Traverser la frontière

TLF 012 | Partir étudier à Stanford et trouver un job chez Apple (1/2)

Pour ce douzième épisode (partie 1/2) du podcast de Traverser La Frontière nous accueillons Sofiane Berlat, ingénieur chez Apple, il vit en Californie depuis quatre ans.

Après des études d’ingénieur en France, Sofiane a décidé de partir étudier à Stanford et a réussi à trouver un emploi chez Apple. Il nous raconte son parcours jusqu’à son embauche dans cette première partie de l’interview

Écoutez tout de suite l’interview :

Ou téléchargez l’interview en mp3 (clic droit-enregistrer sous)

À propos de l’épisode #012

J’ai rencontré Sofiane lorsque j’étais au lycée , nous étions dans la même classe en seconde ! Nous avons plus ou moins gardé contact au fil des années (merci Facebook) et lorsque j’ai débarqué en Californie en janvier 2015, je me devais de lui rendre une petite visiter et d’enregistrer une interview pour l’émission.

Sofiane fait partie de ces français qui ont décidé de s’installer à San Francisco pour travailler dans une grande du web. Après des études d’ingénieurs aux Mines de Saint-Etienne, Sofiane s’envole pour la Californie pour faire un Master en design de produit à Stanford puis décrocher le job de ses rêves chez Apple !

Dans cette première partie de l’interview, Sofiane nous raconte son parcours en France, sa décision de partir étudier à l’étranger, comment faire pour intégrer Stanford, comment il a trouvé un stage chez Apple …

stanford

L’université de Stanford en Californie

Ce que vous allez apprendre dans cette interview avec Sofiane :

  • Les missions de Sofiane chez Apple
  • Le parcours scolaire de Sofiane en France
  • Le souci des écoles d’ingénieurs en France
  • Les 2 masters en design à l’étranger pour lesquels Sofiane a postulé
  • Les matières assez atypiques du Master à San Francisco
  • Une mission sur laquelle a travaillé Sofiane sur le thème du chauffage des maisons en Birmanie
  • Le processus de recrutement pour entrer à l’université de Stanford
  • L’importance des lettres de recommandation et comment en obtenir
  • Quelle note minimale il faut avoir pour le TOEFL pour intégrer une université américaine
  • Les frais de scolarité à l’université de Stanford et le fonctionnement des crédits
  • Le système de « teaching assistant » pour réduire ses frais de scolarité de 50% à sa totalité
  • Comment le réseau francophone peut aider à devenir « teaching assistant » à Stanford
  • Comment Sofiane a trouvé un stage à Apple

Comment écouter cet épisode ?

Les liens de l’épisode :

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– Michael

Retranscription de l’interview

Salut Sofiane.

Salut Michael.

Ça va ?

Ça va et toi ?

Ça va. Merci de m’accueillir chez toi à San Francisco pour pouvoir faire cette interview. Bon, on se connait depuis un petit moment, parce qu’on a passé quelques années au lycée ensemble.

Oui.

Et donc, on se retrouve après une bonne dizaine d’années, à San Francisco, c’est…

C’est fou. C’est…

Ça, c’est fou oui. Du coup, qu’est-ce que tu fais à San Francisco ?

Bon alors, à San Francisco, je travaille pour Apple. En gros, moi je travaille sur l’aspect et sur la fabrication des produits d’Apple. Je travaille sur la prochaine génération de produits, donc les produits qui ne sont pas encore annoncés. Le public en général ne sait pas ce qu’on fait, et en fait, je travaille entre les équipes de design, de conception, donc qui sont toutes basées en Californie, à Cupertino. Vous savez, c’est marqué sur le derrière des iPhone, c’est marqué, Designed in California, et souvent, made in China.

Oui.

Eh bien voilà, moi, cette phrase résume bien ce que je fais. Donc, je bosse avec les designeurs en Californie, mais je bosse aussi avec les usines en Chine. Du coup, je passe pas mal de temps entre la Chine et la Californie. Je bosse à chaque fois qu’il y a un truc un peu compliqué, à chaque fois qu’il y a un nouveau produit qui sort. Bon, par exemple, le nouvel iPhone, on voit bien que les produits sont toujours plus fins, mieux conçus avec des belles courbes, il n’y a rien qui dépasse, etc. Et bon ça, ce n’est pas facile à faire et à chaque fois, on ne sait jamais comment on va faire ça. Bon voilà, moi ce que fait mon équipe, c’est qu’on trouve des moyens de les fabriquer. On trouve les moyens de rendre le truc faisable en fait.

