Traverser la frontière

Auteur -Michael

La claque du Cap-Vert : Un trek inoubliable de 10 jours à Santo Antão

Une claque.

Voici le seul mot qui me vient à l’esprit quand je repense à ce voyage au Cap-Vert.

Archipel méconnu au large des côtes du Sénégal, ce pays tranquillement installé en plein océan Atlantique est réputé authentique, magnifique et avec une chaleur humaine étonnante. Il était temps de faire un tour dans ce pays depuis trop longtemps resté dans un coin de ma tête.

C’est à la fin du mois mars 2018 que nous avons passé avec Rémi deux semaines au Cap-Vert. Deux semaines à parcourir les iles de Santiago, São Vicente et Santo Antão. Et deux semaines à se surpasser.

Nous aurions pu nous prélasser sur une plage paradisiaque à siroter des cocktails parfumés au rhum, mais nous avons choisi la difficulté. Un défi physique et humain au bout du monde nous attendait.

Notre objectif était simple : traverser à pied et en autonomie l’ile de Santo Antão.

Le Cap-Vert, troisième étape africaine

Après le Maroc et le Sénégal, le Cap-Vert est la troisième étape de ma découverte de l’Afrique.
Trois pays et trois ambiances totalement différentes.

Mon coup de cœur va au Cap-Vert, cette ancienne colonie portugaise nous offrant un mix savoureux entre l’Afrique et l’Europe. Avec d’un côté, une modernité étonnante, une forte richesse culturelle et une sécurité garantie. Et de l’autre, une chaleur humaine, une passion de la musique et une douceur de vivre à faire oublier la vie stressante des villes occidentales.

Dés mon arrivée à Praia, la capitale du pays, je prends une énorme bouffée d’air. Après 3 mois au Sénégal, une heure de vol m’a fait changer de monde. L’Afrique toujours, mais radicalement différente.

Fini le bordel, la saleté, le bruit incessant, les voitures hors d’âge, les interpellations infinies et les mosquées braillant à chaque coin de rue. Les mauvais côtés de Dakar s’évaporent.

À Praia, les rues pavées sont impeccables, les maisons colorées, les plages dorées, l’air pur et on y ressent une grande tranquillité. J’ai pu marcher deux heures à travers la ville, sans être interpelé une seule fois. Chose impossible au Sénégal.

Rémi me rejoint dans la soirée puis nous explorons furtivement l’ile Santigao les deux jours suivants.

Du côté de Cidade Velha au sud et Serra Malagueta plus au nord. Nous y ferons une bonne randonnée d’entrainement pour tester la solidité de nos jambes.

Pour info, Rémi est mon cousin et il est aussi blogueur voyage sur CapitaineRemi.com

Ici, la nature est préservée, les transports dans les aluguers (van collectif) sont faciles d’accès et peu couteux. Bons commerçants, les Capverdiens viennent jusque dans l’aluguer pour proposer leurs produits, sans jamais trop forcer. Je me suis même fait offrir un gâteau par une mama toute souriante, car je n’avais pas de petite monnaie.

Je reprends du plaisir à parler portugais et entendre ces sonorités qui me rappellent de jolis souvenirs de mon passage au Brésil 3 ans plus tôt. Nous découvrons aussi la cachupa, plat national capverdien à base de haricots, de maïs et de viande, qui nous suivra tout au long de ces deux semaines.

Quarante-cinq minutes d’avion suffisent ensuite pour rejoindre Mindelo, capitale de l’ile de São Vicente.

Surplombée par de jolies montagnes, cette ville avec ses places piétonnes, sa marina et sa vie nocturne auraient mérité un peu plus de temps…

On profite de Mindelo pour s’acheter une carte de Santo Antão afin de définir un itinéraire de notre traversée. On se rend compte que notre préparation était bien trop légère. Nous ne savons pas vraiment quel chemin suivre pour ce trek et ce qu’il nous attend de l’autre côté du détroit.

Vila da Pombas : un départ explosif

Jour 1

Une heure de traversée en bateau suffit pour rejoindre Porto Novo, sur l’ile de Santo Antão. Puis nous prenons un aluguer sur une route côtière flambant neuve pour rejoindre Vila da Pombas, le point de départ désigné du trek.

L’objectif est simple : parvenir à la façade ouest de l’ile, au village de Monte Trigo.

Située à l’est de l’ile, Vila da Pombas donne sur la vallée de Paul, incontournable à faire à Santo Antão. Nous y débarquons vers 16H, le soleil encore haut. Malgré l’attrait de dormir ici, au bord de la mer, une idée folle surgit.

« Et si nous partions maintenant ? » me lance Rémi.

Ce n’était pas vraiment prévu dans le plan et j’hésite quelques secondes avant de lui répondre : « Vas-y, on décolle ! On peut surement marcher 2/3 heures avant qu’il ne fasse trop sombre. »

Avec une motivation et une énergie folle, on se met en marche rapidement.

Sans point d’arrivée, on avance le sourire aux lèvres, on dit bonjour à tous les passants et l’on contemple l’entrée de cette vallée qui me bluffe dès les premiers hectomètres. On passe rapidement d’une route goudronnée à un petit chemin qui remonte une rivière asséchée et fait office de sentier de randonnée.

C’est très vert. Des plantes surgissent de partout. Beaucoup de bananiers de manguiers ou cannes à sucre avec l’eau qui s’écoule par d’ingénieux systèmes d’irrigation. Une chienne et son acolyte en rut décident de nous suivre gaiement dans cette jungle.

Rempli de dopamine, on ne sent même pas le poids du sac, surement trop lourd, durant ces premières heures.

Lorsque le soleil commence à se replier derrière l’autre versant de la montagne, la luminosité baisse et on se trouve un petit coin pour planter la tente. Nous sommes clairement à la vue de tous les passants, mais outre quelques curieux venus nous dire bonjour, l’endroit demeure tranquille.

Rémi sort son réchaud artisanal, fabriqué avec deux canettes, pour préparer un plat de nouilles déshydratées. Le premier d’une longue série durant ces dix jours de trek… À 21H, c’est repu que l’on s’endort dans notre sac de couchage.

Notre nuit aurait pu être d’une tranquillité parfaite, mais la chienne qui nous a suivis a décidé de dormir avec nous et de nous protéger coute que coute. À chaque fois qu’un passant allait d’un village à l’autre, elle court vers lui pour aboyer fièrement. Et à chaque fois… elle nous réveille.

Entre aboiements du chien et ronflements de Rémi qui s’endort comme une masse, ma nuit est assez agitée.

Jour 2

Au petit matin, sans être reposé à 100%, on se réveille avec le soleil. Encore niché derrière la montagne, il colore le ciel en violet pour virer doucement au jaune à mesure que les minutes passent. À 300 mètres d’altitude, nous pouvons apercevoir le chemin parcouru et cette vallée de Paul, encore endormie, s’étend tranquillement devant nos yeux.

Pour cette deuxième journée, nous décidons d’aller jusqu’à Pico da Cruz.

Sur la carte, ce village ne parait pas très loin et dès 8H, nous partons à l’assaut de ce challenge. Après 30 minutes de marche dans la vallée, nous tournons à gauche à Cabeça de Figueiral et c’est un enfer d’une beauté magnifique qui s’offre à nous pour le reste de la journée.

Un enfer, car à partir de ce moment, les pentes sont terribles et nous n’aurons aucun répit, nous montons sur 1300 mètres au total. Le chemin en pavés grimpe fort, certaines marches nécessitent 10 secondes à franchir et chaque fois que l’on croit que la fin se rapproche, le chemin monte encore, à l’infini.

Heureusement, le paysage est prodigieux. Toutes les 2 minutes, j’hésite entre prendre une photo et continuer à monter. Plus on monte, plus la vallée se dévoile et plus ma fréquence de « putain c’est trop beau » augmente. Je n’avais jamais vu de tels paysages, de telles montagnes tombant à pic.

On croise quelques villageois sur le chemin qui nous rassure sur le chemin en criant « Pico da Cruz ». On se rend alors compte que nous avons largement sous-estimé le chemin à parcourir. Le dénivelé est tellement fort que chaque mètre constitue une victoire.

Au trois quarts du chemin, Rémi n’est pas bien. Son corps fatigue et il veut s’arrêter. Ayant encore un peu de force, je veux continuer, avant de me rendre compte quelques minutes plus tard que nous n’avions pas effectué de vraie pause depuis notre départ. On trouve alors un coin d’herbe à la vue superbe pour se ravitailler et faire une sieste bien méritée. La chienne qui nous suit toujours dort entre nous deux.

Au réveil, on se demande bien si on va y arriver. L’eau commence à manquer et notre corps a besoin d’un sérieux boost d’énergie. On monte au mental pendant encore 1H avant d’arriver dans une étonnante forêt de pin. Alors que nous marchions dans un climat de plus en plus aride et sous un soleil de plomb, nous accueillons cette forêt comme une bénédiction. L’odeur y est plaisante, le chemin plus doux et l’ombre salutaire.

Au détour d’un virage, on aperçoit une route pavée, puis des habitations, Pico da Cruz se dévoile devant nos yeux.

Je file dans la première boutique venue pour acheter deux bouteilles d’eau et des gâteaux secs, puis m’écroule dans un coin à l’ombre. Mes cuisses sont en feux et le corps épuisé. Mais à cet instant précis, je suis heureux, assis comme un clochard, mes vêtements remplis de sueur, avec une mine hagarde. Maintenant, on peut se détendre.

Enfin, c’est ce que je croyais.

Un peu plus bas, une fête bat son plein en ce dimanche après-midi.

Rémi négocie un vrai repas et on s’en met plein la panse. On nous propose des verres de rhum toutes les 5 minutes, mais je les refuse tous en leur disant « on a encore une ile entière à traverser à pied ! »

La musique embraye, les gens dansent, papotent, dans une extrême bonne humeur et une simplicité qui fait plaisir à voir. Ça fait des discours, ça ouvre des bouteilles, ça coupe des gâteaux, ça drague gentiment. Je m’essaye à quelques pas de danse, mais les jambes répondent difficilement.

Au moment de partir, la responsable refuse catégoriquement que l’on paye quoi que ce soit et c’est ébahi que nous partons à la lisière du village, pour installer notre camp pour la nuit. À côté d’une église, devant un panorama à faire pâlir les meilleurs hôtels du monde, la montagne s’enfonce paisiblement dans la mer.

Au moment de faire le point, on se rend compte que nous avons réalisé une énorme étape.

Seulement 7 kilomètres, mais avec 1340 mètres de dénivelé. Heureusement que nous avions marché hier, sinon je ne sais pas si nous aurions atteint Pico da Cruz en marchant tout d’une traite.

La chienne, désormais baptisée « Santa » par Rémi, traine toujours entre nos pattes et a grimpé cette montagne sans ciller. Elle dormira encore une fois près de nous et nous réveillera une dizaine de fois au cours de cette nuit bien fraiche.

