Traverser la frontière

TLF 087 : Voyager et travailler sur un voilier

Envie de voyager en bateau ? De travailler un peu partout dans le monde ?

Dans cette interview, retrouvez Sonia qui voyage depuis 2 ans sur un voilier avec son copain, tout en travaillant.

Vous allez découvrir à quoi ressemblait sa vie avant de partir, comment s’est déroulé l’achat du bateau, les détails du voyage et comment elle gagne de l’argent

Écoutez tout de suite l’épisode (58 min) :

Épisode #087 sur la vie de nomade digital sur un bateau

Le nomadisme numérique est un excellent moyen de voyager sur le long terme, tout en travaillant. Nous en parlons souvent sur Traverser La Frontière et c’est sur ce thème que nous clôturons la saison 4 du podcast. Cette fois, nous parlons d’un thème atypique : celui de travailler sur un bateau depuis le monde entier.

Sonia a quitté Bordeaux avec copain il y a 2 ans à bord d’un voilier. Depuis, ils ont développé ensemble leur activité sur Internet à travers l’Europe, les Canaries, le Cap-Vert et maintenant les Antilles.

Dans cette interview, on discute de sa vie avant de voyager, la décision d’acheter un bateau avec son copain, les réactions de son entourage, les premiers mois de vie sur le voilier, sa nouvelle carrière, le déroulement de la transatlantique, à quoi ressemble une journée type ou le budget mensuel pour une telle vie nomade.

Les liens de l’épisode :

Comment écouter cet épisode ?

Cet épisode dure 58 minutes et vous pouvez l’écouter :

Voyager et travailler sur un voilier : Le résumé écrit de l’interview

Sonia est actuellement en Martinique, sur le mouillage du marin. C’est au sud de l’ile, il y a beaucoup d’activité et il est très abrité. Il y a une belle communauté de marins qui vivent ici. Elle est là-bas depuis quelques mois, avec son copain.

Ils sont en Martinique depuis février 2018 (4mois) après avoir traversé l’Atlantique depuis les Canaries, en passant par le Cap-Vert. Ce voyage a commencé en décembre 2017. Il y a eu 16 jours de voyage entre Cap-Vert et Martinique pour la transatlantique.

Ils travaillent ensemble. Ils sont freelances et travaillent dans la communication digitale. Ils font des sites internet, du marketing en ligne, du graphisme. Sonia s’occupe de la relation client, de la partie design, marketing et communication. Lucas est en charge de la grosse partie technique, référencement, etc.

Avant le voyage

Lorsqu’elle vivait en métropole, Lucas était ingénieur en informatique et Sonia faisait des études pour devenir professeure de français en lycée. Mais l’idée d’acheter le bateau est venue lors de cette dernière année d’étude. L’idée du voyage était présente depuis longtemps, mais entre la décision et l’achat du bateau, il y a eu quelques mois. Il restait à Sonia quelques mois de cours avant de valider son master et elle a décidé de ne pas passer son concours.

Elle a renoncé à sa carrière de professeur pour partir en voyage.

Ils vivaient dans la région bordelaise et avaient une vie plutôt classique, vivaient dans une petite maison. Ils avaient pris l’autoroute. Ils ont depuis dévié et prennent les petits sentiers. C’est plus long, parfois plus compliqué.

L’envie de voyage est présente depuis toujours. Ils se sont rencontrés jeunes, étudiants. Dès qu’ils se sont rencontrés, ils parlaient de voyager, mais ils n’ont jamais pu vraiment partir. Lorsqu’il travaillait, Lucas a eu un grave accident de moto qui l’a cloué sur le canapé pendant 1 an et demi… et cela a été le déclic.

Dès qu’il a commencé à aller mieux, ils se sont dit qu’ils devaient partir. S’ils ne le faisaient pas maintenant, ils ne le feraient jamais. Ils approchaient de la trentaine. Car plus ils avancent dans la vie, plus il y a des choses qui les retiennent. Le travail, les enfants, la maison, le prêt… « Il fallait partir maintenant avant d’être bloqué ».

