Traverser la frontière

TLF 011 | Devenir artiste voix-off et partir vivre en Thailande

ep011 podcast marion

Pour ce onzième épisode du podcast de Traverser La Frontière nous accueillons Marion Bouquet, artiste voix-off en freelance et qui vit la moitié de l’année en Thaïlande.

C’est donc un métier assez atypique que j’ai décidé de vous présenter aujourd’hui avec Marion. Être une voix-off peut paraitre simple et « fun », mais il y a beaucoup de boulot derrière comme l’explique Marion, la nomade digitale de cet épisode.

Écoutez directement l’interview :

Ou téléchargez l’interview en mp3 (clic droit-enregistrer sous)

À propos de l’épisode #011

J’ai rencontré virtuellement Marion grâce à Anaïs (voir épisode #001), j’ai rapidement accroché à sa personnalité et son style de vie. Je suis d’ailleurs passé par ses services afin de faire la voix-off de l’intro du podcast et je trouve que le rendu est très bon !

Marion a décidé de vivre un petit peu différemment des autres, elle préfère vivre en Thaïlande, privilégiant sa qualité de vie au fait de gagner beaucoup d’argent. Elle préfère aussi travailler moins que « la normale », mais de façon plus efficace. Elle est enfin autodidacte et a appris son métier actuel en se formant toute seule et en apprenant au fur et à mesure. Chapeau !

Dans cet épisode nous parlons de son parcours, depuis ses études qui n’ont rien à voir avec son activité actuelle de voix-off, de sa vision de la vie, comment elle organise son emploi du temps de nomade digitale avec son activité de freelance ou encore ses conseils pour ceux qui souhaitent se lancer.

Découvrez la page avec toutes les ressources pour savoir comment devenir nomade digital.

montagne marion

Marion et sa passion des montagnes

Ce que vous allez apprendre dans cette interview avec Marion :

  • La ville thaïlandaise que Marion a choisie pour s’installer
  • Les études de Marion, qui n’ont rien à voir avec son métier actuel
  • La manière surprenante par laquelle Marion est arrivée en Thaïlande
  • Pourquoi Marion est tombée amoureuse de Chiang Mai lors de sa première visite
  • Le moment où Marion s’est rendu compte qu’elle pouvait travailler sur Internet
  • La première mission en ligne qu’a décrochée Marion sur odesk
  • L’objectif de Marion en terme de revenu mensuel avant de repartir vivre en Thaïlande
  • Comment Marion est tombée par hasard dans la voix-off
  • La formation qu’a suivie Marion pour apprendre la voix-off
  • Dans quel pays Marion a testé le mode de vie nomade en travaillant et voyageant
  • Ce que signifie la voix-off et les types de missions que fait Marion
  • Pourquoi le site Fiverr a permis de booster le nombre de clients de Marion
  • Le taux de commission que prennent les sites pour freelance
  • L’emploi du temps de Marion en tant que nomade digitale et où est-ce qu’elle travaille
  • Combien d’argent gagne Marion par mois avec son activité de voix-off
  • Le budget mensuel (très bas !) pour vivre à Chiang Mai
  • Comment Marion a aussi vécu en France avec son activité en ligne
  • Quelles sont les qualités nécessaires pour devenir voix-off selon Marion
  • Dans quels pays Marion a envie de vivre en 2015

Comment écouter cet épisode ?

Les liens de l’épisode :

Merci d’avoir écouté l’épisode #011 du podcast !

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– Michael

Retranscription de l’interview

Bonjour Marion

Salut, Michael, ça va ?

Ça va, et toi ?

Ça va super.

Est-ce que tu peux te présenter pour nos auditeurs, savoir ce que tu as fait et où tu es maintenant ?

Alors je m’appelle Marion Bouquet j’ai 27 ans et je vie en ce moment en Thaïlande. Je travaille donc comme voix off française et donc ça fait à peu près 4 mois que je suis là déjà, c’est ma quatrième fois à Chiang Mai en Thaïlande.

OK donc tu reviens à Chiang Mai régulièrement, c’est ça ?

Oui voilà, la première fois c’était en 2012, mais je ne travaillais pas encore en ligne, j’étais en voyage et je suis tombée amoureuse de la ville et du coup j’ai décidé de revenir et au fil des rencontres. Je me suis rendu compte qu’il y avait des gens qui travaillaient en ligne ici et qui étaient des digitaux nomades comme on les appelle, du coup ça m’a mis la puce à l’oreille. Donc voilà, moi aussi j’ai envie de travailler à mon compte en ligne et de pouvoir voyager et donc c’est comme ça que ça a commencé.