Jour 3

À plus de 1500 mètres d’altitude, on s’est bien caillé dans nos sacs de couchage pas du tout adapté au froid. Mais c’est plein de volonté que l’on repart pour notre troisième étape. Après une telle montée, nous pouvons tout affronter ! Le sentiment de bien-être est là même si les mollets piquent déjà !

Du faux plat descendant sur la crête reliant Cova de Paul se trouve au programme ce matin avec une double vue à couper le souffle : à droite, la vallée de Paul dans toute sa longueur, de l’autre, vue sur Porto Novo donnant sur la mer et l’ile de São Vicente au loin.

Redescendus à 1300 mètres, nous attaquons une descente qui doit nous ramener au niveau de la mer. Je pensais que la descente serait beaucoup plus simple que la montée d’hier, mais je déchante rapidement.

Notre objectif consiste à rejoindre au minimum XôXô que nous apercevons tout en bas, ce village ne parait pas très loin… mais cela signifie juste que la pente est extrêmement raide !

Toujours en pavés, les marches sont parfois si énormes qu’il faut sauter pour les franchir, les lacets très serrés donnent une impression de ne pas avancer. Au début, ça va, mais au bout d’une heure de descente, le poids du sac se fait sérieusement sentir. Sous son poids, la gravité devient plus forte et le choc plus dur pour les articulations. Les genoux d’abord, les chevilles ensuite. Et c’est sans compter les cuisses en contraction permanente.

Tant bien que mal, on descend plutôt rapidement, la perspective d’arriver en ville aidant surement… On arrive dans des champs de canne à sucre, plantés à flanc de falaises, on déambule dans de petits villages, on croise quelques locaux vus hier à la fête.

Je trouve le temps long et les genoux tirent la gueule alors j’accélère le pas pour rejoindre la route principale.

En arrivant en bas, j’aperçois une voiture en stationnement et me dépêche de la rejoindre. Je négocie avec un touriste allemand afin qu’il nous prenne en stop jusqu’à Ribeira Grande.

Nous trouvons un hôtel convenable où nous pouvons enfin prendre une douche, laver du linge et manger comme des rois. On en profite même pour boire quelques bières afin de se féliciter de ces premiers jours. Ce n’était pas de tout repos. On vient de se monter une montagne de 1500 mètres pour la redescendre, chargé comme des mules ! On repense à Santa, que nous avons quitté tout à l’heure. Nul doute qu’elle trouvera de nouveaux voyageurs à suivre dans les méandres de cette ile.

On tente de définir un itinéraire pour la suite du trek, et sans vraiment nous mettre d’accord nous tombons de sommeil.

Cap à l’ouest : l’heure de vérité

Jour 4

Sous la couette vers 7H du matin je me sens bien. Au chaud, reposé, je me dis qu’aujourd’hui est un autre jour, qu’il sera plus calme, que je vais oublier cette montée infinie au-dessus des nuages ou cette terrible descente qui cisaille les genoux.

Mais lorsque je sors du lit et commence à marcher, je me rallonge immédiatement ! Tous mes muscles brulent et j’ai d’intenses courbatures dans les cuisses, les mollets et les trapèzes. À peine je presse mon doigt sur les muscles que j’en ressens une douleur lancinante.

Je regarde Rémi. Lui aussi est courbaturé à mort. Heureusement, la journée qui se présage aujourd’hui semble plus facile. On prend un costaud petit-déjeuner à base de cachupa et de bananes, on boucle nos sacs et on repart de plus belle en espérant qu’en marchant les douleurs s’estomperont.

Au menu de cette quatrième journée : le sentier 212 qui longe l’océan de Ponta do Sol à Cruzinha da Garça. Environ 15 kilomètres pour un circuit vallonné. Après avoir fait du surplace pendant trois jours, nous allons enfin avancer vers l’ouest.

Départ vers 8H30 et changement de décor immédiat en sortant du village : une aridité plus prononcée à gauche, le bleu profond de l’océan à droite, une brise insatiable, un chemin majestueux taillé dans la montagne et beaucoup de passage. Ce chemin, facile d’accès et relativement clément fait la joie de tous les touristes venus en groupe.

Le sentier vallonné traverse de petits villages nichés au creux des falaises et les vues changent en permanence au fil des lacets. Ça monte et ça descend de façon continue tout le long. Vers 13H, on s’arrête sur une plage de galets pour manger un sandwich au thon, tremper nos pieds dans l’eau et repartir vers Cruzinha. Sans être trop difficile, le chemin semble long, le soleil tape fort et les efforts des 2 jours précédents se font sentir en fin de parcours. Je traine la patte et n’ai qu’une envie : boire un litre d’eau et m’allonger à l’ombre.

En arrivant à notre village d’arrivée vers 16H, on se ravitaille dans la seule épicerie et on arrive à s’incruster dans la maison d’une famille pour y manger un gros plat de riz et de légumes, qu’on paiera quelques euros. Rassasié, on prend la décision de continuer la route, de marcher une ou deux heures et prendre de l’avance pour demain.

La route remonte et je ne me sens pas très bien avec mes muscles tout refroidis. On cherche le chemin, mais rien n’est indiqué et on se perd à imaginer des routes dès qu’une trace file à l’horizon.

Sous le coup de la fatigue, Rémi se foule cheville bêtement en sautant d’un muret en pierre avec son sac sur le dos. La journée s’arrête net.

Notre prolongation aura duré 45 minutes et nous décidons de monter la tente. En haut d’une falaise, avec vue sur l’océan devant nous et la montagne dans le dos, le paysage est magnifique. Nous assistons au plus beau coucher de soleil de ce voyage, lorsque le soleil rougit toute l’atmosphère avant de nous dire au revoir.

Jour 5

Au lever, pain et œufs composent notre petit-déjeuner, toujours dans ce décor qu’il est dur de quitter. La cheville de Rémi n’est pas au top, mais il veut continuer. Quant à moi, je suis encore courbaturé, mais mentalement, je suis bien et super motivé pour aborder cette cinquième journée.

L’objectif est de rejoindre Figueiras de Cima, plus à l’ouest et sans le savoir, il s’agit d’une journée « tour de France » qui nous attend. Au menu : un peu de plaine le long de la mer, puis 3 cols secs pour rejoindre l’arrivée, entrecoupée de descentes pour rejoindre chaque vallée où les rivières restent à sec.

L’enchainement s’avère dur physiquement, mais nous sommes bien alimentés et la beauté du décor nous fait passer le temps.

Rémi tient le coup, même si les descentes techniques lui donnent quelques frayeurs. La dernière montée nous casse les jambes, mais petit plaisir, nous trouvons une épicerie où nous ravitailler et avec un point d’eau pour faire une petite toilette.

On monte la tente sur le toit du bâtiment, en plein milieu du village et on dine un succulent couscous aux œufs préparé par Rémi, le cuistot du groupe. Des filles du village et leur grandes sœurs nous tiennent compagnie en faisant le show et nous racontent un tas de choses que nous ne comprenons guère. À 21H, extinction des feux. 14km, 1030 mètres de dénivelé positif, 590 mètres de dénivelé négatif, ce n’était pas une journée facile !

Jour 6

Ce matin, les courbatures paraissent moins fortes que d’habitude, mais le mental n’est pas au rendez-vous. Je n’ai pas bien dormi et une petite tension avec Rémi s’est installée. Il m’a bassiné de bon matin à vouloir tourner des vidéos et m’a ensuite pressé pour décamper rapidement. On a mangé à la hâte des biscuits et une banane puis nous sommes partis pour la sixième journée du trek.

Rapidement, la route s’élève. Sans être aussi forte que les pentes du deuxième jour, il s’agit d’une montée longue, tantôt pentue, tantôt en faux plat, qui ne s’arrête jamais. À chaque fois qu’on espère voir le sommet, de nouveaux lacets se dévoilent devant nos yeux. Le soleil, déjà haut dans le ciel, tape inlassablement.

Nous sommes partis de 500 mètres d’altitude et devons monter à 1500 mètres pour atteindre le haut de la crête de Lombos. Il n’y a personne sur ce chemin où seuls quelques paysans vaquent de village à village.

Rémi reste devant, il fait voler son drone, filme des vidéos et semble avoir la forme. Quant à moi, je sens mon corps fatigué depuis le début de la montée. Sans avoir mal aux jambes, mon corps avance au ralenti, comme si une force invisible me repousse en arrière.

Vers 11H, à 1200 mètres d’altitude, je suis sérieusement à la peine. On a passé les pentes les plus dures et malgré le faux plat montant censé reposer mon corps, les pas sont plus lourds que d’habitude. Je décide tout de même de continuer.

J’aperçois Rémi plus haut, assis sur le côté de la route, en train de filmer. J’avance laborieusement vers lui, un pas après l’autre. Je m’assois à ses côtés, puis mon corps explose. Je tremble, frissonne, pleure. Je ne sens plus mes jambes, ma tête est ailleurs et mon corps vidé.

Je ne peux plus avancer, je ne peux plus bouger.

Scotché sur place, Rémi est au petit soin pour moi. Il me gonfle un matelas, cuisine des pâtes et me force à m’hydrater. Exténué, je m’endors à l’ombre d’un arbre.

Une heure après, le corps remis en état, je repars avec un peu plus d’entrain.

Cependant, l’après-midi reste un supplice lorsqu’il faut descendre une pente vertigineuse de 500 mètres pour entrer dans la vallée d’Alto Mira. Très technique, entre rochers et graviers, au moins deux heures sont nécessaires pour en venir à bout. Les genoux morflent et le danger d’une foulure de cheville jamais loin.

Au courage, je monte les 200 mètres vers Alto Mira 2, puis Alto Mira 3 sous un splendide décor. Le soleil déclinant illumine la vallée verdoyante, couverte de plantations irriguées par de remarquables aqueducs, parsemée de minuscules villages et entourée d’imposantes montagnes rougissantes.

Vers 18H, nous arrivons et trouvons un hôtel où nous passerons la nuit. Il faut récupérer, autant physiquement que mentalement. Un vrai lit, une douche et de bons repas feront l’affaire.

Pour la première fois depuis le début de l’aventure, je n’ai pas pris de plaisir aujourd’hui. J’ai passé la journée en souffrance et me demandais vraiment ce que je fichais ici. C’est aussi une bonne leçon : j’avais trop peu mangé ce matin, mal évalué l’intensité du parcours et n’étais pas bien couvert du soleil.

Je me couche plein de doutes et lorsque Rémi sort la carte, me parle d’itinéraire à parcourir et de rejoindre cette mer, à l’autre bout de l’ile. Je bougonne, la tête ailleurs et surtout pas à marcher.

Jour 7

Au petit matin, on prend un petit-déjeuner costaud, une bonne douche et on récupère nos affaires propres. Mentalement, ça va mieux. On prend la matinée pour se reposer, travailler sur nos photos, vidéos ou texte, et communiquer sur les réseaux sociaux.