OK, donc c’est toi et ton équipe en gros qui êtes en charge de rendre les produits Apple, on va dire, plus jolis, plus fonctionnels.

Eh bien, on va dire oui, et surtout de trouver des moyens de les fabriquer. Je travaille quand même pas mal avec les designeurs et j’influence un peu le design mais c’est plutôt une fois que le design est figé. Et bien comment on va faire pour le fabriquer et pour le fabriquer à temps en fait. On a vu pour l’iPhone 6, on en a délivré 10 millions la première semaine. Bon, voilà, si on en a délivré 10 millions c’est parce que les machines étaient prêtes à temps. L’idée c’est pour les fabriquer à temps, dans les temps et avec le volume qu’on a, qui est gigantesque, et avec la qualité qu’on a, qui est incomparable, à ce que fait la concurrence. Et voilà, du coup ça rend la chose assez, comment dire, je ne trouve pas le mot.

Ce n’est pas grave, on voit que c’est beaucoup de boulot en tout cas

Ça rend la chose assez stimulante.

D’accord.

Oui, c’est stimulant.

Avant de venir aux États Unis, qu’est-ce que tu as fait ? Tu as fait des études d’ingénieur en France, c’est ça ?

Alors oui, donc j’ai fait le parcours un peu classique. Enfin bon, un des parcours classiques dans une université française, j’ai fait une prépa, j’ai fait, ensuite j’ai fait l’école d’ingénieur, je suis allé à l’école de mine de Saint Étienne. Voilà, en trois ans, au fait j’ai fait un peu plus de trois ans, parce que j’ai pris du temps, j’ai fait une espèce de semi-année de césure au milieu avant mon stage de fin d’études. J’avais pas mal de petits projets que je voulais accomplir, l’un d’entre eux, c’était de traverser la France à vélo, bon, ce que j’ai fait à moitié plus ou moins. Du coup bon, je me suis pas mal amusé, voilà, c’était bien, c’était intéressant.

Et en fait après ça ?

Donc voilà, j’ai fait mon école d’ingénierie. Donc, j’avais en sortant de l’école d’ingénierie, voilà, j’étais ingénieur

Tu étais un ingénieur, spécialisé, généraliste, c’était lequel ?

Eh bien j’étais ingénieur généraliste, mais, il y avait quand même, une branche, une petite spécialisation en mécanique, mais sur les aspects vraiment théoriques, vraiment analytiques et c’est un peu comme ça, moi le sentiment que j’ai, dans les grandes écoles à la française, on a tendance à énormément favoriser l’aspect théorique, l’aspect analytique. Et ça commence à la prépa, on devient très fort, pour analyser des choses, pleins de données, des nuages de données, voilà, mais, il manquait quelque chose, moi, je sentais que personnellement je voulais développer plusieurs choses.

Je voulais développer à la fois mon côté artistique, j’ai toujours aimé dessiner, j’ai toujours aimé la musique, j’ai toujours aimé les films. J’avais envie de faire des choses un peu plus de ce côté-là. Ca ne me dérange pas d’avoir mis mon côté artistique en sourdine pendant mes études et voilà, au fait, au bout d’un moment, j’en avais marre et je voulais un peu voir comment est-ce que je peux trouver des moyens de ma lié à ça, d’intégrer ça à ma formation quoi.

Et en plus de ça, je voulais aussi avoir à travailler plus sur des aspects pratiques et je voulais partir à l’étranger, je voulais voir autre chose. Du coup, j’ai regardé un peu des masters, et j’ai commencé par chercher des masters qui me permettaient de faire ça et j’ai convergé vers deux masters. L’un à Stanford en Californie, l’autre à Londres au Royal College of Art.

Donc, ils ont un master en design qui ont, une grande spécificité de mêler ingénierie et art, pardon ingénierie et art en fait et business aussi un peu en même temps. Et du coup, voilà, j’ai postulé aux deux masters, j’ai été pris aux deux et bon je me suis dit que ce n’était pas mal d’aller en Californie. Londres, c’est cool, c’est juste la porte à côté, c’est trop proche quoi.