D’accord, on va revenir sur ça dans quelques minutes, juste pour comprendre ton parcours, est-ce que tu peux me dire ce que tu faisais en France ? Tu as fait des études ?

Oui, assez varié d’ailleurs, pour retracer le parcours vite fait, j’ai un bac en dessinateur maquettiste, donc j’ai fait des études en art en premier. Ensuite, j’ai étudié l’anglais à la fac pendant deux ans et pendant mes vacances, je partais, je faisais des séjours au Pair pour perfectionner la langue. Ensuite, j’ai pas mal voyagé, j’ai beaucoup voyagé, puisque ça, c’est ma première passion. Les voyages m’ont mené à reprendre mes études en fait donc j’ai fait un BTS tourisme et j’ai eu mon diplôme il y a presque trois ans que j’ai fait dans les hautes Alpes. Du coup c’est mon dernier stage tourisme qui m’a amenée à aller en Thaïlande donc j’ai choisi le faire en Thaïlande et c’est comme ça que j’ai découvert Chiang Mai. Et puis, le travail en ligne.

Donc tu as fait beaucoup de voyage avant et tu as fait un stage en Thaïlande au cours de tes études. Pourquoi as-tu décidé de partir en Thaïlande pour ce stage ? Comment as-tu trouvé ce stage ?

Au fait, je ne connaissais pas encore la Thaïlande, j’étais allé en Asie avant, j’étais d’ailleurs allé en Bali, en Indonésie et j’avais beaucoup aimé. Comme il s’agisait d’un stage, je voulais aller dans un pays où ça allait être facile où je savais que le tourisme était très développé et bien en lien avec mon BTS et en fait j’ai fait quelques recherches et j’ai vu qu’il y avait quelques, deux Français, un frère et une sœur qui géraient un resort avec une autre personne Thaïlandaise sur l’île de Koh Chang. J’ai proposé un projet que j’avais de développer un jardin thématique en fait pour fabriquer des produits naturels. Donc du coup, ils étaient motivés et j’ai passé trois semaines dans le resort au bord de la mer, c’était très sympa et on avait travaillé sur ce projet-là et après, j’avais dix jours de vacances et j’ai voulu aller à Chiang Mai.

Donc ton stage c’est dans un resort sur une île en Thaïlande au bord de la plage. Et ça, il y a pire.

Ah oui, c’est sûr qu’il y a pire, mais je ne peux pas me plaindre, j’ai passé un super stage

D’accord, et comment tu l’avais trouvé, ce stage ?

Je ne me rappelle plus du site, mais c’était un forum français pour la Thaïlande, désolé, je ne me rappelle plus du nom, mais j’avais fait des recherches là-dessus parce que souvent, ils postaient de petites offres de stage, de boulot de manager. C’est l’un des premiers qui apparait donc quand on tape “forum Thaïlande “ Je ne me rappelle toujours plus, parce que ça remonte à trop longtemps donc je ne me rappelle pas. OK, je me rappelle, c’est Gavroche Thaïlande…

D’accord, on mettra le lien sur le blog alors. Du coup, ce stage t’a plu, c’est ça ?

Oui, ça m’a plu, c’était très intéressant. C’était bien de travailler dans d’autre condition ailleurs qu’en France et de voir comment ça se passe là-bas. Ça nourrit notre culture au passage puisque pour moi c’était important et c’est aussi une des raisons pour lesquelles j’ai aussi choisi le BTS tourisme. Donc voilà, c’était une super expérience et encore plus avec la semaine à Chiang Mai qui a suivi.

Donc après ton stage tu as profité pour rester un peu plus longtemps et découvrir Chiang Mai. C’était la première fois que tu étais allé. C’est ça ?

Oui c’est ça.

Et qu’est-ce qui s’était passé quand tu y étais allé, tu as accroché direct ?

