Traverser la frontière

TLF 091 : Transformer sa vie en partant voyager seule, en stop et sans argent

Envie de changer votre vie grâce au voyage ? De partir seul à l’autre bout du monde ?

Dans cette interview, retrouvez Sarah qui a décidé de partir à 20 ans de sa Suisse natale pour voyager à travers le monde. Depuis, elle a trouvé un sens à sa vie.

Vous allez découvrir les raisons du départ de Sarah, les détails de son voyage initiatique jusqu’au Cap-Nord, la suite de ses aventures jusqu’à l’écriture de son premier livre.

Écoutez tout de suite l’épisode (49 min) :

Épisode #091 sur la quête de sens de Sarah grâce au voyage

J’évoque souvent comment le voyage a changé ma vie. Plus je fais des interviews pour le podcast, plus je me rends compte que je suis loin d’être seul. Sarah fait partie de ces nombreuses personnes, qui touchée par le voyage, a changé entièrement sa façon de voir la vie.

Adolescente qui ne trouve pas sa place et mal à l’aise dans la société, Sarah Gysler décide de partir pour le Cap-Nord depuis la Suisse. Toute seule, en stop et sans argent, ce voyage signe le début d’une grande aventure qui la mènera aux quatre coins du monde.

Dans cette interview, on discute :

  • de son adolescence compliquée en Suisse
  • des raisons de son départ pour le Cap-Nord en stop
  • comment ce voyage mouvementé s’est déroulé
  • du choc lors d’un retour de long voyage
  • de ses aventures en Asie et dans les Caraïbes
  • comment elle a vécu sur un bateau pour faire une transatlantique
  • comment elle voyage avec un budget minuscule, voire sans argent
  • les différents volontariats qu’elle a effectués
  • de la question sécuritaire lorsqu’on voyage seul et en stop
  • les leçons tirées après 4 ans de voyage
  • et de son livre Petite, sorti en juin 2018

Les liens de l’épisode :

Comment écouter cet épisode ?

Cet épisode dure 49 minutes et vous pouvez l’écouter :

Voyager seule, en stop et sans argent : Le résumé écrit de l’interview

Sarah vit actuellement en Suisse. Elle fait beaucoup de choses différentes : elle a écrit un livre, voyage et aime naviguer.

Elle possède un blog : L’aventurière fauchée

Le nom de son blog existe pour faire comprendre le type de voyage qu’elle fait, alternatif, en stop et sans trop d’argent.

Adolescence compliquée en Suisse

Sarah Gysler a grandi en Suisse jusqu’à ses 20 ans.

Enfant, elle était un peu à l’ouest, perdue et pas à l’aise dans la société. Elle était beaucoup trop curieuse. L’école a été une catastrophe. L’entrée dans le monde professionnel, encore pire. Elle a essayé à plusieurs reprises de rentrer dans les cases, jusqu’à ce qu’elle comprenne qu’elle n’y arriverait pas. Un peu par hasard, elle a trouvé la route et ça a changé sa vie.

Elle a quitté l’école à 16 ans et a commencé à bosser dans un bureau, puis a enchainé les petits boulots. Elle habitait seule à partir de 18 ans. Avant de voyager, elle considère « n’avoir rien fait ». Elle était seule, à essayer de s’en sortir au sein du système.

Elle ressentait beaucoup de colère, d’incompréhension et de manque de confiance en soi.

« Pourquoi je n’y arrive pas alors que les autres y arrivent ? »

Elle avait une haine de beaucoup de choses et ce n’est pas ce qu’elle voulait dans sa vie, c’est une des raisons qui l’a poussée à partir, pour essayer de trouver autre chose que cette colère.

Voyager seule en stop jusqu’au Cap-Nord

Elle est partie à 20 ans, en direction du Cap Nord depuis la Suisse. C’était la première fois qu’elle partait, elle n’avait aucune connaissance du voyage. Elle était seule, est partie en stop et sans argent. Elle se disait constamment « on verra… »

Il y a eu plusieurs éléments déclencheurs qu’elle raconte dans le livre Petite, dont un dernier, lorsqu’elle était à Toulouse. Là-bas, on lui a volé son sac, ses affaires et son téléphone. Elle a dû rentrer en stop en Suisse, à 800km, sans argent. À ce moment, elle a reçu une bouffée d’air frais, comme une première claque de la liberté.

À la base, elle ne savait pas trop où aller. Elle a fait tourner une mappemonde qui est tombée sur la Laponie. Elle a alors décidé d’aller au Cap-Nord. L’aller-retour lui a pris 5 mois. Elle a pris beaucoup le temps d’explorer la Norvège.

Quand elle est partie, elle n’avait pas d’argent. C’est d’ailleurs son seul voyage réalisé de cette manière.

