Traverser la frontière

TLF 068 : Tout plaquer à 45 ans et voyager jusqu’à la fin de sa vie

Envie de quitter votre travail pour voyager ? De changer complètement de vie ?

Dans cette interview, retrouvez Thierry qui a décidé de tout quitter à l’âge de 45 ans. Il a dit au revoir à son travail, sa routine et toutes ses possessions pour voyager avec sa femme jusqu’à la fin de leurs vies.

Vous allez découvrir à quoi ressemblait son quotidien avant de partir, comment il a pris cette décision cruciale et la façon dont il voyage depuis 2 ans.

Écoutez tout de suite l’épisode (48 min) :

À propos de l’épisode #068 sur le changement de vie de Thierry

L’âge moyen des invités du podcast tourne autour de 30 ans — c’est la remarque que m’a faite Thierry lorsqu’il m’a envoyé un email il y a quelques semaines. Il m’a alors raconté son parcours et j’ai décidé immédiatement de l’avoir sur le podcast tant son histoire est passionnante. Il est en train de réaliser le concept de voyage à durée indéterminée sur lequel j’ai écrit un livre.

Après une vingtaine d’années bien remplies professionnellement, Thierry a décidé de tout plaquer à 45 ans. Il n’avait pas envie d’attendre la retraite pour vivre ses rêves et a décidé de voyager jusqu’à la fin de ses jours en compagnie de sa femme, Laurence.

Dans cette interview, on discute de son ancienne vie à Paris, pourquoi il a pris la décision de tout plaquer, avec quel argent il compte voyager indéfiniment, quid de la retraite, à quoi ressemble sa nouvelle vie sur la route ou bien les réactions de leurs proches face à cette « vie de rêve ».

Les liens de l’épisode :

Comment écouter cet épisode ?

Cet épisode dure 48 minutes et vous pouvez l’écouter :

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Tout plaquer à 45 ans pour voyager : Le résumé écrit de l’interview

Thierry est actuellement sur l’ile de Fuerteventura aux Canaries. Il est en train de faire un tour de l’archipel pendant 2 mois.

Sa vie parisienne

Thierry est parisien, cadre travaillant beaucoup et qui adore les voyages — tous les ans, il essaye de partir 10/12 semaines. À côté de ça, il a travaillé dans plusieurs multinationales, autour de 60/70 heures par semaine de 23 à 45 ans.

Thierry est touche-à-tout, il a travaillé dans l’administration, chez Accor ou dans l’assurance et a même créé une startup. Il a été patron de la communication, dans l’informatique et généralement dans les positions classiques de cadres supérieurs. Il a fait ça pendant 20 ans.

S’il devait attendre la retraite, elle arriverait à 62 ans et la retraite à taux plein serait à 67 ans. En plus de cela, il a un ami médecin qui lui a dit qu’une personne sur deux à 70 ans ne peut plus voyager pour des raisons médicales. Du coup, le « je ferais ça à la retraite » ne semblait plus vraiment un bon plan et il fallait mieux le faire avant.

La décision de partir

À 45 ans, il a décidé avec sa femme de tout revendre, de partir en mode nomade et de finir sa vie comme ça. Cette décision ne s’est pas prise sur un coup de tête, la préparation a duré environ 2 ans. Personnellement, Thierry savait depuis ses 40 ans qu’il allait faire quelque chose comme ça et personne n’était vraiment surpris quand il l’a annoncé.

Ils n’ont maintenant plus aucune possession, outre leur sac à dos. Ils ont vendu la voiture, l’appartement, des affaires… ils ont aussi donné beaucoup de choses. Ils ne voulaient plus rien posséder et avoir un capital suffisant pour être capable de tenir 25/30 ans sur les routes en dépensant assez peu.

Pour prendre une décision comme ça, il faut 300 000€, ce qui représente la valeur d’un 2 pièces à Paris ou bien c’est une somme qui représente le patrimoine de 25% des foyers Français et 50% des personnes de plus de 45 ans.

Il a décidé de placer les 300 000€, qui leur rapportent 10 000€ par an. Ils ont jugé qu’il leur fallait 20 000€ à deux par an pour vivre. Ils arrivent à économiser en voyage, car ils font des trips de 6 mois et dépensent peu en transport. De plus, ils ont tendance à rester longtemps à un même endroit, ce qui limite les dépenses en hébergement.

Ils toucheront la retraite une fois arrivé à l’âge légal, mais au prorata de ce qu’ils ont cotisé, donc peut-être du 400/500€ par mois. Ce n’est pas la moitié d’une retraite qu’ils toucheront, mais moins d’un quart. Même s’ils ont fait la moitié des années nécessaires. Le problème c’est plutôt la sécurité sociale. Car en n’étant plus en France et ne travaillant plus, il faut prendre une sécu privée.

À noter qu’ils n’ont pas d’enfants, ce qui a pu faciliter ce changement de vie.

Le besoin d’une autre vie

Travailler en tant que cadre dans une grande entreprise peut être compliqué, notamment au niveau humain. Que ce soit le burnout, la reconversion professionnelle ou la situation personnelle de ses collaborateurs, Thierry n’avait plus envie de se sentir responsable et n’avait pas forcément envie de faire ce type de job toute sa vie. Au final, ce type de travail n’est pas vraiment une passion.