Oui, en fait quand je suis arrivée, je crois que c’était le lendemain, je suis arrivé le matin très tôt et le lendemain, je partais faire une méditation de cinq jours au temple de Doi Suthep qui était sur les grandes collines et petites montagnes qui entourent Chiang Mai. En fait c’était un truc que je voulais faire depuis un moment, j’avais réservé pour faire ma méditation de cinq jours et après il me restait trois ou quatre jours à passer à Chiang Mai. Et en fait, d’avoir commencé par la méditation et après d’être retourné en ville et d’avoir trois ou quatre jours qui me restaient, j’étais ouf, je n’aurai pas pu me sentir mieux en fait. C’était vraiment, ça m’a permis de vivre une superbe expérience à Chiang Mai.

J’ai rencontré des gens très sympas, l’État est adorable, tous les marchés, la nourriture, la culture, les temples, l’atmosphère, c’est une atmosphère très relaxe. C’est très dur de stresser dans cette ville en fait. On se rend compte qu’on ne peut être que détendu et voilà c’est une ville qui est assez grande, c’est la deuxième plus grande ville après Bangkok, mais on n’a pas du tout ce sentiment-là parce que la ville est très étalée et c’est entourée de petites montagnes et il y a plein de nature tout autour. C’est une ville aussi assez jeune, il y a des cafés partout. Voilà, c’est très facile de circuler, tout est plat. Dès l’aube, c’est génial et voilà. J’en suis tombée amoureuse à tel point que quand je suis parti, j’ai même pleuré et je me suis dit, je rentre en France, passé mon diplôme. Il me restait trois mois pour passer mon diplôme et après j’y retourne l’été, donc voilà. C’était la deuxième fois où je suis retourné. Je suis retourné passer l’été 2012 à Chiang Mai.

OK, donc tu es revenu en France, mais tu as tellement aimé Chiang Mai que tu y es reparti.

Oui c’est ça.

Quand tu es retourné à Chiang Mai, qu’est-ce qui s’est passé, tu étais resté combien de temps et qu’est-ce que tu as fait ?

Donc, je suis resté trois mois en tout et donc mon projet, c’était de revenir à Chiang Mai, de trouver une maison que je pouvais partager avec une ou deux personnes. Du coup, ça s’est très bien fait puis que j’avais un ami Thai et j’ai rencontré une autre personne qui voulait faire la même chose que moi, du coup on a trouvé une superbe maison en plein centre de la ville. Une vielle tout en bois avec le style Thaï et voilà, en fait je ne sais pas si tu connais le CouchSurfing.

Ouais je connais bien.

Voilà et en fait une semaine après que je sois arrivé, tous les vendredis à Chiang Mai, le vendredi soir, il y a le CouchSurfing meeting, du coup, j’y suis allé. Cette soirée-là je me suis trouvé assise à côté d’un Américain qui allait être, mon futur petit ami, et c’était un, comment on appelle ça, un computer programmeur.

Un développeur.

Un développeur voilà. C’est les mots en anglais qui viennent d’abord…, euh oui donc un programmeur et en fait c’est lui qui fait m’a fait connaitre ce style de vie de nomade digital, de pouvoir travailler tout en voyageant depuis ton ordinateur. En fait, moi ça m’a mis la puce à l’oreille. J’ai rencontré deux ou trois autres personnes qui vivaient à Chiang Mai qui faisait la même chose et du coup, moi je me suis dit, ça c’est un truc qui me parle et il faut que j’y réfléchisse sérieusement. Donc pendant les deux mois où j’étais ici, j’ai profité de mon voyage, j’ai bougé beaucoup, je suis allé au Laos, donc ce n’était pas forcément la priorité, mais ça me trottait et je m’étais dit, je me laissais quelque temps pour y réfléchir. Quand je suis rentrée en France en novembre, puisque j’étais allé entretemps au Népal pour un voyage et quand je suis rentré en France en novembre, là, je me suis inscrite sur un site de Freelance qui s’appelle Odesk comme traductrice. Donc, je faisais de la traduction anglais-français. Donc là, j’ai attendu un mois, j’ai été bien patiente durant un mois d’acharnement pour décrocher mon premier job. Donc c’est sûr que quand on vient de s’inscrire sur un site comme ça, il faut être patiente, parce qu’il faut pouvoir être démarqué des freelanceurs qui ont déjà des boulots et des feedbacks. Donc du coup, voilà j’ai mis en avant mon profil avec tout ce que je pouvais et j’ai même, moi. De mon côté fait des traductions gratuitement pour pouvoir le mettre sur mon portfolio et du coup, voilà, j’ai décroché mon premier job après un mois.

