Traverser la frontière

TLF 078 : Vivre au Mexique depuis 4 ans et travailler dans une ONG

Le Mexique vous tente ? Vous avez envie d’y travailler ?

Dans cette interview, retrouvez Marion qui a débarqué il y a plus de 4 ans au Mexique et y travaille actuellement dans une ONG.

Vous allez découvrir pourquoi Marion a décidé de s’installer à Mexico, comment s’est passé son intégration, le travail qu’elle fait au quotidien et à quoi ressemble la vie au Mexique.

Écoutez tout de suite l’épisode (54 min) :

Épisode #078 sur l’expatriation de Marion au Mexique

Le Mexique est un pays qui me fait rêver depuis longtemps. Nous l’avons abordé rapidement lors de l’interview de Kalagan sur le nomadisme numérique, mais voici enfin un épisode dédié à l’un des plus grands pays d’Amérique latine.

Marion a travaillé comme assistante de français, puis dans une ONG spécialisée dans les droits humains. Après 4 ans d’expatriation au Mexique, elle connait plutôt bien le pays et nous raconte son expérience.

Dans cette interview, on discute de son Erasmus en Espagne, de ses débuts en tant qu’assistante de français, de son envie de vivre au Mexique, comment s’est déroulée son intégration sur place, les détails son travail prenant dans une ONG, le côté administratif et des visas pour rester, et ses coups de coeur à ne pas rater lors d’une visite au Mexique.

Les liens de l’épisode :

Comment écouter cet épisode ?

Cet épisode dure 54 minutes et vous pouvez l’écouter :

Vivre au Mexique et travailler dans une ONG : Le résumé écrit de l’interview

Marion vit actuellement à Mexico city, la capitale du Mexique. Cela fait 3 ans qu’elle travaille dans une ONG sur les droits humains, d’abord en tant que volontaire, puis avec un contrat à temps plein.

Avant le Mexique

Elle a souvent voyagé avec ses parents lorsqu’elle était jeune, mais le véritable déclic du voyage s’est réalisé lorsqu’elle a fait sa troisième année de droit en Erasmus à Malaga (lire l’expérience de mon Erasmus à Bratislava).  À la fin de cette année, elle n’avait pas vraiment envie de revenir en France et de continuer en Master.

Elle a alors trouvé un programme d’assistant de langue avec le CIEP qui permet de partir un an dans une école à l’étranger.

Elle s’est alors envolée à Moguer, une petite ville en Andalousie où elle travaillait dans une section bilingue d’un collège. En ayant fait cette année en Espagne, cela lui a donné le droit de postuler pour le Mexique. Elle a donc débarqué à Toluca, dans une université, travaillant sur toute la partie culturelle pendant 1 an.

Pour obtenir le premier job, c’était assez simple. Il faut avoir une licence, faire une lettre de motivation et choisir un pays. Selon les pays, le nombre de places disponibles va varier. Il n’y a pas besoin d’expérience préalable pour y postuler.

Avant sa première année d’assistante de Français, Marion savait qu’elle voulait aller au Mexique. Elle avait bien accroché avec la communauté mexicaine lors de ses études et ça lui a donné envie de partir là-bas.

L’arrivée au Mexique

 

En arrivant au Mexique, elle avait déjà son poste qui l’attendait à Toluca. Il s’agit de la 5e ville du pays, située à 1H à l’ouest de Mexico. Ce n’est pas une ville très culturelle ou qui bouge beaucoup, c’est très tranquille. Grâce à sa position centrale, Marion a beaucoup voyagé, car tout était à 5/6H de bus de Toluca.

Elle travaillait 12H par semaine et faisait des clubs de conversation, des ateliers culturels, des heures de tutorats ou faire des interventions spécifiques en classe.

Marion a préféré sa première année en tant qu’assistante de français, qui était plus riche en apprentissages. En deuxième année, elle a senti un manque de dynamisme de la part des étudiants, ce qui pouvait être frustrant.

Comme Toluca est assez petit, elle n’a découvert certains aspects de la vie mexicaine qu’en partant vivre à Mexico. Puis par rapport à ses envies, elle a beaucoup voyagé pour retrouver les paysages qu’elle attendait. Presque tous les weekends, elle partait voyager. Elle a découvert que les régions mexicaines étaient très différentes les unes des autres, qu’il s’agit de la nourriture, la musique, les costumes…

À la fin de son année d’assistante, Marion retourna 4 mois en France avec l’intention de revenir au Mexique sans trop savoir ce qu’elle y ferait. Elle avait un petit copain, originaire de Mexico qu’elle voulait rejoindre.

Son travail dans une ONG à Mexico

En arrivant, Marion a cherché du travail, car elle n’a pas réussi à trouver un poste d’assistante de français et a passé pas mal d’entretiens, dans tous les domaines. Au final, elle avait le choix entre un travail dans un bar ou bien un volontariat dans une association des droits humains. Elle a choisi ce dernier où elle restera volontaire durant 6 mois.

En français, l’association s’appelle « la commission mexicaine de défense et promotion des droits humains ». Son but est d’informer et de récupérer des données pour expliquer ce qu’il passe depuis le début de la guerre contre la drogue. Cette association existe depuis 1989, mais ses buts ont évolué selon le contexte du pays. Depuis 2006, il y a une guerre contre les drogues et les militaires sont sortis dans les rues pour faire des taches de sécurité publique, logiquement réservées à la police. Depuis, on y observe une violation des droits humains au niveau de la population mexicaine. L’association va dénoncer ces cas, parfois représenter des victimes pendant les procès. Et dans le département de recherche, dans lequel travaille Marion, ils essayent de récupérer toutes les informations afin de tenter d’expliquer ce qu’il se passe vraiment. À ce jour, on compte plus de 100 000 personnes qui ont été exécutées et plus de 30 000 disparus.