Quand elle est partie, elle n’a pas donné beaucoup de détails à sa famille et son entourage. Ce challenge était déjà dur en soi de partir comme ça à 20 ans, mais en rajoutant le regard des autres sur le projet, on ne s’en sort pas… Ils ajoutent généralement de la peur supplémentaire.

Au départ, ce voyage était une fuite, mais elle s’est rendu compte que tu ne peux pas fuir pendant des mois quand tu es seul. C’est devenu assez rapidement une quête, sans trop savoir de quoi. Une quête de sens.

Pour ce voyage, elle ne faisait que du stop, dormait chez l’habitant, récupérait de la nourriture comme elle le pouvait. C’était palpitant. Le début d’un truc énorme que l’on ne connait pas. On n’a jamais appris à vivre comme ça, au jour le jour, dans un lâcher-prise total. Vis pleinement l’instant présent. Ce n’était pas tout rose, mais ça valait le coup.

Elle a même appris à pêcher avec deux Norvégiens durant son voyage. Depuis elle a pu se nourrir grâce à une canne à pêche. Elle devenait de plus en plus autonome. Elle a aussi appris à se débrouiller dans la forêt, à savoir quoi récupérer pour manger, comment le faire, etc.

Quand elle est partie, Sarah ne parlait pas du tout anglais, seulement le français. Elle avait un guide de conversation qu’elle a appris en deux semaines. Elle n’avait pas le choix. Elle a appris les rudiments en quelques semaines puis après deux mois, elle pouvait tenir une conversation. Aujourd’hui, elle le parle bien alors qu’elle n’a jamais pris de cours. Ça se fait sans trop de soucis quand tu es immergé.

Ce n’est pas si dur. Et c’est pareil avec l’espagnol, elle ne le parlait pas du tout, mais elle se fait maintenant comprendre. C’est une question de temps et d’avoir envie.

Elle a mis 4 mois pour arriver au Cap-Nord.

Le Cap-Nord n’est pas super joli et pas très intéressant, mais c’était seulement la destination. Elle n’avait rien à y faire. Le plus important, c’était le trajet avant, les rencontres, les paysages qu’elle a pu voir. C’est pour ça qu’elle a pris autant de temps.

Lieu le plus beau en Norvège : Iles Lofoten

Sinon, Sarah a aimé passer du temps dans les petits villages norvégiens, à la rencontre des gens. C’est ce qui l’a le plus marqué. Il y a facilement moyen de se perdre et sortir des endroits touristiques en Norvège.

Une fois arrivée au Cap-Nord, elle a mis un mois pour revenir en Suisse.

Repartir après un terrible retour

En rentrant, Sarah est épuisée. Elle a dormi pendant plusieurs jours de suite. Assez rapidement, elle a eu une dépression du retour. Elle n’avait pas prévu de repartir et pensait qu’elle ferait ça une fois dans sa vie et passer à autre chose. Mais c’était impossible.

Elle est alors retournée travailler, avec pour objectif de repartir. Avec un peu de sous cette fois. Elle est partie en Asie elle a pris le Transsibérien, a visité la Russie, Mongolie, la Chine et les Philippines.

Ce premier grand voyage au Cap-Nord a changé beaucoup de choses pour Sarah.

D’abord au niveau des gens. Sarah était assez « sauvage », elle avait du mal socialement. Le fait d’être forcé d’aller vers les gens l’a aidé à nouer des relations magnifiques. Elle a gagné en confiance et avait moins peur d’aller vers les gens. Et au fil des rencontres, elle s’est rendu compte qu’il y avait encore de l’espoir pour l’humanité, que des gens veulent faire des choses. Elle a aussi beaucoup réfléchi à la place de l’argent dans nos vies.

Le Transsibérien était un de ses rêves, alors elle l’a fait. Elle ne savait pas trop où aller. Après la Chine, elle s’est envolée pour les Philippines où elle a passé 5 mois. Elle est revenue ensuite en Europe pour 3 mois et s’est embarquée dans son plus grand voyage : de Lausanne à Bogota en stop.

Aux Philippines, elle a voyagé et s’est posée. Elle devait y rester 1 ou 2 mois, mais elle n’a pas vu le temps passé et y est restée 5 mois ! Elle est allée dans les iles du Sud, comme dans le Nord (Batad, Banaue, Sagada).

« Ce pays te happe. Il y a une grande diversité de paysages et les gens sont incroyables partout. »

Pour ce voyage, elle avait environ 200€ par mois.

Elle dormait chez l’habitant. Elle prenait des bus ou faisait du stop.

Au-delà de l’océan Atlantique

Après ce voyage, elle est revenue en Suisse et a pété un plomb. Ça la démangeait trop de partir. Elle ne voulait pas rester. Elle a travaillé pour mettre 1000 francs suisses de côté puis elle est partie. Son projet était d’arriver de l’autre côté de l’Atlantique.