Il y avait un risque de « craquer » et surtout il n’allait pas s’épanouir avec ce type de travail. Thierry a beaucoup travaillé et est parti « au sommet de sa gloire », car il sent qu’il aurait été moins bon ensuite. À ce niveau, le travail est vraiment stressant. Il y a aussi le cas des personnes qui arrivent à la retraite et se trouvent devant un vide, n’ayant que le boulot. Adorant voyager, il s’est dit qu’il fallait le faire plus tôt.

Sa femme, Laurence, a eu un raisonnement similaire. Elle est enseignante a fait une année sabbatique il y a 5 ans. Après 25 années de travail, elle commençait à en avoir ras le bol et lorsqu’elle a décidé de quitter l’Éducation nationale, beaucoup de ses collègues lui disait « c’est le rêve qu’on voudrait faire ».

Cela fait deux ans qu’ils voyagent et le retour en arrière — le même travail, dans les mêmes conditions est devenu impossible.

Le début de ce long voyage

Après cette décision de partir, ils ont voyagé pendant 6 mois en Asie du Sud-Est : Laos, Thaïlande, Birmanie, Cambodge, Indonésie et Vietnam. Au départ, ils ont eu du mal à prendre un rythme tranquille, ils se pressaient, sans trop savoir pourquoi.

Ils sont revenus un peu en Franc. Puis, ils sont allés de la Finlande à la Grèce, entre juillet et novembre puis sont rentrés pour Noël.

En 2017, ils ont pris des cours d’Espagnol à Malaga puis voulaient aller en Amérique centrale, mais trouvaient que tout était trop cher alors ils sont restés en Espagne. D’abord en Andalousie, puis toutes les iles Canaries, l’Extrémadure pour revenir au mois d’aout en France.

Au mois de septembre, ils vont partir à Bali, en Australie et Nouvelle-Zélande. Ils veulent parcourir ces derniers en van. Ils ont aussi dans l’idée de faire l’humanitaire par la suite — pour se rendre utile.

Un mode de vie bien différent

Au niveau des réactions de leurs proches, leurs amis s’y attendaient, pour la famille il y a eu un peu de surprise. Pour les collègues, ils furent « KO » et ne les croyaient pas, certains leur demandent même régulièrement « quand est-ce que tu reviens ? », car dans la tête des gens « on ne peut pas, pas travailler ».

Par contre durant le voyage, ils évitent parler de leurs situations et de ce voyage à durée indéterminée. Ils ne veulent pas que les gens les mettent tout de suite dans une case.

Thierry ne se revoit pas travailler, en revanche il aide les gens gratuitement de temps en temps. Il ne veut plus de responsabilités ou être propriétaire.

Au niveau matériel, il a été extrêmement facile de se débarrasser de tout. Par contre, il s’est rendu compte à quel point on pouvait accumuler énormément de choses inutiles durant sa vie. Il est très facile de se détacher des possessions matérielles et ils ne possèdent dorénavant que très peu de choses de valeur.

Sortir de la société d’accumulation et de compétition vers une sobriété heureuse fait beaucoup de bien et permet de se vider la tête. D’ailleurs, ils gardent les choses simples en voyage et prennent le temps de profiter. Par exemple, aux Canaries, ils se réveillent quand ils le sentent, se réservent la matinée pour faire du sport, puis l’après-midi pour les activités et visites.

Thierry s’est rendu compte que pour certaines personnes ce n’est pas une vie de rêves, car tout le monde n’aime pas voyager. Par contre tout le monde rêve d’arrêter de travailler à 45 ans.

Par contre, il trouve qu’Internet a énormément changé la façon de voyager. Avant on racontait son voyage en rentrant, maintenant on le raconte en le faisant. D’ailleurs, beaucoup de personnes veulent être reconnues en voyageant et font une compétition. Celui qui le fait en stop, le plus rapidement, le plus de pays, celui qui sort des sentiers battus…

Thierry n’a pas vraiment de conseils pour ceux qui veulent partir sans attendre la retraite. Tout est devenu plus simple et si on veut partir on peut vraiment le faire. Il ajoute qu’on peut toujours revenir en arrière, on peut revenir à sa vie d’avant, comme aller vers un autre métier ou activité.

Thierry trouve que l’on rencontrait beaucoup plus de personnes avant l’arrivée massive d’Internet. Il discutait avec les autres voyageurs pour savoir où dormir, où manger, etc. Maintenant, tout le monde regarde avant sur Internet et réserve leur hébergement. De nos jours, on voyage autrement. On est tous connectés et on sait tout, tout le temps.

Merci d’avoir écouté l’épisode #068 du podcast !

michael-pouce-articleMerci d’avoir pris le temps d’écouter cet épisode du podcast de Traverser La Frontière. Si vous avez des suggestions ou des remarques sur l’épisode, laissez un commentaire un peu plus bas, je les lirais avec attention.

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– Michael

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Michael

Auteur et Entrepreneur nomade, Michael est le créateur de Traverser La Frontière. Passionné de voyage, il a créé ce site pour aider et inspirer tous ceux qui ont envie de voyager, partir vivre à l'étranger et changer leur vie.

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