Elle a fait ses 6 premiers mois dans l’association en tant que volontaire et en parallèle, elle travaillait un peu, en donnant des cours de français, en vendant des fromages, etc. Un poste lui a été proposé ensuite pour développer cette base de données de recherche. Elle a ainsi obtenu un visa de travail et est entré en situation régulière, alors qu’avant elle travaillait avec un visa de touriste.

La vie au Mexique

Mexico est une ville polluée, très bruyante, avec beaucoup de monde. Mais il est possible de trouver des endroits différents, voire très contrastant et de se sentir comme à la campagne. Marion s’y plait maintenant, même si elle l’a appris à aimer au fil du temps. Il y a une vie culturelle très dynamique, avec toujours quelque chose à faire. Elle aime l’informalité et le contact avec les gens et pense que tout le monde peut y trouver son compte selon sa personnalité. Marion ressent quand même un certain manque de nature.

En ce qui concerne la sécurité au Mexique, en tant que touriste, le seul truc qu’il faut faire attention, c’est son sac et ne pas se le faire voler. Il y a aussi des quartiers à éviter. Il faut être conscient des risques et de son environnement. Mais tout ce qui touche la drogue, les règlements de comptes, etc. Il n’y a logiquement aucun risque pour un touriste.

Ce qu’elle apprécie au Mexique par-dessus tout, c’est le contact avec les gens. Elle les trouve très ouverts, accueillants. Puis adore les paysages ! La manière d’être est informelle, les plans ne se passent pas toujours comme prévu et cela permet de relativiser sur beaucoup de choses. La façon de voir la vie différente, plus à la cool.

TOP 3 des coups de cœur de Marion au Mexique

1 : État de San Luis Potosi, ville coloniale sympa. Vers le nord, il y a un désert. Vers l’est, la jungle tropicale. Trois environnements différents.

2 : Lagun de Bacalar. Lagune des 7 bleus qui se reflètent. Ce n’est pas trop touristique et très calme.

3 : Iles Marieta, sur la cote pacifique, dans l’état de Nayarit. Il faut passer sous l’eau pour accéder à une plage cachée.

Réflexions sur cette expatriation

Voici quelques enseignements tirés de cette expatriation au Mexique :

Apprendre à relativiser et de questionner le mode de fonctionnement qu’on lui a donné depuis sa naissance. Beaucoup de questions sur manière de vivre.

Marion revalorise l’artisanat et le savoir-faire. Elle remet en question notre mode de consommation et penche vers minimaliste, zéro déchet et l’écologie.

Toutes ces réflexions lui ont appris à se questionner sur elle-même : ce qu’elle veut, ce qui lui plait, comment elle se sent avec son corps. Elle fait des recherches sur la médecine traditionnelle comme le temazcal et cherche une certaine spiritualité.

Avant, elle était plutôt sceptique et ne croyait en rien, maintenant Marion est plus ouverte, croit en l’énergie, la médecine de la mer nature et reste à l’écoute de ce qu’il se passe autour d’elle et de l’environnement.

Durant ce changement de vie mexicain, Marion a eu parfois des doutes.

Après son année à Toluca, où tout était plutôt bien rodé et encadré, le départ seule pour Mexico était plus problématique avec des questions qui revenaient : pourquoi je vais là-bas ? Est-ce que cela vaut le coup ? Comment ça va se passer avec mon copain.

Il y a aussi eu des doutes sur le travail, ses envies et ses priorités avec beaucoup de remises en question

Un des éléments qui a changé Marion est celui de tenter les choses, plutôt que de rester avec le doute. Ne pas avoir le regret de ne pas l’avoir fait. Puis au fil du temps, tu apprends à te connaitre et cela devient un peu plus facile.

Avec le récent tremblement de terre, ce fut comme un déclic pour remettre les choses en perspective. Ne pas forcément rester dans un bureau tous les jours, faire des choses plus concrètes, plus près des gens et travailler sur quelque chose de plus léger. Elle aimerait quitter son travail, mais rester au Mexique. Pourquoi pas dans sa cabane dans la lagune de Bacalar, tout en ayant un visa, ça pourrait être sympa. En tout cas, avoir quelque chose avec une plus grande tranquillité d’esprit.

Enfin, Marion aimerait partager deux choses avec les auditeurs du podcast :

Si vous avez envie de venir au Mexique : venez ! Mais informez-vous. Il ne faut pas avoir peur, mais parlez avec les gens. Essayez d’avoir une image complète, et pas forcément idyllique du pays. Il faut être conscient.

Puis, osez. Si vous avez envie de partir, vous pouvez partir avec des programmes ou faire un voyage plus petit. Vous pouvez toujours repartir. Essayez de prendre l’expérience, d’être curieux et de pouvoir dire « j’ai essayé » pour ensuite de parler en connaissance de cause.

Merci d’avoir écouté l’épisode #078 du podcast !

michael-pouce-articleMerci d’avoir pris le temps d’écouter cet épisode du podcast de Traverser La Frontière. Si vous avez des suggestions ou des remarques sur l’épisode, laissez un commentaire un peu plus bas, je les lirais avec attention.

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– Michael

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Michael

Auteur et Entrepreneur nomade, Michael est le créateur de Traverser La Frontière. Passionné de voyage, il a créé ce site pour aider et inspirer tous ceux qui ont envie de voyager, partir vivre à l'étranger et changer leur vie.

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