Nous partons vers 13H en direction de Chã de Morte. Une courte étape est au programme, afin de ne pas forcer sur mon organisme, bien entamé hier. Pourtant, dés le départ lorsqu’une montée assez pentue, de 300 mètres à peine, se dresse devant moi, je galère.

J’ai vu bien pire, mais le corps ne suit plus. Arrivée en haut, je suis déjà en souffrance. J’ai chaud et doute de mes capacités.

Par la suite, ce qui devait constituer un parcours facile, 6km avec 400 mètres de dénivelés négatifs, devient un calvaire. Rémi trace devant. Impossible pour moi de le suivre. Le paysage est beau, je veux juste m’allonger dans l’herbe, sous ces jolis arbres et dormir. Profiter de l’instant, de ce paysage si paisible. En galérant sur le plat, je remets tout en cause et les pensées négatives envahissent ma tête. Et si je ne pouvais pas finir ce trek ? Et si mon corps en était incapable ?

Rémi tente de me motiver, me dire qu’on approche de la fin. Je tire une gueule de déterré en attendant que la journée se termine et que je puisse me coucher. Je n’ai plus envie de prendre de photos, de parler à la caméra et je ne supporte plus ces allers-retours pour filmer certains plans, qui m’amusaient pourtant au début de ce trek.

On a marché 4 heures, je suis lessivé.

On plante la tente sur une terrasse d’une grande maison et on admire un lever de lune majestueux. Derrière les montagnes, elle s’élève tranquillement dans les cieux alors que de l’autre côté, une grosse boule orangée nous dit au revoir. Un beau passage de flambeau qui émerveille mes yeux fatigués.

Notre hôte, une adorable dame nous prépare un énorme plat de spaghetti au thon, que nous engloutissons en 10 minutes chrono. C’est repu que je me glisse dans mon duvet. Mon esprit lui est tourmenté. C’est la première fois que je subis une telle défaillance, je ne sais pas comment réagir, je ne sais pas quoi faire.

Alors je visualise l’étape de demain, encore et encore. Je me vois grimper cette montée que j’aperçois depuis la terrasse, je me vois arriver tout en haut, conquérant, plein d’énergie. En travaillant sur le mental, le physique suivra peut-être…

Monter au ciel avant d’atteindre la mer

Jour 8

Je prends un petit déjeuner de champion avec deux sandwichs au thon et une banane, puis je m’hydrate à fond. Après 2 journées dans le rouge, je dois mettre toutes les chances de mon côté pour interrompre ce cercle vicieux. Malgré une nuit agitée, pour cause de fête du village bien trop bruyante, mon corps est plutôt reposé.

Après le lever de lune d’hier soir, le lever du soleil, illuminant toute la vallée, est tout aussi magnifique.

Je suis dans mon monde et les relations avec Rémi ne sont pas au beau fixe. Nous avons du mal à communiquer sur nos besoins respectifs et ça se sent. Malgré tout, je dois assurer physiquement, je dois avancer et je dois franchir cette grosse montée de 800 mètres. Cette montée qui nous fera franchir la Bordeira de Norte pour nous ouvrir la voie du Tope de Coroa et ses paysages lunaires.

C’est l’une des montées les plus belles et les plus dures de Santo Antão. Le chemin pavé est parfaitement entretenu et la vallée Ribeira das Patas, nichée entre deux volcans, d’où nous venons se dévoile dans toute sa splendeur.

Je tente de ne pas subir la pente, de monter en confiance et d’arriver en haut sans flancher. Les pentes vont au-delà de 30%, et lors de certains secteurs, nous avons l’impression de faire du surplace.

Mais pas après pas, on avance, ensemble. Le physique tient malgré la difficulté et mentalement je suis préparé à aller jusqu’au bout.

Il nous faut deux bonnes heures, en prenant quelques pauses salvatrices, pour en venir à bout. Une fois arrivés au sommet, nous nous asseyons et contemplons la vallée et cette ville qui parait si petite maintenant. Nous sommes maintenant à 1600 mètres d’altitude et c’est un autre monde qui s’ouvre à nous, la région de Norte, la plus aride et la plus pauvre de l’ile.

Nous entrons dans un petit canyon couleur ocre où nos pieds foulent un mélange de sable et cailloux. Cet univers est nouveau pour nous, il y a plus de poussière dans l’atmosphère et le soleil y est encore plus ardent.

Il nous faut deux heures supplémentaires, sur un faux plat descendant pour arriver à la cooperativa, au pied du Tope de Coroa. Petit village doté d’une épicerie et d’une quinzaine de maisons, c’est le poumon de cette région que les habitants désertent peu à peu, par manque d’eau et de travail.

Nous ne monterons pas au volcan aujourd’hui. Je ne suis pas sûr de mes capacités et il fait maintenant trop chaud. On préfère se la couler douce : parler aux locaux ou bien avec ce voyageur français, retraité et sillonnant le Cap-Vert depuis des années ; cuisiner dans l’épicerie ; explorer un peu les environs ; faire une sieste.

On plante la tente dans le lit d’une rivière, à l’écart du village et nous discutons sérieusement avec Rémi. De ces derniers jours compliqués d’abord, puis la suite du voyage. Le temps presse et nous décidons de garder le cap et filer jusqu’à la mer comme prévu.

Le plan est simple : nous ferons la montée du Tope de Coroa dans la nuit afin de voir le lever du soleil et de profiter de la fraicheur matinale. Puis après une pause déjeuner/sieste, nous entamerons la longue route en direction de la mer et Monte Trigo.

Une fois le plan acté, tout devient plus simple. Nous savons ce que nous avons à faire et je peux encore une fois visualiser mentalement l’effort à fournir. Lorsque la nuit tombe, la lune est pleine à craquer et dans la tente, c’est comme si nous dormions avec un réverbère au-dessus de la tête. Au lieu de nous reposer, nous nous essayons aux photos de nuit, sous un ciel héroïquement étoilé.

Jour 9

Quatre heures du matin, le réveil sonne. On engloutit un petit-déjeuner de pâtes/pois chiches, on planque une partie de nos affaires et nous nous mettons en route. Nous devons maintenant gravir ce Tope de Coroa, volcan culminant à 1979 mètres et qui représente le point le plus haut de Santo Antão.

700 mètres de dénivelé positif nous attendent et c’est avec la lumière de la lune et nos lampes frontales que nous naviguons dans l’obscurité. On galère à trouver le bon chemin, on se perd plusieurs fois, mais après une heure de marche nous sommes enfin sur la bonne voie.

À la pointe de l’aube, quand derrière nous, le ciel commence à se teinter d’une lueur mauve, on anticipe un lever de soleil imminent. On se dépêche, court presque grâce à la légèreté de nos sacs pour monter le plus haut possible. Pour profiter au maximum de ce soleil qui est en train de rougir toute l’ile. Ce n’est qu’arrivant au pied du Morro de Covãozinho qu’il se lève majestueusement.

Comme des gamins, on a les sourires aux lèvres, je prends des photos, Rémi filme avec son drone. C’est juste magnifique. Le soleil se lève derrière les montagnes que nous avons gravies les jours précédents, derrière tout ce chemin accompli depuis huit jours.

C’est alors un désert de terre, roches et faune aride montant au ciel qui s’offre à nous. Le physique est présent pour cette montée et l’excitation est telle qu’elle se fait sans trop de soucis, outre la navigation rendue impossible : il n’y a plus de sentier visible, on y va à l’instinct.

1979 mètres. On arrive au sommet du volcan. Au sommet de l’ile.

Nous sommes seuls. Pas un humain. Pas un animal. Outre le vent qui souffle gentiment dans nos oreilles, pas un bruit ne vient perturber cet instant magique. Nous apercevons l’ile à 360 degrés. Je devine, au loin, cette fameuse montée de Lombos où mon corps a défailli. Ma revanche est prise, j’ai tenu le coup et je suis monté encore plus haut !

On aurait pu tout arrêter là, ça aurait été beau. Mais nous continuerons. En regardant derrière nous, on aperçoit l’océan et le village de Monte Trigo. Malheureusement pas de chemin direct, trop dangereux et bien trop escarpé pour y aller. Il faut contourner le volcan et faire plus de vingt kilomètres à pied.

Alors nous descendons le volcan. C’est technique, ça glisse et la fatigue se fait sentir. C’est plus laborieux qu’à la montée, mais nous avançons, car la journée va être longue. En arrivant à notre camp de base, nous mangeons et faisons une sieste à l’ombre des arbres. Des troupeaux de chèvres passent à quelques mètres et le sommeil n’est pas facile à trouver. À 14H, on plie bagage, on achète 3 litres d’eau chacun et nous partons pour cette marche redoutée.

Jean-Pierre, le français rencontré la veille nous a prévenus : sur ce chemin 310, il n’y a rien, il fait chaud et l’orientation est compliquée. Il ne s’était pas trompé.

Dans ces contrées, la végétation disparait et la trace des hommes aussi. Ce paysage désertique, battu par un vent éternel et écrasé de fortes chaleurs reste triste. Il n’y a bien que les chèvres qui s’aventurent encore dans ce coin, nous procurant un peu d’animation. Cet après-midi, la lassitude l’emporte. Entre le chemin monotone, la fatigue et le corps qui souffre, j’ai hâte d’arriver à la mer !

Bien que les douleurs musculaires disparaissent sur ce dernier tiers du trek, les douleurs d’usure apparaissent. Là où les mollets, cuisses et trapèzes souffraient le plus, ce sont dorénavant les douleurs aux pieds, aux genoux et au mental qu’il faut repousser.

Mes chaussettes ne sont pas adaptées aux longues randonnées et mes pieds se décomposent peu à peu, sous l’effort et la transpiration. Chaque pas provoque son lot de douleur, de l’orteil au cerveau. Mais si près du but, l’option d’arrêter est grotesque.

Autant à 5H ce matin, j’étais frais comme un gardon, autant à 17H, je n’en peux plus.

Nous sommes censés nous arrêter dans un village nommé Pascoal Alves qui n’arrive jamais. Ce n’est que furtivement, au détour d’une colline, cramée par le soleil, que nous apercevons une église. En s’approchant, on voit rapidement que ce village n’est qu’un hameau dépeuplé. Composé de quelques maisons désolées, une basse cour agitée et son église en décrépitude, il ne fait pas vraiment figure d’oasis tant espérée. Heureusement, la vue ouverte sur l’océan et le ciel orangé par le soleil terminant sa journée compense la désolation de cet endroit.

Les pieds libérés, la tente plantée contre l’église, les pâtes déshydratées avalées, je file sous mon duvet pour notre dernier bivouac sur cette ile.

Ce fut une journée extrême avec 10 heures de marche, 25 km parcourus, 860 mètres de dénivelé positif et 1560 mètres de dénivelé négatif. Demain, nous arriverons à la mer, c’est maintenant une certitude.