Elle est partie le 8 décembre, avec l’envie d’arriver au Brésil, mais ça ne s’est pas passé comme ça…

Elle est allée jusqu’à Gibraltar en stop, puis elle a trouvé un capitaine de bateau qui a accepté de l’emmener jusqu’aux iles Canaries en tant qu’équipière. Puis, une fois là-bas, ils lui ont proposé de faire la Transatlantique avec eux. Elle s’est retrouvée à la Barbade, aux Caraïbes.

La famille sur le bateau avait besoin d’aide et Sarah s’est occupé de leur fille pour lui donner des cours, a aidé à navigué et faire les quarts, elle a poncé l’extérieur du bateau pendant 1 mois. Elle n’a rien payé pour voyager sur le bateau.

Sarah avait essayé une fois de faire du bateau, mais elle n’avait pas de connaissances de voile en partant. Aux Caraïbes, elle a trouvé d’autres bateaux dans lesquels elle a appris beaucoup d’éléments de navigation en tant qu’équipière.

Cela lui a donné l’amour de la mer et Sarah passe en ce moment son permis bateau.

Elle s’est baladée dans les Caraïbes, puis s’est posée en Guadeloupe. Elle gardait une maison pour des gens qui étaient en vacances. À ce moment, elle avait du temps pour écrire et travailler sur son blog. En quelques mois, elle avait 30 000 personnes qui suivaient sa page. Des maisons d’édition l’ont alors contacté pour écrire un livre.

Elle est restée 6 mois dans les Caraïbes : principalement en Guadeloupe et en Dominique.

Elle a fait un volontariat dans une famille en Dominique où elle s’occupait des enfants. Elle l’a trouvé sur Workaway. On donne du temps sans recevoir d’argent, mais juste ce dont on a besoin : un toit et de la nourriture. Travailler sans être rémunéré change la dynamique.

Sarah a beaucoup aimé les Caraïbes. En Guadeloupe, elle a beaucoup aimé les gens. En Dominique, elle a apprécié la nature.

Elle est descendue jusqu’aux Grenadines, puis Tobago.

Entre les iles, elle faisait du bateau-stop et c’était relativement facile dans les iles des Caraïbes, car les gens se déplacent beaucoup de cette manière. Elle a rarement attendu plus d’une semaine pour trouver un bateau.

« Il ne faut pas y aller pressé ».

Elle a fini son voyage en Colombie où elle est restée 2 semaines.

Ce voyage a duré 13 mois en tout. En tout, elle a fait 5 mois de volontariat. Budget : 750 € (caisse de bord, nourriture).

Elle n’a rien payé en transport, en hébergement, non plus.

Sarah n’est pas contre le fait de dépenser de l’argent, mais contre le fait de ne faire que ça.

Concernant la sécurité, elle n’a jamais eu de soucis. Pas d’agressions. Elle prenait des précautions de base en écoutant les locaux et en se renseignant au préalable. Le plus utile était son bon sens.

Quête de sens : un début de réponse

Elle est ensuite revenue en Suisse en décembre 2017.

Elle a pris 5 mois pour écrire son livre Petite, qui est sorti en juin 2018. Elle a écrit ce livre pour raconte les débuts de sa vie dans le voyage et comme elle en est venue à voyage, comment elle a vécu ses premiers pas sur la route. C’est un livre sur le changement de vie.

Dans sa quête de sens, ces voyages depuis quelques années ont apporté quelques réponses, notamment sur : le rapport à soi-même, la solitude, au voyage, ce qui est important dans sa vie, les valeurs qu’elle souhaite avoir…

« La solitude est féconde et belle. Ma vie m’appartient, je me dois d’en faire quelque chose de beau. J’ai cette possibilité-là. Je peux faire ce dont j’ai envie. Je n’ai pas envie de gâcher cette vie-là pour des patrons et nourrir un système qui n’a pas de sens. »

Elle a aussi découvert un amour pour la nature, pour la mer et la vie de manière plus large.

En regardant ses dernières années, Sarah gardera tout et ne changerait rien. Sauf peut-être le premier retour où elle s’est mis beaucoup de pression. Elle se laisserait les portes ouvertes à un prochain départ et pas d’essayer de rentrer dans le moule.

Pour le futur, Sarah aimerait repartir en mer, avec son propre bateau. Elle va se préparer à ça dans les prochains mois.

La phrase que Sarah aime bien : « si le voyage t’appelle, réponds »

Sarah vous encourage à partir si vous en sentez l’envie…

« On est bien mieux de l’autre côté »

 

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– Michael

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Michael

Auteur et Entrepreneur nomade, Michael est le créateur de Traverser La Frontière. Passionné de voyage, il a créé ce site pour aider et inspirer tous ceux qui ont envie de voyager, partir vivre à l'étranger et changer leur vie.

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