Oui, c’est sûr, je pense que le temps aussi est un petit peu différent, entre les deux.

C’est vrai.

D’accord, tu as fait le parcours, on va dire, classique prépa, école d’ingénieur, et donc justement, la plupart des gens qui sont diplômés, vont bosser.

Oui.

Alors toi, tu as décidé de continuer ces études, mais à l’étranger dans un domaine d’étude un petit peu diffèrent de l’ingénierie classique quoi ?

Pas mal différent, mais au fait, oui c’est ça.

Bon, alors j’ai eu un master of science à Stanford. Où en effet, la plupart des cours que j’ai pris c’était plutôt les cours, soit très manuels, soit des cours de création, des cours d’art. J’ai pris des cours d’animatio. Alors pour les cours, il y en a assez, la chance à Stanford, c’est qu’on peut faire ce qu’on veut. C’est une fac privée, c’est moi qui paie pour mes études et je peux choisir à peu près les cours que je veux. Ce n’est pas complètement vrai dans tous les masters, mais dans mon master les profs étaient assez flexibles là-dessus, donc je me suis vraiment fait plaisir.

En gros, j’avais peut être un tiers de mon temps. Je le passais à faire dans le bâtiment d’art. J’ai pris un cours d’animation, j’ai pris des cours de design mais, enfin, sur les aspects vraiment euh, les aspects basiques, du design, qu’est-ce que c’est qu’une forme, qu’est-ce que c’est qu’un contraste, qu’est-ce que c’est qu’une couleur, comment on obtient les couleurs, eh bien voilà, des choses comme ça.

Un tiers, c’est voilà, les cours d’art. Le deuxième tiers, c’était des cours de, plutôt de fabrication, mais pas d’un point de vue industriel, mais plutôt d’un point de vue, tu veux fabriquer une table en bois, eh bien, comment tu vas t’y prendre, et j’avais un atelier en fait, avec de quoi travailler le bois, de quoi travailler le métal, de quoi travailler les bijoux, et j’ai pris pas mal de cours sur ça. J’ai fabriqué pas mal de trucs au fait, j’ai passé du temps à l’atelier, sur un tourneur, sur un fraiseur, bref, des choses…

Alors c’est marrant pour le coup des choses où en France, bon, notamment à l’école d’ingénierie, c’est bizarre quoi, tu ne vois pas un mec qui a un diplôme d’ingénieur, qu’est- ce qu’il va faire dans un atelier avec un tourneur quoi enfin. Là, je balance des clichés, mais c’est un peu ça. Alors qu’aux États-uUis, à Stanford, les gens ont, tu sais, l’univers, c’est trop bien genre, ils vont être ingénieur, mais eux, ils se battent dans l’atelier quoi, il n’y a pas de place pour y aller. Et c’est pour le compte de cet aspect, comme je l’ai dit, cet aspect, c’est manuel et c’est quelque chose qui me manquait que j’ai pas mal développé là-bas.

Oui.

Mais avec mes mains, genre mes mains, ma sueur, voilà. On avait une fonderie aussi, j’ai fait de la bijouterie, vraiment, c’est trop bien quoi. Alors la dernière partie, c’est quelque chose qu’on appelle le Design Thinking.

C’est en fait, alors c’est quelque chose qui a été plus ou moins développé dans la Silicon Valley. Pas seulement, mais ça a très, très bien marché dans la Silicon Valley pendant ces quinze dernières années. C’est l’idée de ramener le design et la méthodologie du design, du designer, au centre dans l’entreprise pour en fait aider l’entreprise à être plus innovante. Bon on veut faire une nouvelle canette de coca, on ne sait pas comment on va la faire, on va appeler un designer, et venir faire des dessins et on va le mettre sur des canettes de coca. Donc, l’idée, c’est vraiment, bon, on est Coca Cola, on ne sait pas trop ce qu’on va faire, on a plein d’argent, bon, on va amener des designeurs, au milieu des équipes. L’équipe lambda et on va voir ce que ça va donner quoi.