Jour 10

Sous le coup de rafales de vent incessantes, la nuit fut loin d’être calme, mais au petit matin un mélange de détermination et de soulagement se lit sur nos yeux. Ce dixième jour signe la fin de l’aventure. Ce soir, nous pourrons prendre une douche et manger un vrai repas sans réfléchir aux kilomètres à marcher le lendemain.

On décolle vers 8H en espérant couvrir le chemin restant en trois heures. Nous pensions qu’il n’y aurait que de la descente jusqu’à Monte Trigo, mais Santo Antão en a décidé autrement. Nous avions encore 700 mètres à grimper…

On monte et on descend de façon incessante, le soleil tape déjà fort et nous ne voyons pas le point d’arrivée durant une dizaine de kilomètres. La peau de mes pieds à vif, le calvaire continue, mais je pense uniquement à cette baignade qui effacera en 5 minutes tous les maux déclenchés de ce trek de dix jours.

On croise un couple de Français, tout frais et pimpant faisant le chemin inverse. On les prévient de la galère du chemin jusqu’à la cooperativa et on leur souhaite bonne chance pour leur traversée.

Vers 12H, au détour d’un lacet nous apercevons enfin Monte Trigo en contrebas. D’un bleu turquoise resplendissant, la mer semble si alléchante ! Les vagues balaient tranquillement la plage de galets désertée sous cette chaleur.

400 mètres de descente à pic nous sépare de cette plage et sans réfléchir, nous fonçons. Toutes les douleurs sont oubliées en voyant ce paradis bleu.

On dévale cette pente en moins de 30 minutes, s’arrêtant à peine pour prendre une photo. On arrive dans le village en ignorant toutes les requêtes habituelles de locaux nous proposant conseils, nourriture, virée en bateau ou salutations pour foncer à la mer.

En arrivant sur la plage, il n’y a pas de foule applaudissant glorieusement notre arrivée. Juste deux gars exténués d’avoir marché pendant 10 jours, d’avoir parcouru cette ile dans toute sa longueur et d’avoir franchi tous les obstacles sur notre route.

On se déshabille alors à la vitesse grand V et on fonce dans l’eau pour entrer au nirvana.

C’est enfin fini !!!

En quelques secondes, j’oublie toutes les douleurs et me libère. Je peux enfin sourire à grandes dents et partager ça avec Rémi. Putain, quel pied ! Quelle libération !

Durant ces 10 jours, il y a eu beaucoup de sueur, de douleur et d’incertitudes, mais aussi un véritable bonheur. Je n’avais jamais fait un tel défi sportif et je suis fier de l’avoir accompli. Heureux de l’avoir fait avec Rémi avec qui je traine depuis l’époque de nos couches-culottes. On n’a jamais lâché le bout et nous avons vaincu cette ile, pas après pas.

On se rhabille, mange un plat royal puis nous filons en bateau vers Tarrafal pour revenir à la maison. Au large de la côte, dans un bateau conduit par deux rastas capverdiens, nous apercevons le Tope de Coroa culminant fièrement à 2000 mètres. Dire qu’on y était hier …

C’est avec un mélange de mélancolie et d’euphorie que nous terminons ce trek sur les flots de l’Atlantique… jusqu’au prochain défi ?

Merci le Cap-Vert pour ta générosité.
Et merci Rémi, pour cette incroyable aventure.

Voici la vidéo de ce trek réalisée par Capitaine Rémi :

Itinéraire final du trek à Santo Antão

La carte du trek

Nous avons fait pas mal de zigzags et pris des petits chemins, ce qui nous a permis de sortir des sentiers battus et de rendre ce trek à Santo Antão passionnant.

Le profil du trek

La couleur bordeaux représente des pentes avec des pourcentages allant de 30% à 50%.

Les montées les plus dures ont été Pico da Cruz dés le deuxième jour, la sortie de Figueiras de Cima le sixième jour et celle pour atteindre Bordeira de Norte le huitième jour.

Statistiques détaillées du trek

JourDépartArrivéeHeures marcheKilomètresDénivelé positifDénivelé négatif
1Vila das PombasQuintal243000
2QuintalPico da Cruz671 3400
3Pico da CruzRibeira Grande6,5102201 400
4Ponta do SolCruzinha da Garça6,515640640
5Cruzinha da GarçaFigueiras de Cima7,5141 030590
6Figueiras de CimaAlto Mira III7,511,51 020750
7Alto Mira IIIChã de Morte46,5300420
8Chã de MorteCooperativa48,2830180
9 matinCooperativaTope de Coroa615710710
9 apremCooperativaPascoal Alves49,5150860
10Pascoal AlvesMonte Trigo4,512,56901150
TOTAL58,5113,27 2306 700

Pour résumer, cela fait :

  • 58H de marche sur 10 jours
  • 113 KM parcourus
  • 7,2 KM de dénivelé positif
  • 6,7 KM de dénivelé négatif

Nous avons monté 22 Tour Eiffel et 1,5 Mont-Blanc .

Trek au Cap-Vert : les infos pratiques

Le physique

Au Cap-Vert et à Santo Antão, il y en a pour tout le monde.

Ce qu’on a fait avec Rémi est un peu extrême et nous avons croisé très peu de personnes faisant ce genre de trek. C’est tout à fait possible de le faire en autonomie, mais il y a un minimum de préparation en terme d’équipement, puis au niveau physique. Le poids plus important sur le dos, une alimentation moins qualitative et la récupération plus compliquée impactent négativement le corps.

Si vous n’êtes pas intéressé par l’autonomie, il est évidemment possible de dormir au chaud chaque soir, de faire des trajets en aluguer, de choisir la difficulté des randonnées, etc. C’est à la carte et beaucoup de voyageurs rencontrés faisaient ainsi.

Enfin, il existe beaucoup de voyages organisés par des tour-opérateurs qui prendront en charge toute la partie logistique, avec un guide qui vous racontera plein de choses sur l’ile. Vous n’aurez qu’à marcher et profiter. Voici quelques agences françaises qui proposent un trek au Cap-Vert.

Les petits trucs qui améliorent le trek : chaussures de rando basse, chaussettes adaptées, bâton de randonnée et une bonne protection contre le soleil.

Voyagez en sécurité !

Si vous comptez voyager au Cap-Vert, n’oubliez pas de prendre une assurance voyage.

J’ai créé un guide complet où je vous explique tout et compare les différentes assurances pour que vous trouviez cette qui vous convient. Cliquez ici pour tout comprendre.

Le logement

Plusieurs options sur l’ile de Santo Antão :

  • Hotel
  • Pension
  • Chez l’habitant
  • Bivouac : tente ou à la belle étoile

À vous de choisir selon votre budget/envie, en sachant qu’en sortant des « villes », le choix des hôtels/pensions se raréfie, voire disparait.

Nourriture/eau

Il y a des épiceries, appelées « merceria » dans la plupart des villages. Vous y trouverez de la nourriture de base et de l’eau. Grandes, minuscules, avec une cuisine ou pas, il y en a de toute sorte.

Vous pouvez « deviner » sur la carte s’il y aura une épicerie selon la taille du village, la présence d’un poste de santé et évidemment s’il est relié à une route principale. Si vous n’êtes pas sûr, demandez aux habitants, ils sauront vous renseigner.

Si vous êtes en autonomie, ces informations seront primordiales afin de ne pas manquer d’eau sur certains secteurs. Comptez 3 litres d’eau par jour.

Les épiceries représentent souvent l’endroit où les habitants se retrouvent pour discuter. Profitez-en pour vous faire quelques amis !

Transport

Vols pour rejoindre le Cap-Vert :

Depuis la France, vous pourrez rejoindre différents aéroports. Les principaux étant : Praia et São Vicente d’abord, puis Sal et Boavista.

Depuis la France, les meilleures opportunités sont avec TAP Air Portugal et Royal Air Maroc. À moins de vous y prendre à la dernière minute, vous aurez un aller-retour en dessous de 500€. Et il faudra faire une escale.

Comme d’habitude, allez sur Skyscanner pour comparer toutes les options possibles à différentes dates.

À titre informatif, je suis arrivé à Praia depuis Dakar avec une petite compagnie appelée Transair. Pour le vol retour, j’ai fait Mindelo/Lisbonne/Paris avec la TAP.

Vols entre les iles :

Pour vous déplacer entre les iles, il y a des bateaux et des avions.

Pour les bateaux, cela semble un peu galère : compagnies qui changent, manque de fiabilité dans les horaires et longs trajets.

Pour les avions, il faut passer par la compagnie Binter Canarias. Tout s’est bien passé de notre côté avec un vol interne Praia/Mindelo.

Pour rejoindre l’ile de Santo Antão :

L’aéroport de l’ile n’est plus en activité et il faut prendre le bateau.

Depuis Mindelo, il y a 4 liaisons par jour pourvues par 2 compagnies. Comptez 8€ et 1H pour la traversée.

Transport sur l’ile :

Uniquement les aluguers. J’ai trouvé les chauffeurs honnêtes : en indiquant votre destination, il vous disent le prix. En cas de doutes, renseignez-vous auprès d’autres habitants.

Orientation

La carte de randonnée est indispensable si vous partez en autonomie et fortement recommandé pour les autres cas. Vous trouverez les numéros de randonnée, les dénivelés, le temps de parcours et surtout elle vous permettra de vous orienter et d’éviter de vous perdre.

Nous l’avons acheté à Mindelo, mais il est préférable de l’avoir avec vous avant de partir. Cela vous aidera à vous organiser. Elle est disponible ici.

En cours de voyage, on nous a conseillé Komoot, une application mobile dédiée aux randonneurs et aux cyclistes. Elle est très précise, permet de visualiser votre position, tracer des itinéraires, voir le dénivelé…

Il y a surement d’autres applications, mais celle-là est très bien faite et je vais l’utiliser de façon intensive pour mon prochain voyage : Paris/Téhéran en vélo.

Climat

Nous sommes partis à cheval entre mars et avril. Le temps était parfait : un ciel bleu avec des passages nuageux, une température d’environ 25° l’après-midi et une bonne visibilité aux sommets.

Apparemment, les mois d’aout/septembre/octobre sont les plus chauds. Attention donc si vous prévoyez de faire le trek en autonomie. Entre le manque d’eau et l’inconfort, cela peut-être pénible.

Infos sur le climat ici.

Budget

Le cout de la vie est plus bas qu’en France et plutôt bon marché.

Voici un petit aperçu si vous voyagez en indépendant/voyage sac à dos :

  • Repas local : 3/5€
  • Bon repas complet : 10€
  • Bouteille eau 1,5L : 1€
  • Bière : 1€
  • Chambre pour une nuit : 10/20€
  • Taxi aéroport (Praia ou Mindelo) : 10€
  • Aluguer (2H) : 7€
  • Vol inter-ile : 80€
  • Bateau privatisé (1H) : 35€
  • Carte SIM + 5 GO de données : 15€

Communication

Au Cap-Vert, la population parle le créole capverdien, qui est basé sur le portugais et qui peut différer selon les iles. En parlant portugais, vous n’aurez pas de soucis de communication.