Donc tu étais en France.

Oui, j’étais en France, donc je ne savais pas pour combien de temps, mais je savais que je voulais retourner à Chiang Mai l’année d’après. Pour moi, l’objectif en rentrant en France était vraiment de commencer à bosser en ligne et de pouvoir me faire un peu d’argent. Je n’avais pas à l’idée, combien de temps ça allait me prendre, mais je m’étais dit, voilà, d’ici six mois, je vais être capable de gagner assez d’argent par mois pour retourner vivre à Chiang Mai, c’était mon objectif. Donc, il fallait que je compte 400 à 500 euros par mois. C’était le strict minimum. Donc j’ai décroché mes premiers boulots et en fait c’est là que ça devient intéressant. Au bout d’un mois seulement, c’était donc en fin décembre 2012, j’ai un de mes clients qui m’a demandé d’enregistrer un texte que j’avais traduit. En fait, moi, j’avais fait ça avec mon petit mp3 à l’époque, mais je me suis éclatée et le client était très content. Il m’avait dit que j’avais un ton, qu’il aimait beaucoup le ton de ma voix et que voilà, c’était assez agréable et moi, de mon côté, je me suis dit qu’il faut peut-être que j’explore ça parce que ça m’a vraiment plu, j’étais à l’aise pour m’exprimer et du coup c’est comme ça que je suis tombée dans la voix off.

Donc, un client va te demander d’enregistrer et puis tu t’es rendu compte que tu pouvais aussi faire autre chose que de la traduction, mais aussi des voix off, c’est ça ?

C’est ça, la voix off, et du coup, j’ai commencé à faire des recherches sur internet et je me suis dit, bon, je n’aurai pas le temps ni vraiment l’envie de faire une école, une année entière et en plus très cher et sur paris, ce n’était pas du tout ce qui me bottait en ce moment-là. Donc j’ai fait des recherches pour pouvoir apprendre en ligne, c’était possible quoi et en fait c’était le cas. Il y avait une école de voix off française qui avait été créée par une voix off française très connue, qui fait des voix d’ « un dîner presque parfait » et beaucoup de publicités, principalement sur M6, il s’appelle Lorenzo Pancino. Du coup, je me suis inscrite sur sa plateforme. On avait un choix entre programme débutant, intermédiaire et VIP, du coup moi j’ai fait débutant. C’était un cours très attractif et du coup, je me suis motivée à fond pour travailler donc au début surtout, au moins trois heures par jour, à savoir que je faisais ça le soir parce que je bossais à côté, des boulots intérimaires pour me faire des sous. Du coup, il fallait que j’aie une grosse motivation et bon c’était vraiment génial et fait une bonne affaire et on va dire que c’est vrai que j’ai eu de la chance parce que j’avais déjà certaines capacités. On va dire que j’étais prédisposé à faire de la voix off, pour moi, c’était une révélation en fait donc du coup, j’ai fini. Normalement on a accès à la plateforme pendant un an et la formation c’est sur un an et je l’ai fini en quatre mois. J’étais aussi très motivée alors j’ai vite progressé, et puis en même temps, j’ai décroché mon premier boulot de voix off sur ce même site, Odesk. Et donc voilà, ça m’a permis donc d’avoir un bon complément, j’avais la formation et puis des petits boulots qui arrivaient en même temps.

Donc je pouvais appliquer mes connaissances que j’apprenais dans les cours pour les boulots que je décrochais. Voilà, puis en fait, c’était janvier, février, mars, j’ai bossé dur, comme ça pour développer le métier de voix off et puis après, je suis parti aux États-Unis pendant deux mois, donc c’était, fin-avril, mai, juin. Pour tester, on va dire, je rendais visite à des amis un peu partout et j’avais fabriqué ma petite cabine portable de voix off avec mon petit micro USB que j’avais acheté grâce aux sous que j’avais gagnés. En fait, l’objectif était d’avoir un avant-goût de ce qui m’attendait à Chiang Mai donc de voyager et de travailler en même temps. C’était une superbe aventure et j’ai appris beaucoup et très formateur. En même temps, j’ai visité pas mal d’États, je me suis éclatée et donc voilà je me suis dit : bon, j’aime ça donc je repars à Chiang Mai à la fin de l’été.

Juste pour ceux qui ne savent pas forcément, une voix off, c’est quoi ?