Ce sont des cours dans lesquels on est dans des équipes pluridisciplinaires, où genre c’est moi, un avocat, un médecin et un mec qui fait du code, un développeur, et on nous demande de bosser sur je ne sais pas, un système. J’ai fait un projet vachement intéressant sur des fours, résoudre le problème en Birmanie, donc dans certaines familles, de la campagne birmane, les familles ont un four dans la maison, dans lequel ils mettent du bois pour chauffer la maison et pour cuisiner et pour tout. En fait, ce four, enfin, c’est trois briques au fait, c’est trois briques et ce sont des fours très peu efficaces qui ne marchent pas, parce qu’ils n’ont rien, de toute façon, ils n’ont juste pas l’argent, ils ont un dollar par jour, même pas. Du coup, il y a un mec dans la famille dont le métier est, quand il avait quinze ans, au fait, au lieu d’aller à l’école, il va chercher du bois toute la journée, et il va chercher du bois, pour qu’on mette du bois dans le four. Bon bah, du coup, l’idée c’était : trouves une solution à ça.

OK.

Du coup, eh bien, on a passé du temps avec des, en l’occurrence pour ce projet, on a encore, on a passé du temps avec des ONG, qui allaient en Birmanie, et on a réfléchit et on a fait pas mal de prototypes et tout. On est arrivé à une espèce de concept de four qui ne marchait pas trop mal, qui, qu’on a fabriqué en utilisant des techniques de tuile, les mêmes techniques qu’on utilise en Inde pour fabriquer des tuiles qui sont vendues à grande échelle, dans tous les pays d’Asie du Sud-Est. Et on a commencé à bosser avec une ONG locale pour essayer de le produire et au final, on l’a arrêté parce qu’on avait d’autres choses, eh bien voilà, ça n’a pas pris tant que ça, mais, l’idée, voilà, c’est donc de travailler avec des équipes pluridisciplinaires et essayer d’utiliser la méthodologie du design, pour apporter l’innovation, là où il y en a besoin.

OK, ça marche.

Très intéressant.

J’imagine. Du coup, comment tu as fait pour renter à Stanford, parce que de vue de la France, les universités américaines prestigieuses comme ça, ça peut paraitre compliqué. Du coup, c’était quoi le processus ?

Alors on peut rentrer à Stanford, à différents niveaux. Donc pour rentrer en undergrade, undergraduate, c’est-à-dire, directement après le Bac, et ça c’est sur dossier, c’est sur inscription et sur dossier, j’ai des amis qui l’ont fait, et voilà, ça a passé. Ce n’est pas exactement, ce que moi j’ai fait, moi je suis rentré en master.

Donc, après, on appelle ça graduate, graduate degree, où en fait, c’est pareil, c’est sur dossier, l’idée c’est que quand tu postules pour un master, tu postules pour un master en particulier, donc chaque master a un peu ces spécificités, sur ce qu’il demande.

Mais en gros, l’idée générale, c’est souvent pour les facs américaines, tu dois donner une lettre de motivation, mais, très soignée où tu montres qui tu es vraiment, le master fait partie d’un plan et que tu y réfléchis et que bon voilà, il faut être cohérent dans ce que tu dis. Souvent il faut fournir des lettres de recommandation, trois lettres de recommandation en général entre trois et six, et pareil, ce n’est pas juste, trouver un mec important qui va te dire, eh bien voilà je connais Sofiane, il est cool, super.

[expand title="Cliquez pour dérouler et lire la suite de l'interview"]

OK.

Il faut plutôt que ce soit un mec qui décrive un peu pourquoi il t’aime bien, ce qu’il a fait pour toi. Et l’idée, c’est qu’avec tes trois lettres de recommandation, et ta lettre de motivation, ça forme un tout en fait qui décrit ta personnalité sous différents aspects, en quoi tu es bon, en quoi tu es moins bon, pourquoi ‘est-ce que tu es intéressant, pourquoi tu serais intéressé pour ce master, et voilà quoi. Il faut vraiment le voir comme un dossier complet. Donc, du coup, quand tu vas demander tes lettres de recommandation, il faut un peu guider les gens quoi. Tu peux leur dire, bon, eh bien voilà, ce serait, on a travaillé là-dessus ensemble, ce serait bien si tu parler de ça, et sans forcément à écrire une lettre pour eux, mais, voilà, les guider un peu pour qu’au final, ça donne un aspect, tu passes bien. Donc, il y a lettre de recommandation, lettre de motivation. Bon, ils veulent toutes tes notes que tu as eues depuis le Bac.