Si vous ne parlez pas portugais, il y a toujours moyen de se faire comprendre : langage corporel, guide de conversation, application mobile… Plus d’infos pour contrer la barrière de la langue ici.

Rémi ne parlait pas un mot de portugais, mais s’en sortait en baragouinant des mots d’espagnol. De mon côté, je comprenais 50% de ce que disaient les gens. On n’a jamais eu de gros soucis pour communiquer.

À noter que certaines personnes parlent anglais et d’autres français, à notre grand étonnement.

Dans tous les cas, apprenez quelques mots de portugais avant de partir, les sympathiques Capverdiens le seront encore plus lorsque vous tentez de parler leur langue !

J’ai trouvé un article sur le côté pratique à Santo Antão que j’ai bien aimé sur le blog : Mayake.wordpress.com

Pour finir…

Merci à vous d’avoir lu ce (long) article. J’espère que cela vous a plus et vous donnera envie de visiter le Cap-Vert et de faire quelques randonnées sur l’ile de Santo Antão.

Rien ne me rendrait plus heureux que de vous voir partager cet article à votre entourage et sur vos réseaux afin de faire connaitre cette belle destination.

À bientôt pour la prochaine aventure.

– Michael

Mes deux derniers livres sont toujours disponibles !

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TLF 084 : De San Francisco au Pérou en tandem semi-couché

Podcast 84 : Voyager de San Francisoco au Pérou en tandem

Envie voyager en tandem ? Ou de traverser les Amériques ?

Dans cette interview, retrouvez Cyrielle et Thomas qui reviennent d’un voyage de 16 mois passés entre San Francisco et le Pérou sur un tandem semi-couché.

Vous allez découvrir les raisons de ce voyage atypique, comment il s’est déroulé sur place et plein d’informations pratiques si vous souhaitez tenter l’expérience.

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TLF 083 : Du cirque aux missions humanitaire en Afrique, incroyable reconversion

Envie de travailler dans l’humanitaire ? Tenté par une reconversion professionnelle ?

Dans cette interview, retrouvez Quentin qui est passé du jonglage en France à devoir gérer des situations de crises, en zones de guerres africaines.

Vous allez découvrir les raisons de cette étonnante reconversion, ses expériences dans les ONG en Afrique ou en Asie et son point de vue sur les carrières dans l’humanitaire.

Écoutez tout de suite l’épisode (53 min) :

Lire la suite

TLF 082 : Quitter une vie rangée pour voyager en famille depuis 5 ans

Envie de voyager en famille ? De sortir d’un moule un peu trop formaté ?

Dans cette interview, retrouvez Marie-Claude qui a décidé de partir à la découverte du monde avec son conjoint et son enfant . Ils ont quitté leur Québec natal il y a 5 ans !

Vous allez découvrir pourquoi elle a décidé de changer de vie, comment se sont déroulé les 5 premières années de voyage et comment elle voit ce mode de vie évoluer dans le futur.

Écoutez tout de suite l’épisode (53 min) :

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Comment dépenser moins sur la nourriture en voyage

Cet article est le chapitre 14 du livre Voyage à Durée Indéterminée

La nourriture est le troisième poste de dépense en voyage après le transport et l’hébergement. Il va bien falloir vous nourrir tous les jours, sinon vous n’allez pas voyager longtemps !

Le restaurant est l’équivalent de l’hôtel, mais pour la nourriture.

On pense souvent que voyager équivaut à manger au restaurant, probablement dû à une déformation venue des vacances de quelques semaines, où l’on veut se faire plaisir.

Par contre, manger au restaurant tous les jours pendant des années, cela va compliquer l’équation de votre budget.

Dans ce chapitre, vous allez découvrir tous les moyens alternatifs au restaurant pour vous nourrir en voyage.

1) Manger comme les locaux

Dans des pays avec un cout de la vie plus bas, vous allez remarquer que les locaux mangent comme vous et moi. À part dans certaines régions du monde où malheureusement des personnes meurent de faim, les gens mangent tous les jours et vivent correctement.

Encore une fois, s’ils ont des salaires plus bas et mangent normalement, vous pouvez le faire aussi, pour moins cher qu’en France. Si vous souhaitez manger pour moins cher, faites comme les locaux.

Essayez de répondre à ces questions :

  • Mangent-ils au restaurant ? Chez eux ? Dans la rue ? Dans les centres commerciaux ?
  • Quels aliments sont privilégiés ? Du riz produit sur place ou de la viande importée ?
  • Où font-ils leurs courses ? Dans un hypermarché ou un marché local ?

Observez, demandez et imitez les comportements des locaux concernant la nourriture, cela vous garantira de ne pas dépenser trop d’argent.

Par contre, ne vous attendez pas à manger comme en France.

Chaque pays possède ses particularités culinaires et pour manger le moins cher possible, il faut manger local. Si vous souhaitez absolument manger du saucisson et du camembert importés, cela va vous revenir cher !

Quand j’étais au Brésil, je mangeais du riz et des haricots quasiment tous les jours, il s’agit de l’alimentation de base. Accompagné de viande de porc et de farine de manioc, il s’agit de la fameuse « feijoada ». En plus de ça, les Brésiliens mangent beaucoup de fruits et il est très simple d’obtenir des jus de fruits délicieux (mangue, banane, goyave et autres fruits inconnus en France) pour trois fois rien.

Par exemple, en France on mange du pain tous les jours, cela fait partie de notre nourriture de base. Dans de nombreux pays, vous ne trouverez jamais une bonne baguette comme chez nous, ils ont d’autres habitudes alimentaires.

Bref, attendez-vous à quelques chocs culturels et des petites découvertes pour vos papilles gustatives. C’est aussi ça les joies du voyage.

2) Acheter de la nourriture

Et si vous achetiez directement votre nourriture, votre matière première, plutôt que d’aller au restaurant ? Il s’agit d’une astuce de base, mais tellement importante à intégrer en voyage.

En France, nous allons tous faire des courses pour ensuite manger ou cuisiner chez nous. Vous pouvez faire de même à l’étranger, c’est même fortement recommandé si vous êtes dans un pays où le cout de la vie est élevé.

Que ce soit dans un grand supermarché ou un petit marché local, vous pourrez toujours acheter de la nourriture à l’état brut.

Si vous n’avez pas accès à une cuisine, il y a énormément d’aliments que vous pouvez acheter et manger quand vous le voulez, comme :

  • Des fruits, souvent délicieux, qui apportent une bonne énergie. Mention spéciale à la banane, présente partout dans le monde, pas chère et remplie de vitamines !
  • Des légumes, comme des tomates, des carottes, betterave, concombre, que vous pouvez manger n’importe où.
  • Des fruits secs et oléagineux (noix, amandes…) qui font d’excellents snacks.
  • Du chocolat, des gâteaux ou autres barres de céréales si vous avez un penchant pour le sucre et les aliments un peu moins « sains ».
  • Acheter du pain et de quoi faire des sandwichs, c’est toujours utile pour un bon déjeuner.

Il y a encore plein d’aliments que vous pouvez acheter et qui vont changer selon les pays où vous vous trouvez. Le principe est d’éviter le restaurant qui va revenir cher et privilégier l’achat de votre propre nourriture.

3) Cuisiner

C’est un peu le Saint Graal pour manger pas cher en voyage, celui de cuisiner lorsque vous avez accès à une cuisine.

En faisant vos courses et en préparant vos plats, vous serez sûr de dépenser un minimum d’argent. C’est l’une de mes options préférées en voyage, car elle me permet de manger ce que je veux, de la nourriture saine et pas chère.

En soi, avoir une cuisine en voyage n’est pas si compliqué au vu de toutes les options de logement qui s’offrent à vous. En auberge de jeunesse, en location d’appartement, chez l’habitant ou même dans certaines guesthouses, vous aurez accès à une cuisine.

Pour les plus roots d’entre vous qui partent à pied ou à vélo, l’option réchaud à gaz/essence existe !

Ma recette favorite un peu partout dans le monde est une salade géante. Je vais au marché, j’achète plein de légumes, je trouve toujours un peu de riz, puis j’ajoute du poulet ou des œufs. On lave tout ça, on découpe, on cuit, on assaisonne et c’est parti !

Je me souviens lorsque je suis resté deux semaines dans une guesthouse à Puerto Lopez, sur la côte Pacifique de l’Équateur. Le matin, c’était salade de fruits, le midi j’allais dans un petit restaurant avec un menu du jour à 2€ et le soir c’était salade géante ! Je m’en tirais à moins de 5€ de nourriture par jour sans soucis.

Il est aussi courant de faire de gros repas à plusieurs dans les auberges de jeunesse, souvent à base de pâtes !

Il suffit de trouver d’autres voyageurs motivés pour préparer une bonne plâtrée, tout le monde participe au cout et généralement, cela revient très peu cher. Sans oublier la nourriture laissée par les voyageurs. Il y a toujours des restes ou de la nourriture non utilisée dans les cuisines d’auberge de jeunesse. Que ce soit dans les frigos ou placards, il y a souvent un espace « commun » avec des aliments que vous pouvez utiliser, il faut savoir en profiter !

Dernière astuce pour les buveurs de thé ou café. Vous pouvez très bien emporter avec vous des sachets de thé ou du café soluble, cela vous évitera de les payer au restaurant.

Ne négligez pas vos qualités de cuistot, même si elles sont basiques elles vous seront très utiles et vous permettront de dépenser moins en voyage.

4) Street Food

La nourriture de rue, appelée internationalement « street food » est l’un des ingrédients essentiels pour manger pas cher en voyage. Assez peu répandue en France, la street food est quelque chose de courant dans de nombreux pays, surtout en Asie.

Si vous allez en Thaïlande et ne mangez pas dans la rue, c’est comme venir en France et ne pas manger une baguette. Inconcevable.

Même si en France, on voit l’émergence assez récente de street food avec les fameux food trucks. Cela n’a pas grand-chose à voir avec ce qu’on peut retrouver à l’étranger. Souvent moins règlementé, plus bordélique et plus authentique.

Comme son nom l’indique, on mange dans la rue, il n’y a pas forcément de quoi s’assoir et on peut manger de tout et n’importe quoi.

Il y a plusieurs avantages à manger de la street food : le prix très abordable, la possibilité de s’imprégner de la culture locale, de manger des plats savoureux, de faire travailler les locaux et puis c’est convivial !

Je me souviens d’un employé d’une auberge lors de mon passage dans la ville de Malang, en Indonésie.

Il ramenait toujours un plat tout prêt à midi, qui avait l’air délicieux. En discutant un peu, il m’explique que cela s’appelle « Gado-Gado » une sorte de salade composée de haricots, de pommes de terre, de choux, d’épinards, de tofu et d’oeufs, le tout accompagné d’une « peanut sauce ».