Alors, les voix off en fait, ce sont des voix qu’on entend, mais qu’on ne voit pas forcément. Donc c’est en gros toutes les voix qu’on entend comme les pubs télé, à la radio. Souvent les gens qui ne connaissent pas, le premier exemple qu’ils donnent ; ah oui, la voix de la SNCF, oui exactement c’est ça, c’est une voix off. Moi principalement, ce que je réalise comme voix off, c’est tout ce qui est, les vidéos marketings qu’on voit beaucoup sur internet pour les entreprises qui se lancent, qui lancent un produit ou des services, ça, j’en fais beaucoup. Je fais aussi pas mal de voix off pour les messageries téléphoniques pour les entreprises aussi, souvent en français, mais aussi en anglais et français pour les clients canadiens et je fais aussi pas mal d’applications mobiles donc histoires pour enfant, jeux éducationnels, ça aussi j’en fais beaucoup. Après, un petit peu de radio, de podcast n’est-ce pas.

À savoir que Marion a fait l’introduction du podcast que vous entendez. D’accord tu fais une grande variété de voix, tu fais ça en français, mais en anglais aussi.

Oui, c’est vrai, souvent je fais de la voix off anglaise avec un accent français puisque c’est ce que les clients veulent en général. Et puis en fait, 70% de ma clientèle parlent anglais alors du coup j’ai plus d’opportunité de réaliser des voix off en anglais avec un accent français, voilà.

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Justement au niveau de ta clientèle, tu disais que tu trouvais en partie tes clients via Odesk notamment au début. Tu as continué à utiliser ce type de plateforme pour te trouver des clients ou bien ça à un tout petit peu changé dans le temps ?

Alors j’ai gardé Odesk, mais en juillet 2013, et donc ça faisait à peu près six mois que je faisais ça et je me suis inscrite sur un autre site qui s’appelle Elance, là, j’ai vu qu’il y avait pas mal d’offres de voix off et c’est intéressant parce quelques mois après, ils ont fusionné avec Odesk, donc maintenant, ils travaillent en quelque sorte ensemble. Mais j’ai beaucoup plus de boulot sur Elance maintenant que sur Odes, plus d’offres sur Elance. Mais aussi donc quand je suis retourné en Thaïlande fin septembre, l’année dernière, je me suis inscrite sur Fiverr.

Sur Fiverr, les gens connaissent moins, quand je dis les gens, c’est tous aussi les Français parce que c’est tout en anglais. Mais par contre, c’est très sympa parce que c’est des services que des gens vendent à partir de cinq dollars. Pour cinq dollars, on peut avoir de tout, il y a de la voix off, de la traduction, de la création du site web ou aussi du SEO, voilà, plein de choses, même des choses qu’on ne peut même pas imaginer. Des fois, des gens ont des idées, ils peuvent fabriquer quelque chose pour vous et vous l’envoyer, impressions T-shirt, on peut trouver de tout et donc à partir de cinq dollars et moi j’ai commencé à proposer mes services de voix off là-dessus. Petit à petit, ce qui est génial avec Fiverr, c’est que ça m’a permis d’avoir beaucoup de clients différents, de petits jobs, voilà de petit gig, comme ils appellent ça, de petits gig. J’avais une moyenne entre cinq et dix gig par jour donc c’était assez énorme et fait ça m’a permis d’agrandir mon portfolio. Et ça c’était génial parce que grâce à ça, j’ai pu créer mes démos et puis après les mettre en ligne sur ces autres sites où je travaillais pour me démarquer un peu mieux, voilà.

D’accord donc c’est Odes, Elance et Fiverr. Actuellement, avec les gens avec qui tu travaillé dans le passé, tu passes par cette plateforme-là où tu as des jobs en direct avec d’autres gens ?

Au fait je bosse toujours avec ces sites de freelance, mais maintenant j’ai aussi des clients qui travaillent avec moi directement et qui me contactent par mon site internet, du coup j’ai lancé mon site en février de l’année dernière, cette année pardon, donc ça va faire bientôt un an. Et maintenant, ça prend plus de par contre, mais j’ai en effet beaucoup plus de trafic maintenant et beaucoup plus de clients qui me contactent directement.

Donc, c’est tout bénéfique pour toi et pour le client quoi ?