Acheter un bateau pour voyager

Lorsqu’ils ont acheté le bateau, Sonia avait 24 ans et Lucas 28.

L’idée du bateau vient de Lucas, car c’est un marin depuis toujours. Sa famille a vécu sur un bateau, ils ont toujours navigué. C’était comme un rêve pour lui. Lorsqu’ils ont avancé sur le projet de voyage en bateau, ils sont allés faire un stage de voile ensemble afin de voir si cela plaisait à Sonia. Ils sont partis à l’école de voile des Glénans. Elle s’est éclatée et quelques mois après, ils ont acheté le bateau.

Ils ont acheté un bateau en acier, une sorte de « tank des mers », très costaud. Ils l’ont payé 50 000 euros. Durant toutes ces années, ils avaient mis de l’argent de côté pour un voyage, ils ont mis toutes leurs économies dedans pour l’achat et la rénovation. Ils ont amélioré le bateau au fur et à mesure.

Ils ont acheté le bateau en janvier 2013 et ils sont partis en avril 2016. Il y a eu 3 ans entre les deux. Ils ont conservé leurs emplois durant 2 ans afin de gagner de l’argent et améliorer le bateau. La dernière année, ils ont tout quitté pour travailler et vivre sur le bateau pour pouvoir partir. C’était parfois compliqué, car le bateau était « à sec » alors ils vivaient dans les travaux et il y avait quelques contraintes comme celle de ne pas pouvoir utiliser les toilettes.

Devenir nomade

Au niveau des réactions de leur entourage, ils ont eu un peu de tout. Ils ont eu des réactions super enthousiastes. D’autres « Mon Dieu ! Mais que faites-vous ? » D’autres réactions qui l’ont marquée, du genre « je ne comprends pas, tu as tout Sonia, un copain en CDI, tu vas devenir professeur, tu avais une maison… » Ils remplissaient pas mal de cases de la situation parfaite et ils quittent tout. Mais bon au final, ils s’ennuyaient un peu dans cette vie-là…

Eux n’avaient pas de doutes liés au départ, devenir « nomade ». Ils voulaient vivre longtemps en mode voyage. Par contre, les doutes concernaient le mode de déplacement, car le bateau c’est beaucoup de contraintes et cela nécessite de l’argent sur le long terme pour l’entretenir. Il y a eu des remises en question au fur et à mesure du voyage.

En avril 2016, ils sont partis en bateau. Ils ont traversé le golfe de Gascogne de Bordeaux jusqu’à La Corogne. Ils avaient repoussé plusieurs fois le départ pour cause de météo, mais un jour le temps était parfait et ils sont partis !

Une fois arrivés à La Corogne, ils ont longé le Portugal, passé Gibraltar et sont restés quelques mois en méditenarrée jusqu’aux Baléares. La nagivation dans cette mer n’est jamais facile. Les abris et les ports en méditerranée coutent très cher. Entre 80€ et 200€ la nuit. Les mouillages sont plus ou moins confortables.

Travailler tout en voyageant sur le voilier

Dès le début, ils ont commencé à travailler sur Internet. L’idée était de trouver un moyen de financer leur budget de voyage. Lucas a ouvert son auto-entreprise et Sonia a commencé à l’aider. Très vite, cela a plu à Sonia et elle a commencé à se former et à travailler avec lui en freelance.

En tout premier, Sonia a travaillé sur la réalisation de petits sites web, elle s’occupait de réaliser le design. Elle prenait des cours sur Internet. Elle apportait son aide, elle essayait de tout comprendre techniquement et commençait à communiquer avec les clients.

Quand ils ont commencé, il généraient des revenus, mais pas assez peu au début. Faire décoller une activité de freelance prend du temps. Les premiers mois, ils bougeaient beaucoup et ce n’était pas évidemment de travailler constamment.

Au mois d’octobre, ils sont allés dans le sud de l’Espagne où ils sont restés 8 mois, à Carthagène, près de Murcia. Là-bas, ils ont mis en place l’activité de façon sérieuse. Voyager en travaillant c’est top, mais il faut prévoir de faire des escales longues.