Il m’indique où se trouve le vendeur de ce succulent repas. Il s’agissait juste d’un couple, qui était au coin d’une intersection de deux rues, avec une moto transformée en « restaurant mobile ». Il ne faisait qu’un seul plat, le fameux « Gado-Gado » et je peux vous dire qu’il y avait tout le temps du monde. Pour 1€, tu avais un bon plat, sain et prêt en 30 secondes. J’y suis retourné tous les jours durant mon séjour à Malang !

Ce n’est qu’un exemple parmi tant d’autres, mais la street food peut prendre toutes les formes et surtout n’importe quel type de nourriture.

Viande grillée, nouilles, salade, gâteaux, hot dog, soupe, sandwich, raviolis, jus de fruits… vous trouverez de tout ! Si vous n’avez aucune idée à quoi ressemble la street food en Asie, tapez « street food bangkok » dans google images pour avoir une petite idée.

5) Les restaurants à privilégier

Ne pas manger au restaurant du tout durant votre voyage est quelque chose qui frise l’impossible. Mais comme pour les hôtels avec les guesthouses locales, votre choix des restaurants va largement influencer votre budget.

Où que vous alliez, il faut généralement éviter les restaurants à touristes. On les repère facilement, ils se trouvent dans les endroits fréquentés, les menus sont traduits dans toutes les langues, ils sont tout beaux, tout propres et vous verrez une majorité de touristes dedans.

Le rapport qualité/prix sera bien souvent médiocre dans ce type d’établissement. C’est le cas dans toutes les grandes villes du monde.

À Paris par exemple : on voit bien bien les restaurants à touristes près des monuments, avec des prix démesurés pour une qualité qui laisse à désirer. Alors qu’on peut trouver des petits bistrots, bien plus sympa avec une bien meilleure qualité et des prix raisonnables. C’est partout pareil.

Le premier réflexe pour choisir un restaurant est tout simplement de demander aux locaux ou aux expats. Je demande toujours un restaurant « good, local and cheap », quelque chose de bon, local et pas cher. Vous aurez toujours de bonnes adresses à tester.

Pour les plus technophiles d’entre vous, TripAdvisor est une bonne option pour trouver des restaurants pas chers. Choisissez le prix le plus petit et allez voir les avis des restaurants les mieux notés. Si tout le monde dit que c’est bon et pas cher, il doit y avoir un peu de vrai là-dedans.

Enfin, comme indiqué dans la première astuce, si vous voyez un restaurant plein de locaux, c’est un bon signe, vous devriez y faire un tour !

Je me souviens avoir trouvé à Barranquilla en Colombie, une « cantine » à deux minutes de chez moi, j’y allais 3/4 fois par semaine. C’était un petit restaurant qui ne payait pas de mine, mais qui avait une sorte de menu du jour tous les midis pour 3€.

Les locaux et travailleurs mangeaient là-bas, donc pas de soucis au niveau de la qualité. Le menu était composé d’une soupe en entrée, d’un plat principal comprenant généralement un mix riz/viande/salade/plantain frit ainsi qu’un jus de fruits. Loin de tous lieux touristiques, mais dans un quartier aisé de la ville, je peux vous dire que le rapport qualité/prix était excellent.

Oubliez les grandes chaines de restauration internationales et les fast foods.Il est tellement plus intéressant de manger local, que ce soit pour le gout, la découverte et surtout pour votre portemonnaie.

6) Petit-déjeuner et buffet

Bon, je vais ici vous donner une petite astuce de radin : utiliser les petits-déjeuners et les buffets pour faire votre stock de nourriture.

Que ce soit dans une auberge avec le petit-déjeuner offert ou bien dans des hôtels avec un buffet pour le petit-déjeuner, vous avez l’occasion de « gratter » un peu de nourriture.

Prendre quelques fruits en plus, des tranches de pain, se faire un sandwich ou mettre n’importe quelle nourriture dans son sac. Tout est possible.

Je me souviens à Bruxelles, lorsque je suis resté en hôtel pendant trois jours pour un salon professionnel sur le voyage, le buffet du petit-déjeuner était vraiment excellent et en grande quantité. Je n’ai pas hésité une seconde à me faire de copieux sandwichs pour mon repas du déjeuner. Malgré quelques regards interrogateurs, je fus ravi de voir que je n’étais pas le seul à faire ça parmi mes collègues blogueurs.

J’avoue, je suis un peu radin sur les bords, mais voyager à temps plein à travers le monde demande une certaine discipline financière !

Sachez enfin que lorsqu’il y a un buffet, il y a du gaspillage, donc il n’y a pas matière à être gêné. Surtout quand on sait que la plupart des aliments, encore comestibles, sont jetés directement dans les poubelles.

7) Récupérer de la nourriture gratuitement

Pour les plus économes d’entre vous, il existe une solution alternative, celle de récupérer de la nourriture gratuitement. Un mouvement né en 1999 aux États-Unis, le freeganisme, met en avant la récupération des aliments destinés à être jetés pour les consommer ou les partager.

Savez-vous le gaspillage alimentaire représente 1,3 milliards de tonnes par an dans le monde ? Soit environ 30 % de la production de denrées alimentaires destinées à la consommation humaine.

Ce gaspillage de nourriture provient à 42 % des ménages et 39 % de l’industrie agroalimentaire. C’est un réel problème qui a de lourds impacts économiques, environnementaux et sociaux. En tant que voyageur à petit budget, vous pouvez utiliser ce problème à votre avantage en faisant du dumpster-diving et du table-diving un peu partout dans le monde.

Le dumpster-diving, en français « glanage alimentaire » est le fait de récupérer dans les poubelles des produits encore consommables.

Que ce soit les grandes surfaces, les marchés de fruits et légumes, épiceries ou des commerces de bouches (boulangerie, pizzerias…). Beaucoup de produits encore consommables, souvent dans leurs emballages, sont jetés tous les jours, à vous d’être à l’affut et d’aller regarder ce qui peut se cacher dans les poubelles.

Table diving, en français « récupérer de la nourriture abandonnée sur les tables » est assez explicite, mais un peu plus compliqué à mettre en pratique. Il s’agit du même principe, de manger ou récupérer la nourriture que les autres n’ont pas finie.

Plus d’infos là-dessus dans le podcast avec Astrid où l’on parle des façons efficaces d’économiser en voyage.

J’ai récemment eu l’occasion de regarder le film documentaire Just eat it.

Pour résumer, c’est un couple américain qui décide, pendant 6 mois, de ne plus acheter de nourriture, mais seulement de manger avec de la nourriture destinée à être jetée. Ils sont donc allés dans les poubelles du supermarché, à la fermeture des restaurants et ont réussi à vivre sans soucis. D’ailleurs, ils avaient même trop de nourriture ! Leur frigo et leurs armoires étaient remplis et ils donnaient leurs aliments à des amis et voisins. Au bout de six mois, ils ont calculé qu’ils avaient récupéré gratuitement pour 20 000€ de nourriture !

Vous allez peut-être me dire que cette technique est un peu extrême. Je suis plutôt d’accord, mais c’est une possibilité qui s’offre à vous et qui est entièrement gratuite si vous avez un petit budget voyage.

Je voudrais finir cette section avec une citation du livre de Benjamin Lesage, Voyager sans argent :

« Las Palmas (Espagne), c’était le retour forcé à la civilisation, les conteneurs des supermarchés étaient pleins à craquer de nourriture et si nous mangions comme des rois, nous ne pouvions nous empêcher de ressentir une amertume pesante en pensant à tout ce gaspillage. Tous les deux ou trois jours, nous allions à l’arrière d’un supermarché situé à cinq-cents mètres du squat où nous dormions. À 16H30, les employés sortaient les poubelles et nous avions jusqu’à 17H, heure à laquelle passe le camion-benne, pour en extraire ses merveilles. Et à chaque fois, c’était environ cinquante kilos de fruits, légumes et produits laitiers que nous trouvions… Sans compter les kilos de viandes et de poissons que nous laissions pourrir dans les poubelles.

Dans la ville, il y avait une dizaine de supermarchés comme celui-là, chaque enseigne jetait cette même quantité chaque jour. Pas la peine de faire de calculs compliqués pour comprendre l’ampleur du gaspillage et visualiser de nos propres yeux les chiffres alarmants énoncés pas la FAO (Organisation des Nations Unies pour l’Alimentation et l’Agriculture) : dans le monde, plus d’un tiers de la nourriture terminait à la poubelle, que ce soit au niveau des industries, des agriculteurs ou chez le consommateur. Chaque seconde, quarante et un mille deux cents kilos de consommables étaient jetés. Nous divisions dans l’abondance, se gavant de produits périmés, mais encore consommables, de fruits et légumes légèrement abimés ou trop bizarres esthétiquement pour être mis en rayons. »

8) Doucement sur l’alcool

L’alcool fait partie du budget nourriture, mais parfois il peut le plomber dangereusement.

Boire de l’alcool fait partie des expériences de voyage. Vous pouvez tester des boissons inédites, faire la fête comme les locaux et en apprendre un peu plus sur la culture d’un pays.

Tester une Guinness en Irlande, une Caïpirinha au Brésil, de l’Aguardiente en Colombie, la Tequila au Mexique, un Porto au Portugal, de la Vodka en Russie ou un Mojito à Cuba, il y en a des choses à boire ! Comme les touristes qui viennent en France veulent boire du vin ou du champagne.

Je ne suis jamais le dernier lorsqu’il s’agit de boire quelques verres, surtout à l’étranger. Par contre attention, car le cout de l’alcool s’additionne vite et la note peut se révéler salée pour vos repas et sorties. Lorsqu’on commence à prendre un verre, généralement les autres suivent beaucoup plus facilement.

Dans certains pays, l’alcool va être cher et va exploser votre budget.

Imaginons que vous ayez un budget de 10€ par jour pour manger, si vous prenez quelques bières dans un bar, vous allez directement doubler votre budget. Sur le long terme, ça ne fonctionnera pas si vous avez un petit budget.

La modération sur l’alcool est primordiale, autant pour votre santé, votre sécurité que votre compte bancaire. Faites attention à vous et ne vous prenez pas des cuites jour après jour, il y a tellement d’autres choses à faire en voyage

Ce qu’il faut retenir :

  • Imitez les locaux pour manger moins cher
  • N’hésitez pas à acheter et cuisiner votre nourriture
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Livre : Voyage à Durée IndéterminéeCet article est un extrait du livre Voyage à Durée Indéterminée qui est disponible depuis 10 janvier 2017 au format papier, ebook et PDF.

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Écoutez tout de suite l’épisode (54 min) :

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Test Lifestraw et comparatif des gourdes filtrantes en voyage

L’eau est essentielle au fonctionnement de notre corps. Lorsqu’elle coule, propre et en abondance à travers nos robinets français, tout va bien.

