freelanceur, il est libre de s’organiser comme il veut donc c’est ça aussi l’intérêt de ce type de fonctionnement. C’est qu’on est libre de travailler toute la semaine, le weekend, la nuit, le jour, de ne pas travailler pendant trois semaines ou au contraire travailler tous les jours sans arrêt c’est ça aussi qui fait la richesse du freelanceur. En ce qui me concerne j’essaie de m’organiser un peu de façon traditionnelle, j’essaie de travailler du lundi au vendredi de 9:00 à 18:00, quelque chose comme ça, avec une pause le 12:00.

D’accord, donc tu refais des schémas de travail habituel qui existent.

Voilà, c’est parce que je préfère faire comme ça sinon c’est vrai qu’on se laisse facilement submerger par le travail parce que quand on est freelanceur. On est payé souvent par projet ou alors éventuellement, du coup on ne se rend beaucoup plus compte de la valeur de l’argent et en fait on se dit que plus on va travailler plus on va être payé, ce qui n’est pas forcément le cas quand on travaille dans un bureau par exemple. Ca peut amener à travailler tout le temps, on se dit il faut que je finisse ça, il faut que je termine ça, il faut que, et du coup on s’arrête jamais de travailler, il y a des gens qui travaillent en freelance et qui ne s’arrêtent pas, qui travaillent le soir, la nuit le weekend et qui ne s’accordent jamais de pause. Bon moi c’est quand même pas ça l’idée parce que si je travaille en freelance c’est parce que je veux voyager donc profiter un peu des endroits où je me trouve et je n’ai vraiment pas envie de passer mon temps à travailler c’est pour ça que je préfère vraiment avoir une organisation. Bien structurer mes journées de travail parce que sinon ça peut vite devenir du travail vraiment à temps plein.

D’accord donc comme tu dis que tu aimes bien voyager du coup tu es allée vivre à Chiang Mai et depuis, puisque là tu es en Brisbane en Australie et entre les deux tu as pu découvrir un peu plus de pays en Asie ?

En fait j’ai passé huit, neuf mois à Chiang Mai. Mais quand je vivais là-bas j’en ai profité un peu pour voyager, donc j’ai fait un premier voyage au Laos, et après je suis partie en Inde pour quelques semaines à chaque fois, donc je suis revenue ensuite à Chiang Mai. Après j’ai passé quelques mois, j’ai quitté Chiang Mai, j’ai passé quelque mois en Indonésie, en Malaisie, à Singapour et ensuite je me suis envolée pour l’Australie.

D’accord OK, donc tu as vu une bonne partie de l’Asie là ?

Oui, oui.

Et du coup l’Australie, c’est quoi ton statut? Tu as un visa touriste, un visa vacance travail ?

Oui j’ai un visa vacance travail, mais du coup je ne l’utilise pas vraiment. Comme je travaille en ligne je n’ai pas de contrat avec une entreprise australienne pour l’instant.

Ça te permet juste de pouvoir rester un an en Australie.

D’accord c’est ça même et puis ça me permettrait si je voulais aussi d’avoir un petit job par mi-temps ou alors d’étudier aussi.

Moi ce que j’aime bien de ton parcours, c’est que tu as appris totalement un nouveau métier sans avoir vraiment d’expérience ou formation là-dessus. Tu peux juste me parler de comment tu as fait pour apprendre ce métier de rédacteurs web. Est-ce que tu penses que c’est à la portée de tous ou il faut avoir des qualités avant de faire ça.

Alors oui j’ai appris ce métier un peu sur le tas, mais je pense que ma formation, mes études m’ont quand même pas mal aidé pour pouvoir apprendre aussi rapidement ce métier. C’est vrai qu’à Science Po, on apprend aussi à pouvoir parler de n’importe quoi, même si on ne connait pas forcément le sujet en question, c’est un peu la base de la politique finalement. Donc ça c’est quelque chose qui m’a aussi aidé. La capacité à faire des recherches et à trouver un peu des informations rapidement pour pouvoir parler comme si on était spécialiste de la question parce que c’est ce que je fais quand même assez souvent dans mon métier de rédactrice Web maintenant.