Oui, c’est ça parce que du coup, il n’y a pas tout ce qui est frais parce qu’il faut savoir que Odesk et Elance prennent en moyenne 10% sur le tarif fixé,et Fiverr, c’est le pire. Bien que, pour cinq dollars, Fiver garde un dollar. Donc on va dire que Fiverr, c’est moins intéressant en terme d’argent de ce qu’on peut gagner, mais après par contre c’est pour ramasser des clients. Ce n’est pas mal parce que j’ai après des clients qui avaient des gros projets pour qui je travaillais d’abord sur Fiver et après, quand ils ont des gros projets, Five ce n’est pas intéressant, et du coup, on a réussi à collaborer en dehors. Donc voilà, maintenant ils travaillent directement avec moi, avec mes tarifs parce qu’ils sont contents du résultat et ça c’est bien aussi de pouvoir continuer à collaborer avec certains clients en dehors quoi, voilà.

Question plus pratique, parce que tu fais de la voix off, je suppose que tu as du matériel plus ou moins professionnel pour enregistrer. Tu peux me détailler justement comment tu fais ? Si tu as un ordinateur, tu as un micro, tu parlais de cabine tout à l’heure, comment ça se passe ?

Je parlais de quoi ? Pardon ?

De cabine.

Ah oui, de cabine, oui, alors du coup, donc j’ai un mac, je travaille avec un logiciel donc de retouche audio, enfin d’enregistrement qui s’appelle “logic pro“ après pour le micro, je travaille avec un des meilleurs micros du marché qui est un “Newman TLM 103“ c’est comme ça qu’il s’appelle, voilà et je travaille aussi avec une cabine voix off portable qui a été conçue par une voix off américaine. Donc, c’est une cabine qui a été donc créée pour les voix off qui voyagent, ce qui est assez exceptionnel. Elle ne prend pas beaucoup de place, elle est très légère, et elle se zippe et se dé zippe. Donc en fait quand elle est montée, c’est un peu comme un cube avec la mousse acoustique à l’intérieur qui est une mousse oral Exe, c’est la meilleure marque, vraiment la meilleure qualité qu’on puisse avoir. Voilà, je travaille avec cette cabine, mon micro, et puis mon ordinateur et je travaille depuis chez moi et ça, c’est chouette, voilà.

Comment tu organises ton emploi du temps, ton temps de travail et le temps où tu fais autre chose, etc. ?

En fait, ça varie de semaine en semaine, par exemple, quand je suis rentré du Népal le mois dernier, la première semaine a été très chargée puisque j’avais des clients qui m’attendaient impatiemment du coup, ils m’ont tout donné en même temps. Donc on va dire, je n’ai pas fait un temps plein par contre, on va dire que j’ai dû bosser 30 heures cette semaine-là et par contre, la semaine d’après, c’était très calme, j’ai peut-être bossé 10 heures. Mais par contre, moi ça me convient complètement parce que j’ai aussi, il y a plein de choses que j’aime faire en dehors de la voix off, comme profiter, aller faire du yoga ou explorer un peu Chiang Mai, profiter des amis, rattraper un peu le temps perdu après être partie au Népal, donc c’était plutôt bien. J’ai toujours du boulot régulièrement.

Ce qui est bien, c’est que je ne suis jamais, on va dire à temps plein, moi, ça me convient très bien et je gagne bien ma vie et donc, je ne vais pas me plaindre. Après en ce qui concerne mon emploi du temps, quand je travaille, quand je fais mes enregistrements, c’est le matin. Donc, moi le matin, on va dire que, je commence à travailler entre 8H30 et 9H. Voilà, je suis chez moi, je fais mes enregistrements, tout ce que j’ai a faire pour la journée et après je vais dans un café, je déjeune d’abord, j’ai le lunch, et après en début d’après-midi, je travaille dans des cafés, je fais tout ce qui est retouche audio de mes enregistrements, voilà. Donc, c’est sympa, ça me permet d’avoir un rythme pas trop routinier, comme ça je peux travailler un peu chez moi et après je travaille ailleurs. Je prends mon vélo, ça me fait faire en même temps un peu d’exercice pour aller au café. Voilà, c’est comme ça que se structurent mes journées de travail en général.

D’accord ! Et tu bosses le weekend alors ou pas ?