D’accord.

Il faut les donner.

Donc il faut tout garder quoi.

Oui il faut tout garder, il faut les traduire en anglais. Pour moi, mes notes de prépa, j’ai été sonné à ma prépa, alors pour le coup sur le site de l’école polytechnique, il y a un guide pour postuler dans les facs américaines qui est très, très bien fait, dans lesquels ils expliquent comment faire traduire ces bulletins de notes de prépa, pour rentrer dans une fac américaine. C’est compliqué parce qu’en France, on utilise les notes de 0 à 20, et aux États-Unis, ils utilisent des lettres, alors, comment traduire ça, Bon voilà, ils t’expliquent aussi comment les faire. En gros, si tu es dans les 10% des premiers, et bien, tu es dans A, ce qui était… Bon, moi étonnement, en prépa, j’étais plutôt dans les 10%, mais j’avais eu pas mal de A, sachant que j’avais plutôt des 9 et 10 de moyenne. Bon, pas tous les temps, pas dans toutes les matières, mais le bulletin américain, il y avait c’était bien meilleur que le bulletin français, c’était assez marrant.

Eh bien voilà, toutes les notes, il faut aussi passer un truc qui s’appelle le GRE, c’est comme le Tage-Mage, c’est un test, c’est un test pas trop dur, il y a un test de math, d’anglais et de rédaction en anglais. Alors l’idée quand on est quelqu’un qui postule pour une fac d’ingénieur, pour une fac plutôt scientifique, bon eh bien au fait on se fait défoncer en anglais, par rapport aux Anglais normaux qui postulent. On se fait défoncer en vocabulaire. La partie du vocabulaire, c’est un truc où on te dit, on te donne un mot que tu ne connais pas et ensuite, on te donne cinq mots que tu ne connais pas, et on te dit, parmi ces cinq mots, lequel de ces cinq mots est plus éloigné du mot, est le plus, voilà qui a un sens qui est vraiment plus proche du contraire du mot qu’on t’a donné en premier et que tu ne connais pas non plus. Bon, eh bien voilà, ça ressemble à ça et comme ça, tu sens que tu es à cheval, tu as cinquante questions, je vais dire, ce n’est pas si dur que ça, mais quand même assez dur et bon, ça se prépare. Tu as des livres de vocabulaires que tu peux apprendre et tout, ça t’aide pas mal.

Bon, moi ce qu’on ma dit comme conseil, pareil sur le site de l’école polytechnique, c’est de cartonner la partie math qui n’est pas très dure, c’est des maths de collège, c’est des maths de 3e, mais il faut aller vite, c’est comme le Code de la route au fait. C’est comme quand tu passes le code la route, il faut s’entrainer parce qu’il y a des pièges qui tombent, c’est toujours les mêmes, et il faut être rapide et voilà, j’ai fait ça. Il faut passer le TOEFL qui est un test d’anglais. En général, les facs prétendent qu’il n’y a pas, qu’ils n’ont pas de barre, de barrière limite. Bon, si tu passes le test, qui est noté sur 120, c’est bien d’avoir 90 en général, mais, mais ce n’est pas en général, moi ce que j’ai vu à Stanford, les facs s’en moquent un petit peu quoi, elles savent que tu te débrouillerais mieux en arrivant sur place quoi, elles ne veulent pas que tu sois complètement perdu en anglais, mais ce n’est pas très grave si tu n’es pas très bon en anglais, si tu n’es pas super fluide, ce n’est pas dramatique. Et moi, pour Stanford, pour mon master en design, je devais fournir mon portfolio en plus.

D’accord, OK. Donc selon les spécialisations, tu vas avoir d’autres choses en plus…

Et en plus de ça, donc, ils sélectionnent une première, genre peut-être une trentaine de candidats, et puis, ensuite ils leur font passer un entretien. Alors, pour moi, c’était par Skype. Donc voilà, ça s’est bien passé, je flippais pas mal avant, mais ça s’est bien passé. À Londres, on m’a demandé, quand j’ai postulé pour le master en Londres, ils m’ont demandé des choses similaires à, mais par contre, ils ont voulu que je vole jusqu’à Londres pour mon entretien.