Mais en voyage, où l’eau potable est parfois une denrée rare, tout se complique.

J’ai déjà chopé la turista, en Indonésie ou en Colombie. Je peux vous dire que rester coincé aux toilettes au lieu de faire de la plongée ou une belle randonnée, c’est quand même ballot. En tant que voyageur on y passe tous un jour, et si cela vous n’ait pas encore arrivé, ne vous inquiétez pas, elle s’occupera de vous !

Tant que c’est une petite diarrhée ça va, mais quand une bonne gastro, voire la fièvre typhoïde, la dysenterie ou certaines hépatites débarquent, c’est moins beaucoup drôle.

Vous ne pourrez jamais contrôler à 100% tout ce qui rentre dans votre corps en voyage, mais vous pouvez contrôler l’eau que vous buvez. Alors oui, on achète des bouteilles d’eau pour être certain de ne pas tomber malade, mais au bout de quelques semaines ou quelques mois de voyage, le portefeuille tire la gueule.

Heureusement, il existe maintenant d’excellents moyens de boire de l’eau en toute sécurité, partout dans le monde. Je pense notamment aux fameuses gourdes filtrantes ou bien aux pailles filtrantes, pastilles purificatrices et autres rayons UV.

Dans cet article, je vous livre mon avis sur la gourde Lifestraw après un an d’utilisation.

Nous comparons ensuite les autres bouteilles filtrantes du marché, pour enfin terminer sur les alternatives aux gourdes pour purifier votre eau en voyage.

Avertissement : vous allez devenir super calé dans la purification d’eau !

Mon avis sur la gourde filtrante LifeStraw

En novembre 2016, j’ai embarqué direction le Vietnam pour un voyage de 10 mois. Cela fait plus de 8 ans que je voyage et pour la première, j’ai acheté une gourde filtrante. C’est l’un des meilleurs achats que j’ai pu faire et ma gourde Lifestraw me suit dorénavant partout !

1) Les raisons d’acheter une gourde filtrante

Durant tous mes voyages précédents, j’achetais continuellement des bouteilles d’eau en plastique : 50 cl, 1 L, 2 L ou des bidons de 5 ou 10 litres. Parfois je remplissais ces bouteilles avec l’eau courante une fois terminées, parfois je devais les jeter et en racheter, car l’eau n’était pas potable.

Avant le Vietnam, j’ai donc changé de stratégie et décidé d’arrêter d’acheter des bouteilles d’eau à tout bout de champ en voyage. Je savais que la qualité de l’eau au Vietnam serait très variable, alors je me suis lancé à la recherche d’une bonne gourde filtrante.

J’y voyais 4 avantages :

  • Au niveau du budget : plus besoin d’acheter des bouteilles
  • Au niveau écologique : arrêter de jeter du plastique
  • Au niveau sanitaire : diminution des risques de maladie
  • Au niveau pratique : toujours avoir de l’eau sur soi, dans la même bouteille

Quand j’ai commencé à chercher une bouteille filtrante, une est sortie du lot : la gourde Lifestraw.

Elle avait un prix raisonnable, un style sympa, semblait efficace pour filtrer l’eau (élimination de 99,99% des bactéries et des protozoaires) et les avis étaient très positifs sur Amazon. Sans compter les bonnes actions de la marque qui distribue des pailles pour subvenir aux besoins des populations en manque d’eau potable, j’étais convaincu.

En détail, la gourde Lifestraw cela donne :

  • Matériaux : Plastique durable (sans bisphénol A)
  • Débit : 0,2 litre / minute
  • Indice de porosité : 0,2 microns
  • Durée de vie de l’élément filtrant : 1000 L
  • Efficace contre les bactéries : Oui
  • Efficace contre les micro organismes : Oui
  • Efficace contre les particules en suspension : Oui
  • Efficace contre les protozoaires : Oui
  • Dimensions : 235 mm x 80 mm
  • Poids : 230 g
  • Prix : 38,95€

Commandée sur Amazon, en 3 jours elle trônait fièrement sur mon bureau.

Détails importants sur l’eau en voyage

Les problèmes et maladies liées à l’eau proviennent des micros-organismes pathogènes et des produits chimiques.

Dans le premier cas, on retrouve les bactéries (E.coli, choléra, salmonelles, typhus…), les protozoaires (Giardase, dysenterie, cryptosporidiose…) et les virus (hépatite A, Norwalk… ). Dans le second cas, il s’agit de métaux lourds (fer, mercure, cuivre, arsenic, plomb…), pesticides et matières en suspension.

La plupart des gourdes et alternatives proposées éliminent les risques de bactéries et protozoaires (qui sont les plus importants). En ce qui concerne les virus et les produits chimiques, cela varie au cas par cas.

Une eau n’ayant subi aucun traitement, comme dans beaucoup de pays en développement, est potentiellement dangereuse. Chaque année, on compte plus de 2 milliards de personnes sur Terre souffrant de maladies dites hydriques.

D’où l’intérêt des gourdes filtrantes, pailles et autres options nous étant aujourd’hui disponibles.

Si les détails techniques vous intéressent, je vous recommande de lire le Guide sur l’eau : boire en toute sérénité édité par KATADYN.

2) Utilisation et test de la gourde Lifestraw

En la recevant, j’ai eu la bonne surprise de trouver cette gourde très solide, limite incassable avec son plastique rigide bleu translucide.

Puis dés les premières gorgées, j’ai ressenti la sensation très bizarre d’aspirer l’eau et non la boire.

En aspirant, l’eau passe à travers les filtres et se retrouve purifiée une fois dans la bouche. Les premières fois, cela fait un peu bizarre de faire un « effort » pour boire. On s’y habitue vite.

J’ai donc utilisé ma gourde filtrante Lifestraw durant tout mon séjour au Vietnam. Tout d’abord dans les montagnes du nord lors de mon road trip en moto, puis lors de mon installation à Da Nang.

Je buvais l’eau de tous les robinets sans aucun problème, même lorsqu’elle n’était pas potable. J’ai même tenté plusieurs fois le coup de la rivière lors de balades et là encore, tout s’est bien passé.

Je suis actuellement au Sénégal où l’eau du robinet est souvent douteuse.

Certaines personnes me disent qu’elle n’est pas potable, d’autres disent que ça passe. J’utilise la gourde Lifestraw tous les jours, et là encore, pas un souci à l’horizon. À noter qu’à Dakar, beaucoup d’habitants utilisent des gros bidons d’eau en plastique de 10 litres.

J’aime aussi remplir ma gourde dans les aéroports afin d’éviter le racket organisé une fois passé la sécurité. Les petites bouteilles d’eau à 3€, c’est fini !

Je la trouve bien adaptée, que ce soit pour un trek en pleine nature, comme pour le quotidien d’un voyageur ordinaire.

Cela fait un an et demi que je l’utilise et je suis vraiment content de cet achat. Je dépense beaucoup moins d’argent et je me prends moins la tête à savoir si telle eau est potable ou non. Plus libre d’esprit.

3) Avantages et inconvénients de la bouteille Lifestraw

Voici le bilan que je tire de cette gourde filtrante pour le moment après 1 an et demi :

Avantages :

  • Ça fonctionne vraiment, je ne suis jamais tombé malade
  • Bonne ergonomie et bon style
  • Sa contenance est idéale (65 cl)
  • Elle est très solide
  • Le mini mousqueton est super pratique
  • Les économies d’argent sont importantes

Inconvénients :

  • La gourde peut goutter/fuire si elle est mise à plat ou à l’envers
  • L’eau purifiée ne peut pas être stockée : on l’aspire et on la boit directement
  • Ne filtre pas les virus (comme beaucoup d’autres)

Dorénavant, j’achète très peu de bouteilles d’eau en plastique et je compte emporter cette gourde filtrante Lifestraw pour tous mes prochains voyages. Elle ne me quitte plus !

> Voir la gourde Lifestraw sur Amazon.fr

4) Détails de la gourde Lifestraw GO 2

Depuis la mise en vente de la première gourde filtrante Lifestraw, il y a eu quelques évolutions avec une nouvelle version : Lifestraw GO 2.

Voici les changements de cette version :

  • Ajout d’un filtre à charbon actif (pour réduire le mauvais gout et certaines substances chimiques)
  • 5 couleurs différentes (la première version n’est disponible qu’en bleu)
  • Environ 10€ plus cher

Le gros changement est donc ce filtre à charbon qui permet de réduire le mauvais gout, la teneur en chlore ou certaines substances chimiques organiques (pesticides, herbicides…).

C’est donc une bonne chose. En revanche, le souci est qu’il faut changer ce filtre tous les 100 litres, alors que le filtre de base permet de boire 1 000 litres d’eau.

Il y a donc 2 options possibles :

  • Acheter un filtre de remplacement pour la version 1 (environ 28€)
  • Acheter une capsule de remplacement tous les 100 litres pour la GO 2 (environ 15€)

Bref, pour le moment, je reste avec ma Lifestraw version 1, à vous de voir ce qui vous convient le mieux.

> Voir la gourde Lifestraw GO 2 sur Amazon.fr

Comparatif avec les autres gourdes filtrantes

Avec l’explosion du voyage indépendant, le secteur est en plein développement et Lifestraw n’est pas l’unique gourde filtrante sur le marché. D’autres options existent.

Que ce soit pour un city-trip, un voyage de quelques semaines, un voyage à durée indéterminée, un trek… vous trouverez une gourde filtrante ou une autre alternative qui vous convienne.

J’ai fait toutes les recherches pour vous présenter les plus populaires et les plus efficaces.

La plupart des modèles présentés possèdent un « filtre bouteille », simple d’usage et ne nécessitant aucune installation au préalable. Il suffit de remplir la bouteille d’eau et le filtrage de l’eau se fait alors directement grâce à la membrane de filtration intégrée. D’autres bouteilles possèdent un filtre UV.

À savoir : aucune gourde ne filtre l’eau de mer

1) Gourde Water to Go

Similaire à LifeStraw 2, sauf que le filtre appelé « membrane à couches chargée » utilisant une nano technologie, est différent. La marque annonce que Water to Go élimine 99,99% de la plupart des contaminants présents dans l’eau : bactéries, virus, protozoaires et produits chimiques.

Le design est un peu plus fun et fait penser aux gourdes de vélo et les avis sont généralement positifs pour cette gourde filtrante.

Il existe deux modèles :

  • Version CITY : transparent, plusieurs coloris disponibles, contenance de 50cl, durée de vie 130L, environ 25€
  • Version OUTDOOR : blanc/noir, contenance de 75cl, durée de vie 200L, environ 35€

Pauline du blog Graine de Voyageuse a réalisé un test de cette gourde ici.

2) Gourde Katadyn Befree

Similaire à Lifestraw V1 au niveau du filtre, de la contenance (60cl) et de la durée de vie (1000L).