Non, je ne travaille plus le weekend. Le vendredi, fin d’après-midi, c’est fini, donc, mes clients le savent ou alors s’ils m’envoient quelque chose alors je leur dis que voilà, je suis disponible dès lundi et de toute façon maintenant, à chaque fois que je réponds à des offres ou que je postule, je précise bien qu’il faut compter trois jours. Je délivre mes fichiers audios sur trois jours hors weekend donc, au moins, les gens, ils sont avertis et ils le savent.

OK, d’accord donc tu travailles 20 ou 25 heures peut-être par semaine ?

Même moins que ça.

Même moins que ça ?

Je dirai en moyenne 15 heures.

Tu dois être efficace dans ton travail, et tu ne passes pas ton temps à faire des choses inutiles. Tu arrives à vivre confortablement à Chiang Mai même en travaillant 15 à 20 heures par semaine ?

Oui, oui, surtout à Chiang Mai. On va dire, chaque mois, change, il y a des mois où c’est moins intéressant et d’autres mois où ça explose comme le mois dernier où j’ai vraiment fait un très bon mois. Mais en moyenne, du coup on arrive à la fin de l’année, on va dire en moyenne cette année j’ai dû gagner peut être 1200 euros par mois, c’est ma moyenne. Donc c’est quand même pour 15 heures par semaine, c’est plutôt bien.

C’est plutôt pas mal, en plus à Chiang Mai, ton budget ne doit pas être beaucoup plus élevé que 500 ou 600 euros.

C’est exactement ça, on va dire que c’est 600 euros par mois que je dépense entre loyers et toutes charges comprises, les repas, parce que mine de rien, on mange toujours dehors. Moi je mange quasiment tout le temps dehors et plus les cafés et tout ça, des petits plaisirs de temps en temps. Les weekends, on va explorer avec des amis, on va passer des weekends dans d’autres villages, d’autres villes où ça nous revient peut être entre 30 ou 50 euros le weekend. Avec ça, voilà, le mois, je dépense à peu près 600 euros.

OK, donc en gros, la moitié de tes revenus tu peux les mettre de côté pour d’autres projets ou d’autres voyages.

C’est ça, exactement.

OK, ça me semble plutôt bien.

Franchement je ne vais pas me plaindre je suis très contente de la vie que j’ai aujourd’hui, après cet été, j’ai vécu dans les hautes alpes en France j’étais rentré en France entre mars et fin août. En fait, j’ai vécu trois dans les hautes alpes et j’ai pu en fait partager une jolie maison de chalet et payer un loyer avec pareil, le même revenu donc forcément, c’était plus short, mais en même temps. J’avais une vie très simple et donc mon argent partait dans la bouffe principalement, il faut le dire et puis dans les Hautes-Alpes c’était super, parce que c’était des marchés tout le temps. Tout est local, les légumes, la viande, le fromage, donc en fait et puis bio. En fait je dépensais un peu plus pour la nourriture et après c’était vraiment un plaisir pour moi de cuisiner. Après, l’argent, c’était mon loyer qui était à peu près on va dire 300 Euros par mois et puis l’essence mine de rien parce que l’essence, on sait qu’en France ça coute cher donc c’était comme ça que je dépensais mon argent principalement et en fait au final je m’en suis très bien en sorti, j’ai quand réussi à économiser et donc voilà. Je ne suis pas allé à Paris.

À paris, tout est beaucoup plus cher, mais pour les Hautes Alpes, ça suffit. Pour les personnes qui t’écoutent et qui se demandent si la voix off c’est pour eux et qu’ils aimeraient bien essayer, etc., est-ce que t’aurais des conseils justement pour eux, pour rentrer dans ce type de métier là ?

Je sais souvent que quand on commence à être voix off, ce qui nous mène à ça, c’est qu’on aime jouer avec sa voix, on est à l’aise, on est à l’aise à l’oral, on sait s’exprimer, on a une bonne articulation. Je dirai que oui, jouer avec sa voix c’est assez important parce que c’est ce qu’on fait au final quand on est voix off pro, il faut être capable d’adapter sa voix à différent ton, différent style, faire des voix différentes, donc des voix d’un peu plus d’enfants, ou des voix de personnages variés. Donc oui, déjà il faut avoir déjà un goût pour ça après, avoir une belle voix, ça ne suffit pas parce que souvent c’est ce qu’on a tendance à croire, mais c’est beaucoup de techniques, donc on peut avoir une jolie voix, mais ne pas savoir comment l’utiliser. Donc après je dirai comme pour tout autre métier d’ailleurs, moi je dis qu’il faut vraiment avoir, de la passion et patience, c’est très important donc, la patience d’apprendre, d’investir du temps dans ça parce qu’on ne devient pas voix off du jour au lendemain, ça, c’est sûr et puis après, passion parce que c’est sûr que pour ce genre de métier, si on n’ a pas la passion, on ne peut pas vraiment vous ressentir derrière le micro quand on enregistre, il faut qu’on soit dedans on a des émotions à véhiculer donc, c’est tout un art, c’est un travail qui s’apprend donc voilà pareil. Passion, patience, c’est ma formule secrète.