OK.

Donc, du coup je suis allé à Londres, c’était cool, je me suis bien amusé.

OK, en termes de frais de scolarité, donc ça fait un master de deux ans ?

Oui.

Combien ça t’a couté en frais de scolarité de passer deux ans ici à Stanford ?

Alors, ça, ça dépend du type de master. Je sais qu’en l’occurrence, les MBA, ils sont bien plus chers, mais pour les frais de base, les masters non MBA sont, en général c’est, donc ça dépend du nombre de crédits que tu prends chaque trimestre.

Alors, c’est un peu compliqué, déjà à Stanford, il y a un système de trimestre, dans d’autres universités, c’est des semestres, il n’y a que deux semestres par an. Bon ça varie, mais en gros, pour moi, Stanford, si je prenais dix crédits par trimestre, ce qui est quand même, une masse de travail assez énorme.

OK.

Pour le niveau master, souvent, pour avoir un master en général, il faut entre 45 et 60 crédits. Ça dépend du master. Mon master, c’était un master à 60 crédits. Pour 60 crédits, eux ils préconisent, enfin, puisque ce que tout le monde fait, c’est de prendre 10 crédits, pendant six trimestres, donc, sur deux ans. Parce qu’on ne travaille pas pendant le trimestre de l’été en fait, souvent.

Donc ça fait en gros, 10 crédits, ça coute 10.000 dollars. 10 crédits par trimestre, ça coute 10.000 dollars le trimestre.

OK, ça marche.

Donc, sur six trimestres, ça fait 60.000 dollars.

D’accord.

Donc, ça, c’est les frais de base. Bon, il faut savoir que quand tu fais un master dans une fac américaine, notamment dans les grandes facs, c’est très facile de trouver de quoi financer son master. Donc soit en postulant à des bourses auparavant, moi je n’ai pas fait, enfin, il y a plein de bourses un peu partout, c’est la jungle et c’était un peu trop enfin je n’avais pas eu le temps je n’ai jamais de m’en occuper. C’est très compliqué quand on n’a pas l’habitude du système.

Autrement, une fois qu’on est sur place en fait, il suffit que tu prennes une classe, tu prends un cours que tu aimes bien, tu parles au prof et en fait, dans chaque cours, il y a ce qu’ils appellent, un TA, un Teaching Assistant. C’est un mec qui aide le prof à faire son cours. C’est comme un chargé de TD en gros. Bon ça dépend des matières, dans les cours. Pour les cours de math souvent, c’est des chargés de TD au fait, c’est des gens qui corrigent les copies et tout. Moi, pour les cours de design, c’est moi je suis avec le prof et je l’aide à préparer les cours et on fait des critiques de design ensemble et peut être la moitié des élèves viennent me voir une fois par semaine, j’ai des heures avec les élèves où je les conseille et tout, et donc j’ai fait le TA comme ça sur quatre de mes trimestres. Et souvent, alors soit ça t’enlève les frais de scolarités ou alors tu paies la moitié des frais de scolarité, et en plus tu es payé, 1000 à 2000 dollars par mois, ça dépend d’où tu es, mais globalement ça te réduit énormément tes charges quoi.

D’accord.

Ça te réduit énormément tes frais.

Ça vaut bien d’être assistant de professeur ou chargé de TD, et d’avoir des bourses aussi qui existent si on recherche bien.

Oui, il y a plein de gens qui se débrouillent, c’est encore plus simple, quand les gens se dirigent vers une thèse où en fait, ils ne paient pas de frais de scolarité du tout, du début à la fin et sont couverts parce qu’ils font la recherche. Pour ça, tu peux aussi faire de la recherche pour un prof … alors c’est sensé te prendre entre 10 et 20 heures par semaine supplémentaire, en plus de ton master, juste pour travailler et, mais par contre ça te paie tes frais de scolarité, donc c’est cool.

Du coup c’est un système très cher, mais au niveau master en tout cas, tu peux trouver des moyens de faire baisser le prix et jusqu’à le rendre gratuit. C’est un peu dur quand on ne connait pas le système du tout, mais ça se fait. Du coup, c’est toujours ça, quand on s’intéresse à un master en particulier ou à une fac, c’est toujours bien de parler à des Français qui l’on déjà fait ou des gens qui sont sur place.