Direction les Antilles

 

Ils sont restés à Carthagène jusqu’au mois de juillet 2017. À partir de là, ils ont préparé le bateau et ont pris des équipiers avec eux. Ils sont descendus jusqu’à Madère, il y avait 5 jours de traversée. Puis ont continué jusqu’aux Canaries où ils sont arrivés au mois d’aout.

Là-bas, ils sont restés jusqu’au mois de décembre. D’abord à La Palma pendant 1 mois, puis 4 mois à Tenerife. En décembre, ils sont partis avec 2 autres équipiers au Cap-Vert en arrivant à Mindelo 2 jours avant le Nouvel An. La traversée fut agitée et ils se sont fait « lessivés ». Même si les doutes de la transatlantique ne se sont pas dissipés, ils n’avaient plus le choix. Une fois au Cap-Vert, il fallait traverser.

Ils ont mis 19 jours pour faire Cap-Vert/Martinique et traverser l’Atlantique. Ils ‘n’ont pas eu beaucoup de vent et ont été un peu plus lents que les autres, mais globalement tout s’est bien passé. Ils ont eu tout de même quelques petits soucis techniques, notamment l’électronique de bord qui s’est arrêté de fonctionner. Ils n’ont pas eu de pilote automatique pendant 8 jours et ont du barrer nonstop.

Depuis leur arrivée en Martinique, ils ont un peu voyagé puis se sont mis en mode boulot rapidement, à travailler pour les clients.

La vie nomade sur l’eau, le paradis ?

 

En ce qui concerne leur journée, ils se lèvent tôt, avec le soleil. Ils se lèvent vers 6H, commencent à travailler vers 8H, prennent une pause vers 12H et travaillent jusqu’à 17H. Ensuite, ils partent à terre, prennent une douche, rejoignent des copains. C’est un rythme assez tranquille, malgré de bonnes heures de travail.

Dépenses fixes : assurance du bateau et santé, forfait téléphonique. Environ 300/400€ par mois + nourriture, au moins 400€/mois à deux. En Martinique, la nourriture coute assez cher.

Port à Carthagène : 250€/mois

En Martinique : 400€/mois

En ce moment, ils vivent au mouillage et n’ont pas de loyer.

Contreparties : il faut produire l’eau et l’électricité.

S’ils devaient revenir en arrière, ils feraient le même choix. Ils ont appris énormément de choses techniquement et beaucoup de choses sur eux-mêmes. Être en mer, on a le temps de réfléchir. Aucun regret pour ce choix.

Pour le moment, ils ont l’intention de vivre de cette manière pendant un moment, de profiter des Antilles, même s’ils ont parfois des envies terriennes. Ils n’excluent pas d’autres modes de voyages. Elle ne sait pas encore si elle va passer toute sa vie sur le bateau.

Apports de ce voyage :

Elle a pris énormément confiance en soi. Capable de faire des choses, de gérer. Permis de savoir un peu mieux où elle va dans sa vie. Elle a découvert un mode de vie, le « nomadisme » qui lui convient parfaitement. Elle a aussi découvert un boulot et s’est reconvertie professionnellement. Être prof n’était pas forcément sa vocation.

Mot de la fin :

Pour ceux qui envie de la mer : ne pas hésitez à se lancer, même si vous n’avez jamais mis les pieds sur un bateau : aller sur des groupes Facebook, devenir équipier et se lancer… l’univers de la mer est génial ! Cela reste accessible, il n’y a pas besoin d’être un marin averti.

Merci d’avoir écouté l’épisode #087 du podcast !

michael-pouce-articleMerci d’avoir pris le temps d’écouter cet épisode du podcast de Traverser La Frontière. Si vous avez des suggestions ou des remarques sur l’épisode, laissez un commentaire un peu plus bas.

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– Michael

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Michael

Auteur et Entrepreneur nomade, Michael est le créateur de Traverser La Frontière. Passionné de voyage, il a créé ce site pour aider et inspirer tous ceux qui ont envie de voyager, partir vivre à l'étranger et changer leur vie.

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