La grande différence se trouve au niveau de l’ergonomie et du design. La gourde BeFree est beaucoup plus légère et plus souple. On peut la replier dans la main quand elle est vide, ce qui peut offrir un généreux gain de place.

Les avis sont généralement positifs pour cette gourde filtrante du côté Amazon USA. Son prix est d’environ 45€.

> Voir la gourde Befree sur Amazon.fr

Céline du blog Glob Trekkeuse a réalisé un test de cette gourde ici

3) Gourde Katadyn MyBottle

Restons avec la marque Katadyn qui propose aussi une gourde filtrante solide, similaire à la Lifestraw GO 2.

Dotée d’un filtre de 3 couches (fibre de verres, virupur et charbon actif), cette gourde est très efficace contre la plupart des contaminants dans l’eau, même les virus et produits chimiques.

Il faudra par contre changer le filtre à charbon tous les 100L consommés.

Les avis sont très bons sur ce produit d’excellente qualité. Prix d’environ 45€.

> Voir la gourde MyBottle sur Amazon.fr

4) Bouteille filtrante Life Saver

Ici, nous avons le droit à la Rolls Royce des gourdes. Avec une technologie qui filtre l’eau à 15 nanomètres, la Life Saver bloque tout ! Bactéries, virus et tous les agents pathogènes présents dans l’eau.

En plus de ça, le filtre possède une durée de vie de 6000L, ce qui laisse de la marge avant de le remplacer.

Cette bouteille va purifier 750cl en moins d’une minute et l’on peut partager l’eau filtrée.

Ses défauts : sa taille plus grande que les autres gourdes et son prix épicé (environ 140€).

Voir la démonstration de la bouteille Life Saver lors d’une conférence Tedx :

> Voir la gourde Life Saver sur Amazon.fr

5) Bouteille filtrante Grayl

Ici, nous avons une bouteille unique en son genre où il suffit d’une pression 15 secondes sur la bouteille pour filtrer les 450cl qu’elle contient. Le filtre (avec une technologie propriétaire) est très efficace et supprime 99,99% des bactéries, virus, protozoaires et produits chimiques.

La bouteille est jolie, acclamée par la critique et de taille correcte.

On peut partager l’eau filtrée, il existe différents coloris.

Par contre, elle est un peu lourde, le prix un peu élevé et il faut remplacer le filtre après 150L d’eau purifiée. Prix d’environ 70€.

> Voir la bouteille Grayl sur Amazon.fr

6) Bouteille Mountop UV

Ici, nous passons à un filtre complètement différent : un purificateur UV (Ultraviolet). Il agit en 90 secondes et est très efficace contre les bactéries, protozoaires et virus. Vous pouvez partager et stocker l’eau.

Le revers de la médaille, c’est sa batterie qu’il faudra charger en USB. En comptant déjà tous les objets qu’il faut recharger en voyage, cela peut-être contraignant. À savoir qu’elle fait aussi lampe de poche au cas où.

Elle n’est pas tout le temps disponible pour livraison. Prix d’environ 75€

> Voir la bouteille Mountop UV sur Amazon.fr

7) Bouteille Camelback UV

Voici une deuxième bouteille dotée d’un filtre UV. Aussi efficace que la Mountop, elle pourra purifier 10 000 cycles, soit 75 000 litres. Une fois la batterie rechargée, vous pourrez faire 80 cycles.

Elle possède donc le même problème de batterie et elle est plus chère (environ 150€) que la bouteille Mountop.

Elle possède une note moyenne de 4.7 sur 5 sur Amazon aux USA, elle a donc l’air de plaire.

> Voir la bouteille Camelback UV sur Amazon.fr

Les alternatives aux gourdes filtrantes pour le voyage

Cet article concerne principalement les gourdes filtrantes, mais il me semblait important de vous présenter les autres alternatives existantes pour la purification de l’eau.

Si le format bouteille ne convient à votre type de voyage, il existe d’autres excellentes options.

Comme j’envisage de faire un voyage itinérant de 6 mois cette année, j’ai analysé toutes les options afin d’être capable de purifier l’eau lorsque je serai sur la route. Faisons un tour rapide.

1) Paille filtrante / Filtre à eau léger

La paille filtrante est très appréciée pour sa légèreté et sa simplicité d’usage. Il permet de boire directement depuis une rivière lac ou autre source d’eau, sans effort. Pour certains, les pailles peuvent aussi se fixer sur une bouteille.

Filtre Survivor

Ce filtre est impressionnant et les critiques sont unanimes sur son efficacité. Il filtre tout les contaminants présents dans l’eau et les produits chimiques grâce à sa filtration en 3 étapes : filtre en coton, filtre de 0,05 micron et un filtre à charbon.

Il faudra changer le filtre à charbon tous les 1000L, ce qui donne un peu de marge.

Vous pouvez stocker de l’eau dans une bouteille, puis attacher le filtre à celle-ci afin de boire l’eau en passant par le filtre. Il est aussi conseillé d’utiliser le filtre Survivor avec deux bidons en plastique pliables, d’1L chacun.

Le filtre coute environ 35€.

> Voir le filtre Survivor sur Amazon.fr

Filtre Sawyer mini

Ce filtre (0,1 micron) a un fonctionnement similaire au Survivor, sauf que son filtre est moins efficace, notamment contre les virus. Par contre, au niveau des avantages : durée de vie presque infinie (380 000L) et un poids plume de 56g. Cela en fait une paille très efficace

Il est possible de boire depuis un point d’eau ou depuis une bouteille où l’on fixe le filtre.

Les commentaires clients sur Amazon France sont excellents. Prix d’environ 30€.

> Voir le filtre Sawyer mini sur Amazon.fr

Paille Lifestraw (Personal)

Cette paille est très semblable au filtre Sawyer mini (0,2 micron ici), par contre, sa durée de vie est moins importante (1000L). Cette paille reste cependant très appréciée et efficace. Prix d’environ 27€.

> Voir la paille Lifestraw sur Amazon.fr

2) Filtre à pompe

Certaines gourdes filtrantes ainsi que les pailles ne permettent pas de stocker de l’eau, ce qui est parfois problématique. Le filtre à pompe permet de résoudre ce problème, mais le matériel est un peu plus encombrant et un peu plus cher.

Le filtre à pompe fonctionne par pompage d’eau, des tuyaux d’entrée et de sortie sont à installer pour faire passer l’eau.

Il suffit de pomper manuellement pour réaliser l’opération de filtrage. Vous aurez donc besoin d’un côté, une source d’eau, et de l’autre un contenant pour y mettre l’eau filtrée (bouteille, gourde…)

Katadyn Filtre Hiker Pro

Cette gourde est composée de deux filtres : le premier en céramique, empêche les protozoaires, bactéries et autres agents pathogènes de plus de 0,2 micron de passer ; le second filtre à charbon actif qui améliore le gout de l’eau et élimine certains produits chimiques.

Comptez environ 1L par minute pompée et une durée de vie d’environ 1 150L.

Cette pompe est une véritable référence dans le milieu des randonneurs, avec un prix d’environ 80€.

> Voir la pompe Katadyn Hiker Pro sur Amazon.fr

MSR Miniworks EX

Système similaire à la pompe Katadyn, un peu plus cher (environ 100€).

> Voir la pompe MSR Miniworks sur Amazon.fr

3) Pastilles purificatrices d’eau

Les pastilles, c’est la solution ultime pour boire de l’eau purifiée. Elles permettent d’éliminer les bactéries, virus et protozoaires. Par contre, elles donnent généralement un arrière-gout à l’eau et sont un peu contraignantes (attendre de 30 à 120 minutes dans l’eau pour un effet complet).

Il est utile d’avoir une plaquette de pastilles à disposition en voyage au cas où, mais il parait compliqué de miser seulement sur elles pour boire de l’eau au quotidien.

Généralement 1 pilule = 1L d’eau.

Voici les 3 marques de pastilles les plus connues :

4) Steripen

Les Steripen purifient l’eau grâce à l’émission de rayons UV (ultra violet) qui détruisent plus de 99,99% des germes pathogènes. Avec sa petite taille, il peut être un allié précieux pour le voyageur pour boire de l’eau potable sans soucis.

Ses avantages : très efficace, rapide, petite taille, pas d’arrière-gout

Son inconvénient : recharger en USB ou avec des piles

Prix : aux alentours de 100€

Deux versions sont intéressantes :

5) Filtre à eau si vous êtes en groupe

Pour finir, je souhaitais vous présenter une alternative intéressante pour filtrer de l’eau si vous êtes plusieurs à voyager, notamment dans le cas de randonnées sur plusieurs jours.

Ici, c’est un filtre à gravité qui est utilisé.

Vous avez seulement besoin de remplir le sac d’eau, l’attacher en hauteur, puis laisser couler l’eau verticalement dans votre gourde ou autre récipient. De 5 à 12 litres, vous avez de quoi faire !

Voici les deux options les plus connues sur le marché :

Conclusion

Comme vous pouvez le voir, les manières de se passer de bouteille plastique en voyage sont nombreuses. Que vos raisons soient écologiques, budgétaires ou pratiques, je conseille à tout le monde d’acheter une gourde comme compagnon de voyage.

Au niveau des gourdes, je pense que la Lifestraw 1 et la Katadyn BeFree sont deux options avec un excellent rapport qualité/prix/durée de vie. À vous de regarder les autres gourdes selon votre situation, vos besoins et vos gouts.

Pour les choix alternatifs, je trouve qu’une paille filtrante qui se lie à une bouteille est bien pratique. J’envisage d’ailleurs de prendre la paille Sawyer mini, largement plébiscitée par la critique, pour mon prochain voyage.

En tout cas, sachez que plus vous allez dans des pays risqués au niveau de la qualité de l’eau (notamment Afrique, Asie, Amérique du Sud), plus vous devez être prudent dans vos habitudes de consommation. Un steripen ou des pastilles purificatrices peuvent être de bons compléments à garder avec vous.

Au pire, si vous n’avez rien de tout ça, n’oubliez pas la méthode infaillible pour éliminer tous les bactéries et virus : faire bouillir votre eau !!

Je mettrai à jour ce guide au fil des années, selon mes expériences, les nouveautés, mais aussi vos retours. Si vous avez déjà utilisé une gourde filtrante, paille, pastilles ou autre filtre UV, n’hésitez pas à partager votre expérience en commentaire.

Merci !

– Michael

TLF 080 : Doctorante expatriée, Charlotte vit au Québec depuis 5 ans

Envie de continuer vos études à l’étranger ? Ou de vivre au Québec ?

Dans cette interview, retrouvez Charlotte qui s’est installée dans la ville de Québec depuis 5 ans afin de réaliser un doctorat dans les sciences de l’éducation.

Vous allez découvrir comment s’est déroulée son arrivée Canada, à quoi ressemble sa vie de doctorante et toutes les particularités de vivre au Québec.

Écoutez tout de suite l’épisode (50 min) :

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