Bon, je parlais des Français parce que ça serait plus facile de parler avec des Français, je pense, et voilà, parce que c’est les gens là, le seul moyen de trouver, on appelle ça un TA Ship, c’est de parler aux gens qui sont sur place, et ils te diront, ce que les Français ont… Moi, je n’étais pas trop dedans, je savais que par exemple, avec les Français que j’ai rencontrés, qui venaient de l’école polytechnique ou l’école de Mine de Paris qui, on en voit plein tous les ans, bon. Voilà, ils savent très bien, ils se parlent à l’avance. Ils se disent, voilà, tous les ans c’est un français qui fait le Teacher Assistant pour ce cours, ce prof aime les Français, ils savent qu’ils sont. Du coup, ça fonctionne pas mal sur du bouche-à-oreille, donc…

OK, ça marche.

Voilà, beaucoup parler aux gens.

Tu as fait ce master là et après, tu as atterri chez Apple directement après le master ? Comment tu as intégré Apple ?

Comment j’ai atterri chez Apple. En fait, j’ai toujours été fasciné par Apple. Notamment sur l’aspect design. Je me demande alors, comment est-ce que Apple arrivait à produire autant de produit et avec des volumes aussi importants aussi à la fois une qualité aussi importante.

En fait au cours de management d’industrialisation, de management de boite, il y a un truc dont on parle souvent, c’est le triangle, c’est le cout, volume, qualité. C’est dur d’avoir tout en même temps. Bah Apple, les couts, c’est souvent c’est un peu plus cher, peuvent paraitre plus cher, mais globalement, la qualité, elle évolue en même temps, enfin, c’est extrêmement dur de le faire. Du coup, j’étais intrigué par ça donc, donc je me suis arrangé pour faire un stage à Apple entre mes deux années à Stanford. Bon déjà, alors Stanford, c’est à côté d’Apple, donc, ça, ça aide pas mal, il y a plein d’anciens de Stanford qui bossent chez Apple. Il y avait un forum de métier où Apple était présent, donc j’y suis allé, j’ai parlé avec un mec d’Apple, je lui ai dit : bonjour, je m’appelle Sofiane, et voilà, il y avait une queue, au forum du métier, il y avait une queue devant le truc d’Apple, donc j’ai failli ne pas y aller, il y avait trop de gens. Il fallait que j’y arrive et le mec qui est devant m’a dit tu as deux minutes, je dis, OK bon voilà, je lui ai dit ce que je vous ai dit à l’instant sur la production la qualité, je trouvais ça intéressant, voilà, c’est une réalité chez Apple. Le mec me dit intéressant. Il a regardé mon CV, j’avais une ou deux expériences avant, j’avais bossé au Brésil, j’avais fait un stage au Brésil, pareil sur l’industrialisation, en fait, voilà dans une usine, le mec avait bien aimé ça, notamment le voyage, ça reste une composante assez énorme dans mon travail en ce moment donc, c’est bien, j’aime bien les gens qui sont à l’aise à l’international. Il a transmis mon CV à plusieurs équipes. Une semaine plus tard, j’ai reçu un coup de fil, il y a machin de telle équipe qui veut passer un entretien, qui veut t’avoir en entretien, et c’était assez vite en fait, c’était assez tard dans le planning des recrutements de stage donc j’ai eu un entretien par téléphone, que j’avais du coup préparé comme un dingue et c’est passé quoi. J’ai revu le mec après deux jours et il m’a dit, bah voilà, c’est bien, le mec veut t’embaucher. Donc j’ai fait mon stage chez Apple, ça s’est bien passé.

OK.

À la fin, j’ai eu une offre d’embauche, et voilà, quoi, je suis rentré, et voilà je suis là.

D’accord, moi, ça me parait simple comme ça, mais…

Ça parait simple.

Mais il y a beaucoup de boulots derrière, beaucoup d’études et il y a de la préparation aussi pour rentrer chez Apple. [/expand]

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Michael

Auteur et Entrepreneur nomade, Michael est le créateur de Traverser La Frontière. Passionné de voyage, il a créé ce site pour aider et inspirer tous ceux qui ont envie de voyager, partir vivre à l’étranger et changer leur vie.

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