On arrive à la fin de l’interview, je voulais savoir comment tu vois le futur, si tu avais de nouveaux projets ou d’autres envies de voyage dans les mois ou les années avenir.

Pour projet de voyage, en fait mon projet pour l’instant c’est que dans quatre jours, je serai à Chiang Mai jusqu’en fin janvier, après, je vais rentrer en France peut-être deux mois. Profiter de la famille, reprendre mes repères, travailler depuis chez moi là-bas et puis d’ailleurs voir l’hiver parce que ça fait longtemps que je n’ai pas vu l’hiver en France. Après j’ai prévu de repartir un mois au Népal, donc ça serait encore des vacances pour moi. Un mois au Népal pour faire un nouveau trek parce que j’y ai été cette année-là en octobre. Ce voyage était vraiment génial parce que ça m’a permis de réaliser et de prendre du recul justement sur ce que je voulais faire de ma vie, ça m’a permis de me rendre compte que la voix off, ça me convenait très bien et que justement je ne voulais pas non plus oublier que ma priorité, ce n’était pas de travailler beaucoup et de faire beaucoup d’argent, mais de faire un métier qui me plait et qui me permet de faire justement des choses comme j’ai fait là de partir au Népal, donc profiter aussi de ce temps-là pour moi. Je compte repartir en avril faire un autre trek et puis après le printemps, je suis assez ouverte et donc pour l’instant, surement je resterai en France parce que le printemps en France, dans le sud c’est assez sympa, dans les montagnes aussi, dans les hautes alpes.

Par contre mon gros projet là pour l’instant c’est de repartir passer l’été aux États unis au Colorado. Donc, j’ai prévu de vivre à Durango où j’ai deux amis là-bas, et de trouver un appartement à partager avec des gens, puis de vivre de ma voix off, pareil. Mes petits 15 heures par semaine et le reste du temps, d’explorer, faire des randonnées, à fond parce que c’est une ville qui est au cœur des montagnes et voilà, moi c’est ce qui m’attire et qui me plait. Donc, c’est le projet, c’est le projet pour l’année prochaine, voilà. Donc, oui je réponds à ta question, en termes de projet, plus niveau boulot en termes de carrière, disons que travailler de cette façon, me convient entièrement. Après pour développer ma carrière, je sais très bien qu’il faudra que je me pose un jour et surement que j’ai un home studio digne de ce nom, que j’investis vraiment du temps et de l’argent dedans, pour travailler dans d’excellentes conditions et forcément partir un peu moins à l’aventure. Je sais que ça viendra, mais pour l’instant ce style de vie me convient parfaitement et j’aime les choses simples et donc pas besoin de chercher à gagner trop d’argent non plus, voilà.

OK, on va finir sur ces belles paroles. Merci beaucoup Marion de m’avoir accordé ton temps et pour toute ton histoire et tes conseils précieux. Je te souhaite bon voyage, tu n’es pas encore partie, mais en tout cas de passer du bon temps l’année prochaine dans tous ces pays.

Merci beaucoup à toi Michael j’étais ravie de discuter avec toi, très aimable, et je te souhaite aussi beaucoup de réussite dans tous tes projets. En espérant bien évidemment parce que le but de toutes ces interviews, c’est d’inspirer les autres à faire des choses qu’ils aiment en espérant que je puisse apporter un peu d’inspiration à tes auditeurs.

OK, ça marche, merci beaucoup et à bientôt.[/expand]

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A propos de l'auteur Voir tous les articles

Michael

Auteur et Entrepreneur nomade, Michael est le créateur de Traverser La Frontière. Passionné de voyage, il a créé ce site pour aider et inspirer tous ceux qui ont envie de voyager, partir vivre à l’étranger et changer leur vie.

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