Je dirais qu’en fait ce qu’il faut, c’est une aisance pour écrire. C’est vrai que j’ai les mots qui viennent assez facilement généralement, quand je lis un sujet tout de suite, ça vient assez facilement je sais par où commencer, je sais ce que je veux dire, c’est vrai que cette capacité de facilement faire des recherches et cibler tout de suite ce qu’on cherche, donc ça m’a aidé pas mal. La structure aussi, bon Science Po c’est quand même réputé pour être un peu carré, on nous apprend à faire des dissertations avec des plans qui sont intangibles et, ça a quand même un bon côté parce que ça nous permet d’avoir aussi une réflexion qui est assez carrée. Du coup voilà on me donne un sujet maintenant, j’ai tout de suite les parties de mon texte qui viennent, les paragraphes, donc ça c’est quand même pas mal, du coup je ne perds pas de temps. En freelance, le temps c’est vraiment de l’argent pour le coup et donc plus vite j’écris un texte, plus je vais pouvoir en écrire, donc le mieux ce sera quoi.

D’accord, du coup ta formation à Sciences-po t’a permis d’avoir un apprentissage plus rapide du métier et d’avoir quand même de bonnes bases en termes d’écriture.

C’est ça, après honnêtement je pense que, moi j’ai l’impression que mes études m’ont aidé pour ça, mais je pense que c’est quand même un métier qui est accessible à beaucoup. Pour moi ce qu’il faut surtout c’est une curiosité pour m’amener vraiment à travailler sur des choses comme, moi j’ai dû écrire sur des assurances pour des animaux, sur des tables à manger, sur de l’amiante, sur enfin vraiment plein de choses différentes. Donc il faut quand même être curieux et avoir envie de chercher, il faut aimer écrire parce que des fois on a vraiment de grosses commandes de 100 articles et on peut vite se lasser si on n’aime pas écrire et si on n’a pas la facilité de pondre des centaines et des centaines de mots par jour.

Oui je comprends, du coup pour tous ceux qui vont t’écouter, qui vont se dire peut-être OK c’est un métier qui me tenterait. Je veux mettre à voyager devenir freelance, etc. et ceux qui aimeraient devenir rédacteurs web est-ce que tu aurais deux ou trois conseils à leur donner pour qu’il puisse gagner un peu de temps dans l’apprentissage du métier?

Déjà foncez ! C’est vrai en fait le premier pas est toujours le plus difficile, moi par contre quand j’étais en France avant de partir pour la Chine en VIE, j’étais un peu terrorisée à l’idée de quitter mon confort et de partir pour quelque chose dont je ne savais pas comment ça allait se passer. Encore que j’avais déjà un travail qui m’attendait sur place donc les risques étaient quand même limités. La deuxième fois j’avais un peu peur aussi et maintenant en fait à chaque fois que je quitte un pays pour un autre, ou une expérience pour une autre, je n’ai plus peur parce que je sais qu’au final tout se passe bien. Plus ou moins bien, mais qu’on arrive toujours à trouver un moyen de s’en sortir et donc je pense que c’est vraiment ça qu’il faut savoir.

C’est que le premier voyage, on va dire le premier pas est le plus dur, mais après c’est beaucoup plus facile et beaucoup plus amusant aussi. Après du côté du métier de rédacteur Web, je pense qu’effectivement si quelqu’un aime écrire c’est vraiment un métier qui peut être intéressant, il faut de la rigueur que ce soit dans l’écriture, mais aussi dans la structuration et dans l’organisation de son temps. Il faut avouer aussi que les tarifs pour les rédacteurs Web ne sont pas très élevés, il faut être capable de produire beaucoup de textes et voilà donc il faut quand même être rigoureux et ne pas passer des heures et des heures sur un texte parce que ça ne suffira pas pour manger concrètement. Voilà, il ne faut pas avoir peur de se lancer, mais il faut vraiment y aller à fond il va falloir faire des efforts, être patient, mais ça peut marcher.

D’accord tu en es la preuve!

Oui et encore plus parce qu’au départ je pensais que ça allait être une activité qui allait se limiter à mes voyages, mais là j’ai un peu dans le coin de ma tête l’envie de rentrer après mon voyage en Australie, rentrer en Europe, disons, et calmer un peu la folie de voyage. Par contre, je n’ai pas du tout envie de laisser tomber mon activité de rédactrice, au contraire j’aimerais bien approfondir un peu et peut-être si on peut dire monter en gamme sur mes clients, enfin sur mes articles et tout ça et puis , oui voilà pour finir ces activités. Donc pour le coup, ça m’a permis de découvrir une activité, peut-être que je serais passé à côté sinon on verra, la suite le dira, mais qui pourrait peut-être changer ma vie.

Comment tu vois le futur, est-ce que tu as des projets en cours, peut-être de rentrer, mais s’il y avait d’autres choses qui allaient venir pour toi dans ces prochains mois ou prochaines années.

Oui j’ai plein de projets, mais en fait ils sont tous plus ou moins liés. Effectivement, comme je l’ai dit tout à l’heure, j’ai un peu envie de rentrer parce qu’après tout ce temps passé loin de chez moi j’ai envie d’avoir une maison à moi avec mes affaires, avec ma vie, parce que là c’est toujours, on part on se fait des amis, mais on les quitte aussi vite, on vit dans des hôtels, dans des chambres, en collocation, etc., donc c’est quand même un peu difficile au long terme. J’ai envie de rentrer, mais je sais que j’aurais aussi envie de repartir à un moment ou à un autre. Ce que j’ai envie de faire c’est en fait de développer plusieurs activités que je pourrais faire à distance, donc continuer sur cette activité de rédactrice, mais aussi éventuellement développer autre chose et donc c’est pour ça que je vais bientôt faire une formation pour devenir prof de yoga. Ca n’a rien à voir avec le métier de rédactrice Web, mais par contre c’est vraiment une activité qu’on peut faire partout, ça peut être aussi saisonnier. J’ai rencontré plein de personnes qui font ça, qui vont un mois en Thaïlande qui donnent des cours de yoga dans une école, qui vont ailleurs qui repartent chez eux donc ça fait quand même pas mal et aussi il y a une autre chose que je prépare c’est le TEFL Teaching English As Foreign Language qui permet de donner des cours d’anglais. Bon c’est plutôt dans les institutions privées parce qu’en France par exemple on ne pourrait pas travailler dans une école juste avec ça, mais bon c’est un diplôme qui est reconnu internationalement et qui permet de donner des cours d’anglais. C’est pareil je me dis que si à un moment ou à un autre j’ai envie de repartir j’aurais plusieurs cordes à mon arc.

Je pense qu’on va finir sur ça, toutes ces opportunités que crée le voyage. Tu es partie d’un VIE pour aller être rédactrice Web et maintenant tu veux être une prof de yoga ou prof d’anglais donc on peut à peu près tout faire en voyageant, tout est possible. Merci beaucoup Anaïs, pour ton histoire et pour tous tes conseils.

De rien c’était un plaisir, de partager tout ça.

Et puis je te souhaite une bonne soirée en Australie.

Merci beaucoup.

À bientôt au revoir.[/expand]

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A propos de l'auteur Voir tous les articles

Michael

Auteur et Entrepreneur nomade, Michael est le créateur de Traverser La Frontière. Passionné de voyage, il a créé ce site pour aider et inspirer tous ceux qui ont envie de voyager, partir vivre à l'étranger et changer leur vie.

4 commentairesLaisser un commentaire

  • Salut Michael !
    Sympa ton projet d’interviews. Ca m’a fait plaisir d’écouter mon amie Anais, à bientôt pour la suite de tes podcasts !
    Bonne continuation dans ton projet :)

  • J’ai enfin pris le temps de lire dans sa totalité ce podcast que j’avais commencé plusieurs fois. C’est vraiment super super intéressant, merci pour l’interview Michael et pour le retour d’expérience Anaïs. Je commence fraîchement mon activité de rédactrice freelance et c’est vraiment encourageant de voir que la persévérance paye !!! Merci merci !

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